NIETZSCHE ET JEAN-MARC ELA : Critiques de la science 1ère Partie

1) LA CONCEPTION NIETZSCHEENNE DE LA SCIENCE

1.1) LA CRITIQUE NIETZSCHEENNE DE LA SCIENCE

Dans l’essai d’autocritique de la Naissance de la Tragédie, Nietzsche pose la question du but, pis encore, de l’origine de toute science. Auparavant, il avait posé le problème en ces termes : « Et la science elle-même, notre science, – oui, envisagée comme symptôme de vie, que signifie, au fond, toute science[1] ? » Et laissant de côté la question généalogique, notre auteur met en rapport la science avec le pessimisme en disant : « L’esprit scientifique n’est-il peut-être qu’une crainte et une diversion en face du pessimisme[2] ? » Ainsi la science ne peut pas se passer de vérité et c’est pourquoi Nietzsche s’interroge à nouveau : « (L’esprit scientifique est) une ingénieuse défense contre – la vérité ? Et, moralement parlant, quelque chose comme de la peur, et de l’hypocrisie ? Et immoralement : de la ruse[3]. » Voici pourquoi l’instinct accompagne la science et Nietzsche pense qu’il (l’instinct) est celui de Socrate. L’instinct est même son secret et son ironie.

Au sens propre, en effet, l’ironie socratique, pense Nietzsche, consiste à interroger quelqu’un en feignant de ne rien savoir, pour mettre en question son soi-disant savoir, ou pour faire apparaître son savoir ignoré. Nietzsche est d’accord pour dire qu’il s’agit d’un instinct qui accompagne la science et il ajoute, en parlant de Socrate : « Et c’est à cause de cela que l’image de Socrate mourant, de l’homme délivré, par le savoir et les raisons, de la crainte de la mort, est l’écu armorial suspendu au portail de la science, pour rappeler à chacun que la distinction de la science est de faire que l’existence paraisse compréhensible, et par cela même justifiée[4]. » En fin de compte Nietzsche soutient que la destination de la science doit servir aussi le mythe qui est la conséquence inéluctable, l’intention réelle de la science. Mais n’est-ce cela qui crée la puissante illusion de la science ?

En effet, Nietzsche affirme que la science est éperonnée par sa puissante illusion. Pour lui, elle se hâte alors inlassablement jusqu’à ses limites, « où vient échouer et se briser son optimisme latent logé au cœur de la logique[5]. » Il ajoute que la circonférence du cercle de la science est composée d’un nombre infini de points[6]. Cette démonstration mathématique faite par Nietzsche ne cache pas son dédain pour la science, car plus loin il affirme : « Une culture fondée sur le principe de la science doit s’écrouler dès l’instant qu’elle commence à devenir illogique, c’est-à-dire qu’elle recule devant ses conséquences[7]. » Ainsi la science doit servir la culture, selon Nietzsche et il se lamente en ces termes : « A quoi peut-elle servir si elle n’a pas le temps pour la culture [8]? » Peut-on dégager des caractéristiques de l’homme de science par rapport à l’homme de la culture ?

Nietzsche, en rapprochant l’homme de science de l’homme de la culture, mesure le grand abîme qui les sépare. Le scientifique se comporte vis-à-vis de l’homme cultivé comme un désœuvré sans dignité. Pascal, selon Nietzsche, pense qu’il (l’homme de science) s’adonne à son activité pour échapper à la solitude. Mais les questions existentielles, du genre, – pourquoi ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? – lui échappent. Le savant ou encore l’homme de science ne pense pas à l’utilité de son travail. Et Nietzsche de s’interroger à nouveau : la science ne mène-t-elle pas à la barbarie ?

Nietzsche le pense sincèrement dans Les Considérations Inactuelles, car pour lui, « le monde savant est déjà effroyablement avancé dans cette direction[9]. » Strauss que Nietzsche évoque pour étayer son argumentation, lui apparaît comme le type même du scientifique oisif, qui cherche la distraction à tous prix, « l’éparpillement dans la mémoire et l’incohérence des conceptions[10]. » Pour Nietzsche, Strauss manque « d’expérience vraie et de connaissance originale des hommes[11], » sur les questions touchant au mariage, à la guerre et à la peine de mort. Si Strauss représente un fleuron de la science, Il y a lieu de nous interroger sur la science allemande elle-même.

Notre psychologue soutient que cette science est livresque et journalistique. Elle feint, selon Nietzsche, la modestie mais elle garde sa phraséologie vieillotte qui montre son manque de sagesse et de maturité[12]. Dans la science allemande, la culture a disparu. La science a donc besoin d’une philosophie pour l’éclairer à la manière d’un Diogène, un homme doué d’une méditation profonde. Cet homme, en outre, doit posséder un génie remarquable et un courage à toute épreuve.

Cette science, ajoute Nietzsche, est toujours en état de guerre avec « (ses) appareils imposants, (ses) arsenaux munis de (ses) pièces d’artillerie formidables et de (ses) instruments de guerre[13]. » Mais la culture fait défaut à cette grande artillerie. La seule culture indispensable à ces esprits obtus et enflammés, c’est la « culture des philistins.[14] » Cette culture est du contentement et pédagogiquement elle est pour le statut quo des écoles allemandes. C’est cela la conception nouvelle du monde. Strauss prêche alors cette foi moderne en la science contre la foi en l’ancien temps, pour voir « si la nouvelle rend à ses croyants les mêmes services que l’ancienne[15]. » En ce sens la science moderne n’est-elle pas inutile ?

Dans l’avant-propos d’un passage sur de l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie des Considérations Inactuelles II, Nietzsche montre l’inutilité de la science qui paralyse l’activité[16]. L’histoire qui est ici prise en exemple comme science est « (un) précieux superflu de la connaissance et (un) article de luxe.[17] » Nietzsche prend cette science en haine car elle nous détourne de la vie et elle prétend être la science du devenir universel[18]. Sa devise est la suivante : « Qu’advienne la vérité et que la vie périsse ». Mais finalement, cette science règne-t-elle effectivement sur la vie ?

Nietzsche est d’un avis contraire car « une vie ainsi régentée ne vaut pas grand-chose.[19] » La vie actuelle n’est pas régie par le savoir selon Nietzsche, mais par l’instinct et par de puissantes illusions. En effet, la science actuelle fait-elle alors des progrès ou est-elle en train de stagner ? Notre auteur pense en fait que : « Plus vous voudrez accélérer les progrès de la science, plus vite vous anéantirez la science[20] ». Puis Nietzsche va comparer l’homme de science à la poule. Cette comparaison hallucinante va montrer que l’homme scientifique à qui on demande des résultats à tous prix ressemble à une poule qui dépérit parce que l’on l’a contrainte à pondre trop vie ses œufs[21]. Mais Nietzsche pense qu’en fait, qu’en ces dernières années, l’homme de science est épuisé, devant les progrès étonnants qu’il a pu faire. La production scientifique est aussi comparée à l’œuf de la poule. L’homme de science pond plus d’œufs, d’œufs plus petits bien qu’il soit lui-même de plus en plus gros. Finalement, ce n’est pas à la science que Nietzsche a à faire, mais à la religion.

En effet, notre auteur semble affirmer que l’histoire est toujours une théologie masquée. La vénération dont l’illettré fait preuve vis-à-vis de la caste savante est la même qu’il voue au clergé. Nous comprenons mieux cette exclamation de Nietzsche : « Ce que l’on donnait autrefois à l’Eglise on la donne aujourd’hui, bien qu’avec plus de parcimonie, à la Science[22]. » Par conséquent, il va ainsi plaider pour une science de la culture. Mais qu’est-ce que la culture, s’interroge Nietzsche ? Ou encore, pour dire les choses autrement les Allemands sont-ils cultivés ?

Le généalogiste de la science argumente sur ce point en ces termes : « Jusqu’à présent les Allemands n’ont pas eu de culture, quoi qu’ils en disent et quelle que soit la fierté dont ils fassent parade[23]. » Pour Nietzsche, la culture allemande de son temps semble incroyable et niaise. Elle est très fausse et très superficielle. Or, parce que la science est liée à la vie, elle ne peut que naître, croître et s’épanouir qu’en elle.

Au paragraphe 10 du texte sur de l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, des deuxièmes Considérations Inactuelles, Nietzsche parle de la science et de ses poisons. La science, poursuit-il, voit dans ses poisons, des puissances et des forces adverses car, « elle considère seulement comme vraie et juste l’examen des choses, c’est-à-dire, l’examen scientifique qui voit partout un devenir accompli, une évolution historique et non point un être, une éternité[24]. » La science, selon Nietzsche, vit en contradiction intime avec l’art et la religion, avec leurs puissances éternisantes. Mais est-elle fréquentable sans l’éducation ? Doit-on la fréquenter si elle n’est pas éduquer ?

Nous connaissons la position de Nietzsche sur la question : elle affirme que la science a besoin d’être éduquée. En cela Nietzsche fait appel à Schopenhauer. Par rapport à ce dernier, les savants allemands pensent plus à la science qu’à l’humanité. Aussi veulent-ils « se sacrifier à la science comme à une troupe perdue, pour dresser ensuite de nouvelles générations à ce sacrifice[25]. » Par conséquent, la science doit être dirigée et endiguée « par les maximes les plus élevées de l’éducation[26]. » S’il faut éduquer les savants, un problème demeure cependant : il manque des éducateurs. En effet, qui doit éduquer le savant, si ce n’est la science elle-même, cette abstraction inhumaine, selon les mots mêmes de Nietzsche ? Certainement, le savant vit très mal, et en deçà de l’artiste. Mais n’y a-t-il pas lieu d’opérer une distinction même dans la science ?

Nietzsche distingue la « science pure[27] » des « sciences pratiquées sans aucune mesure et dans le plus aveugle laisser-faire[28] ». Ensuite, il met en garde tous les savants contre l’égoïsme de la science, car ces êtres exceptionnels vivent dans une société médiocre. Il note, en outre, l’exploitation financière des savants par la société. Aussi, « l’homme cultivé n’est dégénéré au point qu’il est devenu le pire ennemi de la culture[29]. » Cette exploitation et ce mal-vivre produisent non des savants authentiques, mais des demi-savants et des quarts de savants.

Plaidant pour que la science elle-même soit libérée de ces demi-sciences et de ses quarts de science[30], Nietzsche recommande, en outre, que l’on supprime de l’université, les disciplines que les savants estiment peu. Car il faut de la motivation en toutes choses. Finalement la critique nietzschéenne serait stérile, s’il ne proposait pas lui-même sa conception de la science. Qu’elle serait alors la véritable science selon Nietzsche ?

L’ouvrage Humain trop humain I est le lieu d’exposition de la pensée nietzschéenne sur la science. Nietzsche part de la question de l’utilité de celle-ci. D’abord l’observation psychologique lui est d’une grande nécessité. La science ne peut s’en passer. Or, ensuite, Nietzsche ajoute que « la science ne connaît pas les considérations des fins dernières[31]. » Ainsi, la véritable science nietzschéenne est « l’imitation de la nature en concepts[32]. » Cette définition de la science par Nietzsche appelle un petit commentaire.

En effet, ce que Nietzsche privilégie ici, c’est la nature. Cox Christoph parle de naturalisme dans son ouvrage remarquable. Pour ce commentateur, «la mort de Dieu conduit à une sorte de naturalisme, c’est-à-dire à quelque chose d’autre, à un rejet de toutes les structures et de toutes les formes irréelles et à une considération nouvelle de la connaissance et de l’être, à travers un autre monde, celui de la vie, de la nature et de l’histoire.[33]» Le naturalisme, dans la philosophie contemporaine est parfois associé au scientisme; Nietzsche, selon Cox, est critique vis-à-vis de la capacité de la science à rendre compte pleinement de l’expérience humaine. En effet, Christoph Cox élabore cette idée selon laquelle le naturalisme de Nietzsche l’a conduit à replacer les principes et les entités métaphysiques et transcendantaux, dans une épistémologie et une ontologie naturalisées. Ainsi définie, la science atteint-elle son but ?

Toujours dans Humain trop humain I, Nietzsche pense que la science fait des promesses qu’elle n’arrive pas à tenir. Elle promet, par exemple, d’éradiquer la souffrance terrestre et de donner la vie éternelle aux individus, c’est-à-dire prolonger la vie terrestre, le plus longtemps possible. Si encore c’était cela la vie éternelle ! Mais Nietzsche poursuit sa critique et définit cette vie comme « une sorte de félicité éternelle, à la vérité fort modeste, en comparaison des promesses des religions[34]. » Si les religions disputent à la science ses visées théologiques, quel peut être l’avenir de la science ?

Nietzsche, dans un texte remarquable d’Humain trop humain I va se prononcer sur l’avenir de la science. En effet, il pense que « la science donne à celui qui y consacre son travail et ses recherches beaucoup de satisfaction[35]. » En revanche, celui qui apprend, en a très peu. Cette souffrance lors de l’apprentissage disparaît, au fur et à mesure qu’on avance dans l’apprentissage, car ce qui apparaît comme une vérité importante et inatteignable, finit, en fin de compte, par devenir une vérité publique et vulgarisée. Ainsi, la science procure de moins en moins de plaisir, car la source du plaisir qui provient de la métaphysique, de la religion et de l’art, est tarie, parce que la science les rend suspectes. Aussi, dans une civilisation que Nietzsche veut supérieure, tout homme doit avoir deux compartiments au cerveau : d’un côté, la science, de l’autre, la culture.

Considérant la science et la culture comme deux valeurs étanches, qui doivent exister côte à côte, sans confusion aucune, Nietzsche en appelle à une exigence de santé[36]. En toute science Nietzsche décèle la force, l’illusion, les préjugés et les passions et en toute culture, la modération. La culture est ce qui empêche la science de tomber dans la barbarie. N’est-ce pas ce régulateur qui permet encore à la science de garder toute sa jeunesse ?

En effet, Nietzsche est captivé par le charme juvénile de la science[37]. Aujourd’hui, écrit-il, « nous vivons, il est vrai, encore dans la jeunesse de la science, et nous avons coutume de suivre la vérité comme une belle fille[38]. » Mais cette jeune vérité d’aujourd’hui peut vieillir demain et s’étioler. Quand les rides apparaissent et que la vérité n’attire plus, il ne reste plus qu’au chercheur, « une morne glane d’automne [39]». Mais auparavant Nietzsche nous apprend que la science exerce un certain pouvoir et non un certain savoir. Cette affirmation n’est-elle pas paradoxale ?

Nous ne le pensons pas. En effet, ce pouvoir le scientifique l’exerce « en ce sens qu’il est très précieux…d’avoir été un homme de science[40]. » Par cette réponse Nietzsche ramène chacun de nous à faire son introspection par rapport à la science, à travers ce chapitre d’Humain trop humain qui traite de l’homme avec lui-même.

Notre généalogiste y invite chaque personne humaine « à connaître au moins une science à fond[41]. » Il apprendra ainsi ce que c’est qu’une méthode et combien est nécessaire la plus extrême prudence. Ainsi la grande majorité des hommes cultivés demande au penseur des convictions, mais une minorité veut des certitudes. Par conséquent, la raison à cela est que la science elle-même est « prudente et modeste,[42] » parce que la recherche scientifique conduit à la solitude du désert.

Dans Humain trop humain II, Nietzsche essaie de nous faire partager cette conviction. Il nous montre que le chemin de la science connaît des marches humbles et pénibles[43]. Au désert, le scientifique rencontre parfois des mirages, des illusions, des énigmes mais aussi des oasis. Il peut s’arrêter aux mirages et connaître la mort ; mais il peut aussi faire l’expérience de consolations subjectives qui lui déplaisent et lui donnent un goût amer. Finalement tous les hommes probes de la science, comparés aux hommes religieux, ne sont-ils pas « pauvres d’esprit[44] » se demande Nietzsche ?

En effet si la science n’est pas liée au plaisir de la connaissance, à l’utilité de la connaissance, que nous importe la science, s’interroge Nietzsche[45] ? Si un peu de foi, d’amour et d’espérance ne conduisent pas notre âme à la connaissance, qu’est-ce qui nous attirerait vers la science, se demande Nietzsche une fois de plus[46] ?

La réponse du critique de la science est qu’il y a en science un moi loyal et heureux qui signifie quelque chose. C’est cela le plaisir de la connaissance. Mais ce plaisir ne cache pas que la science présente une atmosphère lourde. Le Nietzsche d’Humain trop Humain préfère l’air vif, meilleur et sain des artistes, des esprits douillets à la lourdeur des scientifiques[47]. Mais il ajoute plus loin que la science a besoin de natures plus nobles que la poésie[48]. En effet, les natures scientifiques doivent êtres plus simples, moins ambitieuses, plus retenues, plus calmes, moins portées vers la gloire. Elles doivent être sobres.

Dans la nature comme dans la science, pense Nietzsche, ce sont les terrains les plus mauvais et les plus inféconds qui sont défrichés les premiers[49]. En affirmant cela Nietzsche essaie une fois de plus, dans ce paragraphe d’Humain trop humain II, de mettre en rapport la nature et la science. Pour mettre une terre en valeur, il faut beaucoup de travail et de méthode, des ouvriers bien organisés et bien dressés. Il en est de même dans la science. Mais si l’impatience et l’ambition interfèrent dans le travail des champs, le cultivateur arrive à de piètres résultats.

La science, d’une part, rend lourd, nous prévient Nietzsche, dans un avis aux enthousiastes[50]. D’autre part, dans Aurore, Nietzsche compare la science à la religion et parle des grands hommes qui ont donné leurs vies à la science, à travers « les luttes, les défaites, les retours au combats des grands hommes[51]. » Faut-il alors être tolérant à l’égard de la science ?

Nietzsche pense le contraire, car pour lui, « ce geste de condescendance est une plus grossière atteinte à l’homme de science[52]. » Avec la science, poursuit-il, il faut être sévère pour ne pas y faire intervertir nos sentiments. Vient alors la conclusion de ce passage : la science est une ombre, un fantôme[53]. Faut-il y croire, puisqu’après la mort de Dieu, la science a pris sa place dans le cœur des hommes comme une ombre. Nous faisons alors une fois de plus appel à Christoph Cox.

Cox prend son argumentation d’une citation du Gai Savoir au paragraphe 108, où Nietzsche annonce pour la première fois, la mort de Dieu, et il demande en même temps de vaincre son ombre. Il écrit : « ‘Luttes nouvelles’ – Après la mort de Bouddha, l’on montrera encore pendant des siècles son ombre dans une caverne, – une ombre énorme et épouvantable. Dieu est mort : mais, à la façon dont sont faits les hommes, il y aura peut-être encore pendant des milliers d’années des cavernes où l’on montrera son ombre.- Et nous – il nous faut encore vaincre son ombre[54]. ! » Dans le paragraphe 109, Nietzsche, selon Cox[55], informe que la lutte contre les ombres de Dieu, doit se tenir sur deux fronts ; elle requiert à la fois une nature pure de l’humain et un dépouillement de la nature de ses attributs divins. Ayant rejeté l’ensemble des points de vue théologiques, Nietzsche se demande d’une façon poétique : « Quand toutes ces ombres de Dieu ne nous troubleront-elles plus ? Quand aurons-nous entièrement dépouillé la nature de ses attributs divins ? Quand aurons-nous le droit, nous autres hommes, de nous rendre naturels, avec la nature pure, nouvellement trouvée, nouvellement délivrée[56] ? » Avec Cox[57], nous soutenons la thèse suivante : la nature purifiée de l’humanité met au premier plan l’engagement de Dieu pour un naturalisme oscillant entre l’épistémologie et l’ontologie, tandis que la nature dépouillée de ses attributs divins met en première ligne, son engagement pour un monde où il n’y a aucun déterminisme, mais seulement des perspectives(ou interprétations) et des entités internes à elles. Si la nature a besoin d’être purifiée, la science a aussi le même besoin, d’autant plus qu’elle procure si peu de joie véritable à ces hommes qui lui font un reproche de sa froideur, de sa sécheresse et de son inhumanité[58]. Pourtant, la science peut être encore belle. Qu’est-ce qui peut contribuer à son embellissement ?

La nature est belle. Pour Nietzsche, le préjugé selon lequel, la nature est laide, sauvage et ennuyeuse est faux. Tout comme l’est également, le préjugé de l’embellissement de la nature. Il en est de même de la science. N’est-il pas faux de dire que la science est laide, sèche, désespérante, difficile et ennuyeuse ? Des voix comme celles de Nietzsche s’élèvent pour demander « le retour à la science, à la nature et au naturel de la science[59]. » Mais la science est-elle à même de donner des buts nouveaux à l’activité de l’homme ?

Notre généalogiste reconnaît qu’il s’agit d’une question épineuse[60], car la science peut détruire et enlever toutes les activités des hommes. Son but, pense Nietzsche, est « de créer à l’homme autant de plaisir et aussi de déplaisir que possible[61]. » Mais il est d’avis pour ajouter aussitôt que « la science a la faculté de priver les hommes de leurs joies et de les rendre plus froids ; plus insensibles, plus stoïques.[62] » Ce faisant, la science est la grande dispensatrice des douleurs. Mais peut-on aimer dans la science quelque chose de désintéressé ?

Le critique Nietzsche répond à cette question dans un paragraphe du Gai Savoir, intitulé ‘Des trois erreurs’[63]. La première, selon notre auteur, consiste à faire progresser la science, par le biais de la bonté et de la sagesse de Dieu. La seconde, en faisant croire à l’utilité absolue de la connaissance. Enfin la troisième consiste à aimer dans la science quelque chose de désintéressé, d’inoffensif, d’innocent. Les mauvais instincts de l’homme participent aussi à l’avancement de la science. Mais ici encore, malgré cela, la science ne découvre-t-elle pas des choses qui tiennent bon, interroge Nietzsche[64] ? La science n’est-elle pas aussi cette compréhension de l’illusion et de l’erreur qui est les conditions du monde intellectuel et sensible, se demande encore Nietzsche[65] ? La science peut-elle devenir une humanisation des choses, interroge finalement notre auteur[66] ? En effet, c’est nous-mêmes que nous essayons de décrire à travers toutes ces représentations scientifiques. Pour qu’il y ait une pensée scientifique, que nous faut-il réunir ?

Nietzsche répertorie d’abord « l’instinct du doute, l’instinct de négation, l’instinct temporisateur, l’instinct collectionneur, l’instinct dissolvant.[67] » Mais il manque, à tous ces instincts « les facultés artistiques et la sagesse pratique de la vie[68]. » Quelle sévérité faut-il mettre au service de la science, s’interroge Nietzsche[69] ? Cette sévérité a pour nom rigueur, dans les grandes, comme dans les petites choses. Cette sévérité consiste ensuite à être rapide dans l’enquête. Enfin elle consiste à bien faire. Mais cette règle de bonne conduite, cette rationalité n’a pas toujours été constante dans l’histoire de la science. La science a eu des préludes non scientifiques.

Nietzsche affirme dans Le Gai Savoir que les sciences se sont formées et sont devenues grandes grâce « (aux magiciens), (aux) alchimistes, (aux) astrologues et (aux) sorcières[70]. » Il s’est développé dans la science, une autre forme de rationalité faite de « promesses et (d’) engagements trompeurs[71]. » En plus de ces préludes, la science repose sur des fondements dont la foi figure en bonne place. Pourtant notre critique affirme que dans le domaine scientifique, la conviction n’a pas droit de cité[72], mais qu’elle est nécessaire au début. Elle est « si impérieuse et si absolue qu’elle force toutes les autres convictions à se sacrifier pour elle[73]. » La science alors serait-elle le résultat d’une longue ruse, d’une précaution, d’une utilité[74] ? La science prend sa source dans une foi absolue et incontestable. Mais une question demeure toujours et notre généalogiste nous la pose : pourquoi la science ? Ne se réduit-elle pas au problème moral[75] ?

C’est un problème de conscience que la science que la science ne dise pas la vérité. En cela, toute science doit dire la vérité, la vérité à tout prix. N’est-ce pas ce que Nietzsche appelle « volonté de vérité »[76]. Mais cette volonté de vérité ressemble, dit Nietzsche, à une foi métaphysique, semblable à la foi en Dieu. Or, cette idée que Dieu est la vérité, est chez notre auteur athée, le plus long mensonge[77].

Dans le livre cinquième du Gai savoir, Nietzsche traite de l’origine de notre notion de connaissance. Connaître, pense-t-il, c’est que « quelque chose d’étranger doit être ramené à quelque chose de connu[78]. » Mais n’est-ce pas l’instinct de crainte qui nous pousse à connaître ?

La grande supériorité des « sciences naturelles[79] », consiste précisément en ceci qu’elles prennent pour objet des éléments étrangers. Que faut-il entendre par éléments étrangers ? La nature est l’objet des sciences naturelles. La nature, n’est-ce pas à l’origine, le Tout, c’est-à-dire, un ensemble raisonnablement organisé[80]. Mais Nietzsche considère la nature plus dans le sens de sa bestialité[81]. Elle lui apparaît comme sauvage et belle. Sa connaissance dépasse ainsi la simple rationalité. Il lui faut autre chose. Aussi que vénérons-nous aujourd’hui sous l’appellation de science moderne ?

Dans un chapitre du livre cinquième du Gai savoir intitulé « la jacquerie dans l’esprit », c’est-à-dire « la révolte de Luther », Nietzsche pense que la Réforme a favorisé la science moderne, mais a contribué à la dégénérescence du savant moderne, à son manque de vénération, de prudence, de profondeur, à toute candeur naïve, cette pesante probité dans les choses de la connaissance[82]. L’esprit s’est fait plébéien.

Plus loin dans son argumentation, il parle de la science en tant que préjugé. Que veut-il dire ? Il s’explique, en disant qu’une interprétation scientifique du monde pourrait être stupide, c’est-à-dire, pauvre de sens[83]. Par exemple, un monde mécanique est complètement dépourvu de sens. Autre exemple : mécaniquement la musique comme assemblage de formules ne vaut rien en tant qu’évaluation scientifique. Ce détour nous permet d’arriver à ce que Nietzsche appelle le Gai Savoir. Qu’est-ce que c’est ?


[1] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 1, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 24

[2] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 1, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 24

[3] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 1, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 24

[4] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 15, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 89

[5] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 15, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 90

[6] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 15, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 90

[7] NIETZSCHE(Friedrich).- La Naissance de la Tragédie § 18, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 104

[8] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 186

[9] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 186

[10] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 186

[11] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 187

[12] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 187

[13] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 187

[14] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 187

[15] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles I, David Strauss, le Confesseur et l’écrivain § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 192

[16] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, Avant-propos, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 217

[17] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, Avant-propos, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 217

[18] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, § 4, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 238

[19] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, § 7, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 257

[20] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, § 7, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 257

[21] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, § 7, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 257

[22] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, § 8, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 262

[23] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie, § 10, dans Œuvres Complètes, I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 277

[24] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles II. De l’utilité et de l’inconvénient de l’histoire pour la vie § 10, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 281.

[25] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles III. Schopenhauer éducateur § 2, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 292.

[26] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles III. Schopenhauer éducateur § 2, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 292.

[27] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles III. Schopenhauer éducateur § 3, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 298.

[28] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles III. Schopenhauer éducateur § 4, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 308.

[29] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles III. Schopenhauer éducateur § 4, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 309.

[30] NIETZSCHE(Friedrich).- Considérations Inactuelles III. Schopenhauer éducateur § 8, dans Œuvres Complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1993), p. 353.

[31] NIETZSCHE (Friedrich).- Humain trop humain I, II. Pour servir à l’histoire des sentiments moraux. § 38 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 468.

[32] NIETZSCHE (Friedrich).- Humain trop humain I, II. Pour servir à l’histoire des sentiments moraux. § 38 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 468.

[33] COX (Christoph).- Naturalism and Interpretation (University of California Press, Berkeley and los Angeles, 1999), p. 69

[34] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, III. La vie religieuse. § 128 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 512.

[35] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, V. Caractères de haute et basse civilisation. § 251 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 575.

[36] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, V. Caractères de haute et basse civilisation. § 251 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 576.

[37] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, V. Caractères de haute et basse civilisation. § 257 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 578.

[38] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, V. Caractères de haute et basse civilisation. § 257 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 578.

[39] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, V. Caractères de haute et basse civilisation. § 257 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 578.

[40] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, V. Caractères de haute et basse civilisation. § 257 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 578.

[41] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, IX. L’homme avec lui-même. § 635 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 690.

[42] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain I, IX. L’homme avec lui-même. § 635 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 691.

[43] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, I. Opinions et sentences mêlées § 32 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 716.

[44] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, I. Opinions et sentences mêlées § 98 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 735.

[45] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, I. Opinions et sentences mêlées § 98 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 736.

[46] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, I. Opinions et sentences mêlées § 98 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 736.

[47] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, I. Opinions et sentences mêlées § 205 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 773.

[48] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, I. Opinions et sentences mêlées § 206 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 773.

[49] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, II. Le voyageur et son ombre § 195 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 904.

[50] NIETZSCHE (Friedrich). – Humain trop humain II, II. Le voyageur et son ombre § 315 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 945.

[51] NIETZSCHE (Friedrich). – Aurore livre troisième § 195 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 1084.

[52] NIETZSCHE (Friedrich). – Aurore livre quatrième § 270 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 1117.

[53] NIETZSCHE (Friedrich). – Aurore livre quatrième § 270 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 1117.

[54] NIETZSCHE (Friedrich). – Le Gai Savoir livre troisième § 108 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 108.

[55] COX (Christoph). – Naturalism and Interpretation (University of California Press, Berkeley and los Angeles, 1999), p. 71.

[56] NIETZSCHE (Friedrich). – Le Gai Savoir livre troisième § 109 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 122.

[57] COX (Christoph). – Naturalism and Interpretation (University of California Press, Berkeley and los Angeles, 1999), p. 71.

[58] NIETZSCHE (Friedrich). – Aurore livre quatrième § 424 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 1156.

[59] NIETZSCHE (Friedrich). – Aurore livre cinquième § 428 dans Œuvres complètes I, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 1158.

[60] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre premier § 7 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 56

[61] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre premier § 12 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 59

[62] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre premier § 12 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 60

[63] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre premier § 37 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 76

[64] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre premier § 46 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 81

[65] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre deuxième § 107 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 81

[66] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre troisième § 112 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 119

[67] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre troisième § 113 dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 125

[68] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre troisième § 113  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 125

[69]NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre quatrième § 293  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 174

[70] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre quatrième § 300  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 178

[71] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre quatrième § 300  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 178

[72] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 344  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 206

[73] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 344  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 206

[74] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 344  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 207

[75] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 344  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 207

[76] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 344  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 207

[77] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 344  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 208

[78] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 355  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 221

[79] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 355  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 221

[80] GIGON (Olof).- Les grands problèmes de la philosophie antique (Paris, Payot, 1961), p. 14

[81] NIETZSCHE (Friedrich).- Aurore. Livre cinquième § 502  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), p. 1182

[82] NIETZSCHE (Friedrich).- Le Gai Savoir. Livre cinquième § 358  dans Œuvres complètes II, (Paris, Robert Laffont, 1998), pp. 228-229

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :