BENOIT XVI DIT L’URGENCE DE L’ANNONCE DE LA PAROLE

Synode des évêques
La Parole de Dieu

En ouvrant hier à Rome le Synode des évêques, le pape a vigoureusement mis en garde une culture moderne qui pense pouvoir se passer de la Parole de Dieu

ROME

Synode1

S
i d’aucuns doutaient de l’in­térêt du thème choisi pour ce Synode, la Parole de Dieu, Benoît XVI s’est chargé de le leur rappeler vigoureusement, hier, lors de la messe d’ouverture en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Dans une homélie aux accents sé­vères, qui n’était pas sans rappeler celle du cardinal Ratzinger avant l’ouverture du conclave, le pape a repris ce cri de saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évan­gile!» Annoncer l’Évangile et la Parole de Dieu est plus que jamais urgent, a-t-il martelé. Pour ce pape européen qui a une attention parti­culière à la place de la Parole dans la culture, les « peuples qui ont reçu l’annonce de l’Évangile » doivent se sentir particulièrement interpel­lés. Le pape a rappelé le déclin des premières communautés chrétien­nes, qui, florissantes alors, « ont aujourd’hui disparu et ne sont plus que dans les livres d’histoire » … Pour les vieux pays chrétiens, « ne pour­rait-il pas advenir de même à notre époque ?, s’inquiète Benoît XVI.
Des nations, un temps riches de foi et de vocations, perdent désormais leur identité propre, sous l’influence délétère et destructrice d’une certaine culture moderne.»
Et le pape ne craint pas, devant les 253 pères synodaux, d’évoquer même le « châtiment » divin, auquel Dieu a « souvent dû recourir » devant « la froideur et la rébellion de chrétiens incohérents ».
Rarement Benoît XVI, qui s’expri­mait dans la basilique même où, il y a cinquante ans, Jean XXIII a lancé le concile Vatican II, aura été aussi dur sur notre société qui a « éliminé Dieu de son propre horizon ». Une société où ne règnent que «l’arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injus­tice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions». Faut-il pour autant désespérer ? Non, répond Benoît XVI qui, de manière là encore assez étonnante, semble indiquer que l’avenir du christianisme est ailleurs qu’en Europe. « Si dans cer­taines régions la foi s’affaiblit jusqu’à s’éteindre, il y aura toujours d’autres peuples prêts à l’accueillir. »
Où les pensées de Benoît XVIse dirigent-elles ? Peut-être vers l’Afri­que : le secrétaire spécial du Synode n’est-il pas pour la première fois un évêque de ce continent ? Ou encore vers l’Asie, bien représentée, même si, cette fois encore, il n’a pas été pos­sible de faire venir des évêques de Chine continentale. Mais sans doute pense-t-il d’abord à l’Église d’Europe qu’il veut, avant que les discussions ne commencent, alerter.
C’est bien là la manière de ce pape qui, ennemi du politiquement correct, ne craint pas d’employer la manière dure pour mieux marquer son propos. « Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le cœur de l’homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque com­munauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle» , souligne-t-il alors, expliquant par là le choix du thème de cette XII
e assemblée du Synode.
«Il faut que l’Église fasse vraiment de la Parole le socle de toute sa vie»
, insiste d’ailleurs, à la sortie de la basilique Saint-Paul-hors­les-Murs, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne (Guyane), l’un des quatre délégués de la Conférence des évêques de France. «Mais pour cela , continue-t-il, il faut qu’elle cesse d’avoir peur de la donner largement autour d’elle. » Peur ? « On craint tel­lement que les gens se trompent en la lisant! On n’a pas suffisamment confiance dans la puissance de cette Parole! Il faut que les prêtres aient constamment cette Parole à la main, à la bouche, qu’ils en donnent le goût. » « Impulser dans l’Église une lecture “goûteuse” de la Bible» , c’est aussi ce que Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, attend de ce Synode. « Une Parole qui ne soit pas seulement un objet d’étude ou d’his­toire , explique-t-il. Il faut étudier la Parole, mais cette étude doit permettre de l’accueillir pour nous aujourd’hui. »
Selon lui, c’est l’un des objectifs des évêques français qui, à l’occasion de leur réflexion sur la catéchèse, souhaitent justement remettre au goût du jour la lectio divina. Une expérience parmi d’autres, que les évêques français partageront aux pères synodaux qui débuteront leurs travaux dans la salle du Synode de l’aula Paul-VI, au Vatican.

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