Archive for octobre 2008

HOMMAGE A MADAME BARBOZA NEE KABORE TIMPOKO FREDERIQUE

octobre 24, 2008

HOMMAGE A MADAME BARBOZA NEE KABORE TIMPOKO FREDERIQUE

1. LA VEILLEE MORTUAIRE

Décédée le 19 Septembre 2008 au CHU de Treichville, Madame Barboza née Frédérique Timpoko Kaboré, a eu droit à des funérailles chrétiennes. Celles-ci ont débuté par la veillée mortuaire en sa mémoire, à l’UCAO-UUA, le vendredi 10 Octobre 2008 de 19h à 22h15. Après la prière d’ouverture et le mot de bienvenue, la chorale nous a gratifiés de très beaux cantiques. La méditation des mystères glorieux et la lecture des textes bibliques ont meublé notre méditation. Ont été lus un extrait du livre des Lamentations et un autre de l’épître aux Romains. Puis l’Evangile des Béatitudes a été acclamé et commenté par le P. Zacharie Béré. Le Maître des Cérémonies a insisté sur les vertus évangéliques de simplicité, de convivialité et d’endurance qui ont marqué la vie de Frédérique. Elle aimait apprendre et avait cette volonté et cette détermination qui lui ont permis d’obtenir son BTS en secrétariat en cours du soir. L’informatique n’avait plus aucun secret pour elle.

La veillée a aussi été ponctuée de témoignages de personnes qui ont bien connu Frédérique. Tour à tour, Mme Sana Mariam, les étudiants Bamba, les secrétaires, et l’employé de la reprographie, Michel, ont donné leurs témoignages. Frédérique a commencé à travailler à l’UCAO-UUA en 1989, en tant que stagiaire, proposée aux ventes de cassettes audio et vidéo à l’ISCOM au temps du P. Van der Mar qui est décédé, peu après et le centre a été fermé. Puis le P. Gaston Sanon l’a proposé comme secrétaire de la Faculté de Philosophie. Frédérique a protesté en lui disant qu’elle ne savait rien et qu’elle n’avait que le Brevet d’études du second cycle. Le P. Gaston lui a dit aussi que lui non plus n’en savait rien.

Elle est restée 20 ans dans ce département. Les étudiants l’appelaient « maman » ou « tantie » car elle était, pour les uns, une mère, pour les autres, une tante, une conseillère, une amie, une sœur. Elle nous quitte en nous laissant, un mari, Mr. Barboza Hyacinthe et un fils de 8 ans, Martial. Freddy que ton âme repose en paix et que ta joie communicative continue de nous habiter.

2. LA MESSE D’ENTERREMENT

Ce matin du Samedi 11 octobre 2008, nous nous sommes rendus à la Paroisse St Jean Marie Vianney de Vridi-Cité, où nous attendait déjà une foule compacte de proches parents et ‘amis de la défunte. Dès notre arrivée, le Père Tossou et moi, avons pris quelques moments de recueillement, à la chapelle devant le Très saint sacrement, tandis que la chorale nous gratifiait de beaux cantiques de son riche répertoire. La dépouille mortelle de Frédérique est arrivée à 8h30 précise et le cercueil laissait apparaître un visage amaigri, marqué par la souffrance et la douleur. Des sanglots fusaient çà et là, ainsi que des pleurs. De nombreux prêtres, des religieux et religieuses, des séminaristes et tout le personnel de l’UCAO-UUA prenaient place dans l’église. Une chapelle bien aérée et bien construite, qui avait fière allure, consacrée à St Jean Marie Vianney. Un baptistère splendide, avec un conduit d’eau montrait une cuve sur laquelle la Vierge Marie, source du salut trônait vers le ciel.

A 9h moins 10 minutes, le P. Gaston Sanon, arrivé fraîchement du Burkina Faso s’est incliné le premier sur le dépouille de Frédérique, puis a salué la famille qui jusque là était assise près du cercueil, hors de l’église. Puis les Pères AKE et TOSSOU sont venus à leur tour, effectuer le même rituel. La levée de corps a été faite par le Père AKE, de façon très classique : une salutation très brève, le chant des Profundis (Ps 139), puis un Pater et un Ave, avec une prière de conclusion. Puis l’entrée à l’église a pu se faire.

La messe a été présidée par le vicaire de la paroisse (un clarétain) étudiant à l’UCAO. 1 texte a été entendu, de l’épître aux Romains qui disait qu’aucun d’entre nous ne vivait pour soi-même, ni aucun ne mourait pour soi-même… Dans notre vie, comme dans notre mort nous appartenons au Seigneur. Car si le Christ a vaincu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur, et des morts et des vivants.

Le P. Brice Bini(O.P.) a donné l’homélie du jour, tiré du jugement dernier, de Mt 25. Il a axé son homélie sur la tragédie de la mort et son inéluctabilité. Pour lui, il y aura toujours des interrogations autour de la mort des êtres que nous aimons. Si beaucoup de bons et beaux témoignages ont été donnés sur Freddy, il faut intégrer cette mort, à ces témoignages. Freddy a beaucoup donné à l’UCAO : entrée dans cette institution en 1989 avec le niveau BEPC, elle s’est battue, avec cette volonté d’apprendre indéracinable, jusqu’à obtenir son BTS de secrétaire. Mais le Père n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par les secrétaires au cours de la veillée, celui de demeurer une mère pour le jeune Martial, le fils de huit ans de la défunte. Le second engagement portait sur l’avenir de l’UCAO. Quelqu’un s’est laissé à dire à la veillée que l’UCAO ne serait plus comme avant, après la mort de Frédérique. Le P. nous a tous invités au dépassement pour porter haut le flambeau de l’UCAO, par notre endurance au travail et notre persévérance. Frédérique avait aussi beaucoup pleurer, a-t-il conclu, malgré toutes les témoignages sur sa jovialité.

Après l’offertoire et la consécration, puis la communion, ce fut au tour du P. Gaston Sanon de donner l’absoute. Dans son style propre à lui et son humour légendaire, il a dit que les mots ne lui manquaient pas, mais qu’ils l’étouffaient. Quand il sera rentré au Burkina, il dira tout simplement aux parents que Frédérique a pris sa retraite anticipée de l’UCAO. Le Père a par la même occasion remercié Freddy pour le travail accompli pendant ces longues années.

Finalement, le morceau de choix a été réservé au P. Raphaël TOSSOU, président de l’UCAO, qui devait enterrer sa fille. Il l’a fait, la gorge nouée par l’émotion et les larmes. Freddy repose désormais au cimetière de Vridi-Cité. Là où il y a quatre déjà, elle avait enseveli son fils aîné.

P. AKE Patrice Jean, en souvenir d’une grande amie.

HOMMAGE A MADAME BARBOZA NEE KABORE TIMPOKO FREDERIQUE

octobre 24, 2008

HOMMAGE A MADAME BARBOZA NEE KABORE TIMPOKO FREDERIQUE

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1. LA VEILLEE MORTUAIRE

Décédée le 19 Septembre 2008 au CHU de Treichville, Madame Barboza née Frédérique Timpoko Kaboré, a eu droit à des funérailles chrétiennes. Celles-ci ont débuté par la veillée mortuaire en sa mémoire, à l’UCAO-UUA, le vendredi 10 Octobre 2008 de 19h à 22h15. Après la prière d’ouverture et le mot de bienvenue, la chorale nous a gratifiés de très beaux cantiques. La méditation des mystères glorieux et la lecture des textes bibliques ont meublé notre méditation. Ont été lus un extrait du livre des Lamentations et un autre de l’épître aux Romains. Puis l’Evangile des Béatitudes a été acclamé et commenté par le P. Zacharie Béré. Le Maître des Cérémonies a insisté sur les vertus évangéliques de simplicité, de convivialité et d’endurance qui ont marqué la vie de Frédérique. Elle aimait apprendre et avait cette volonté et cette détermination qui lui ont permis d’obtenir son BTS en secrétariat en cours du soir. L’informatique n’avait plus aucun secret pour elle.

La veillée a aussi été ponctuée de témoignages de personnes qui ont bien connu Frédérique. Tour à tour, Mme Sana Mariam, les étudiants Bamba, les secrétaires, et l’employé de la reprographie, Michel, ont donné leurs témoignages. Frédérique a commencé à travailler à l’UCAO-UUA en 1989, en tant que stagiaire, proposée aux ventes de cassettes audio et vidéo à l’ISCOM au temps du P. Van der Mar qui est décédé, peu après et le centre a été fermé. Puis le P. Gaston Sanon l’a proposé comme secrétaire de la Faculté de Philosophie. Frédérique a protesté en lui disant qu’elle ne savait rien et qu’elle n’avait que le Brevet d’études du second cycle. Le P. Gaston lui a dit aussi que lui non plus n’en savait rien.

Elle est restée 20 ans dans ce département. Les étudiants l’appelaient « maman » ou « tantie » car elle était, pour les uns, une mère, pour les autres, une tante, une conseillère, une amie, une sœur. Elle nous quitte en nous laissant, un mari, Mr. Barboza Hyacinthe et un fils de 8 ans, Martial. Freddy que ton âme repose en paix et que ta joie communicative continue de nous habiter.

2. LA MESSE D’ENTERREMENT

Ce matin du Samedi 11 octobre 2008, nous nous sommes rendus à la Paroisse St Jean Marie Vianney de Vridi-Cité, où nous attendait déjà une foule compacte de proches parents et ‘amis de la défunte. Dès notre arrivée, le Père Tossou et moi, avons pris quelques moments de recueillement, à la chapelle devant le Très saint sacrement, tandis que la chorale nous gratifiait de beaux cantiques de son riche répertoire. La dépouille mortelle de Frédérique est arrivée à 8h30 précise et le cercueil laissait apparaître un visage amaigri, marqué par la souffrance et la douleur. Des sanglots fusaient çà et là, ainsi que des pleurs. De nombreux prêtres, des religieux et religieuses, des séminaristes et tout le personnel de l’UCAO-UUA prenaient place dans l’église. Une chapelle bien aérée et bien construite, qui avait fière allure, consacrée à St Jean Marie Vianney. Un baptistère splendide, avec un conduit d’eau montrait une cuve sur laquelle la Vierge Marie, source du salut trônait vers le ciel.

A 9h moins 10 minutes, le P. Gaston Sanon, arrivé fraîchement du Burkina Faso s’est incliné le premier sur le dépouille de Frédérique, puis a salué la famille qui jusque là était assise près du cercueil, hors de l’église. Puis les Pères AKE et TOSSOU sont venus à leur tour, effectuer le même rituel. La levée de corps a été faite par le Père AKE, de façon très classique : une salutation très brève, le chant des Profundis (Ps 139), puis un Pater et un Ave, avec une prière de conclusion. Puis l’entrée à l’église a pu se faire.

La messe a été présidée par le vicaire de la paroisse (un clarétain) étudiant à l’UCAO. 1 texte a été entendu, de l’épître aux Romains qui disait qu’aucun d’entre nous ne vivait pour soi-même, ni aucun ne mourait pour soi-même… Dans notre vie, comme dans notre mort nous appartenons au Seigneur. Car si le Christ a vaincu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur, et des morts et des vivants.

Le P. Brice Bini(O.P.) a donné l’homélie du jour, tiré du jugement dernier, de Mt 25. Il a axé son homélie sur la tragédie de la mort et son inéluctabilité. Pour lui, il y aura toujours des interrogations autour de la mort des êtres que nous aimons. Si beaucoup de bons et beaux témoignages ont été donnés sur Freddy, il faut intégrer cette mort, à ces témoignages. Freddy a beaucoup donné à l’UCAO : entrée dans cette institution en 1989 avec le niveau BEPC, elle s’est battue, avec cette volonté d’apprendre indéracinable, jusqu’à obtenir son BTS de secrétaire. Mais le Père n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par les secrétaires au cours de la veillée, celui de demeurer une mère pour le jeune Martial, le fils de huit ans de la défunte. Le second engagement portait sur l’avenir de l’UCAO. Quelqu’un s’est laissé à dire à la veillée que l’UCAO ne serait plus comme avant, après la mort de Frédérique. Le P. nous a tous invités au dépassement pour porter haut le flambeau de l’UCAO, par notre endurance au travail et notre persévérance. Frédérique avait aussi beaucoup pleurer, a-t-il conclu, malgré toutes les témoignages sur sa jovialité.

Après l’offertoire et la consécration, puis la communion, ce fut au tour du P. Gaston Sanon de donner l’absoute. Dans son style propre à lui et son humour légendaire, il a dit que les mots ne lui manquaient pas, mais qu’ils l’étouffaient. Quand il sera rentré au Burkina, il dira tout simplement aux parents que Frédérique a pris sa retraite anticipée de l’UCAO. Le Père a par la même occasion remercié Freddy pour le travail accompli pendant ces longues années.

Finalement, le morceau de choix a été réservé au P. Raphaël TOSSOU, président de l’UCAO, qui devait enterrer sa fille. Il l’a fait, la gorge nouée par l’émotion et les larmes. Freddy repose désormais au cimetière de Vridi-Cité. Là où il y a quatre déjà, elle avait enseveli son fils aîné.

P. AKE Patrice Jean, en souvenir d’une grande amie.

LES ATTENTES DES CATHOLIQUES FRANCAIS

octobre 6, 2008

En France, des catholiques insistent sur l’urgence pour tous de « revenir à la source » de l’Écriture, sans négliger l’étude du texte
I
ls ne seront pas au Synode des évêques, mais observeront ses travaux avec attention. Exégè­tes, formateurs, animateurs de groupes bibliques, ils énoncent volontiers ce qu’ils aimeraient voir mis en valeur dans les échanges des évêques sur «la Parole de Dieu ». D’abord, la place centrale de l’Écriture dans la vie de l’Église. « J’aimerais que le Synode insiste sur la dimension biblique de toute la pastorale , avance le P.Gérard Billon, théologien et responsable du service biblique catholique « Évangile et vie ». Il ne suffit pas de créer des groupes bibliques un peu partout, mais il faut que l’Écriture irrigue toute la vie de l’Église.»
Myriam Callet, responsable de la formation biblique pour le diocèse de Saint-Étienne, insiste sur la for­mation des ministres. « Il faut que le Synode redise la nécessité d’une formation à l’homélie pour les prê­tres et les diacres » , souligne-t-elle. Françoise Larroque, responsable d’un groupe biblique œcuméni­que depuis cinquante ans dans le diocèse de Saint-Denis, va dans le même sens : « Les pasteurs protes­tants sont beaucoup mieux formés et, du coup, il faut reconnaître que les protestants connaissent mieux la Bible que nous, catholiques. » Autre attente : la revalorisation de l’étude de la Bible, dont le texte est souvent déconcertant, et la culture dont il témoigne lointaine. «Beaucoup de lecteurs ont des difficultés avec l’Ancien Testament, le visage d’un Dieu violent et les textes immoraux qu’on y trouve », témoigne Myriam
Callet, qui souligne aussi le risque que le texte biblique soit « utilisé » pour « justifier des positions ».
« Pour certains catholiques, le fon­damentalisme est rassurant
, cons­tate-t-elle. Ils aimeraient pouvoir se passer d’un travail sur le texte, et prier tout de suite, parfois avant même de l’avoir lu ! »
Où en est-on aujourd’hui dans la lecture de la Bible, au sein de l’Église de France ? Après la remise en valeur de l’Écriture par le con­cile Vatican II, les communautés catholiques sont passées par trois phases. Dans les années1960 et 1970, d’abord, le boom des grou­pes bibliques, d’emblée œcuméni­ques, qui ont cherché à vulgariser une approche critique et scientifi­que du texte biblique. Deuxième étape, dans les années 1990, avec le développement des « Écoles de la Parole » et des groupes de « lectio divina », visant à promouvoir une connaissance plus intérieure des Écritures, proposant un itinéraire pour passer de la connaissance du texte à la reconnaissance de la Parole de Dieu. Aujourd’hui, les communautés sont entrées dans une nouvelle phase, caractérisée par la multiplication des initiatives visant à promouvoir une lecture suivie de l’Écriture, notamment dans le cadre des « Années de la Parole ». Un mouvement qu’il faut encourager, selon le P. Gérard Billon : « C’est une approche moins technique que l’approche historico­critique, et moins “spiritualiste” – au mauvais sens du terme – que les dé­rives auxquelles expose une mau­vaise compréhension de la “lectio divina”. » Il y a pour lui aujourd’hui une nécessité : celle d’insister sur l’importance du texte, tel qu’il est, en prenant le temps de l’observer et de l’étudier à plusieurs.
Soutenir la soif de l’Écriture, Sœur Élisabeth, moniale domi­ nicaine, aimerait voir figurer cet objectif au rang des priorités du Synode. Cette soif, elle la cons­tate à chaque rencontre du groupe biblique qu’elle anime au monas­tère Saint-Dominique de Dax. Les membres de ce groupe se situent
« à des niveaux très divers dans la vie de l’Église et la connaissance du texte »
, mais ils se donnent tous « la peine d’un travail en profondeur » , souligne-t-elle, admirative. « Dans cette rencontre avec l’Écriture, ils découvrent avec un certain émerveillement leurs racines. Je le vois à la manière dont leur regard s’intériorise. Ils sont concentrés, ten­dus vers un “plus grand”, un “plus profond”. » Pour la religieuse, il est essentiel que le Synode vienne ren­contrer cette soif. « Le Synode serait un échec s’il restait au niveau des petites recettes , prévient-elle. J’ai envie d’un souffle adressé à tous, pas seulement aux évêques ou au monde ecclésiastique, qu’on s’élève un peu, qu’on approfondisse. Que le Synode essaie de transmettre un message fort : que la Parole est fondamentale et qu’elle est source de vie. »
S’il y a une soif à ne pas dé­cevoir, il s’en faut de beaucoup qu’elle soit largement partagée. Le concile Vatican II avait pour­tant ardemment souhaité que les fidèles, « pareillement » aux clercs, bénéficient de la lecture directe de la Bible et d’une familiarité avec le texte des Écritures. « Il faut le redire et le redire , insiste Sœur Élisabeth.
Trop souvent encore la Parole reste celle de la messe, découpée par petites tranches, dans des lectures que beaucoup ne comprennent pas.» «Il y a encore nécessité de pousser l’ensemble des chrétiens à se saisir de la Parole »
, confirme le P. Jean-Pierre Lémonon, exégète, qui attend du Synode « qu’il libère vraiment la Parole de Dieu, alors que trop de chrétiens ont peur de se tromper, peur que la parole qu’ils pourraient dire sur l’Écriture ne soit pas pleinement orthodoxe ».
Cette « source » que constitue l’Écriture, le P. Gérard Billon aime­rait la voir placée à sa « juste place »,
alors que certaines communautés doivent désormais se passer de cé­lébrations eucharistiques, faute de prêtres disponibles. « Dans notre monde, où les communautés chré­tiennes ont moins la possibilité de s’abreuver à l’Eucharistie, il faut redire que la foi peut s’abreuver à la Parole de Dieu et que les commu­nautés peuvent se nourrir du pain de la Parole » , plaide-t-il. « Il faut remettre la Parole de Dieu au cen­tre des communautés chrétiennes,
insiste également le P. Jean-Pierre Lémonon. En nous rappelant que la Parole elle-même est sacrement, le signe de la présence de Dieu parmi nous. » Pour tous, enfin, le Synode ne devra pas se payer pas de mots. « C’est l’occasion pour les évêques de montrer qu’eux-mêmes se nourris­sent de ce dont ils parlent » , souligne le P. Gérard Billon, qui rappelle l’insistance du concile Vatican II :
« Nul ne peut annoncer à l’extérieur ce dont il n’est pas nourri à l’inté­rieur. »
Sœur Élisabeth va dans le même sens: «Nos évêques sont surchargés par des tâches diverses, il faut que le goût de la Parole soit revivifié en eux. »

LES ATTENTES DES CATHOLIQUES FRANCAIS

octobre 6, 2008

En France, des catholiques insistent sur l’urgence pour tous de « revenir à la source » de l’Écriture, sans négliger l’étude du texte
I
ls ne seront pas au Synode des évêques, mais observeront ses travaux avec attention. Exégè­tes, formateurs, animateurs de groupes bibliques, ils énoncent volontiers ce qu’ils aimeraient voir mis en valeur dans les échanges des évêques sur «la Parole de Dieu ». D’abord, la place centrale de l’Écriture dans la vie de l’Église. « J’aimerais que le Synode insiste sur la dimension biblique de toute la pastorale , avance le P.Gérard Billon, théologien et responsable du service biblique catholique « Évangile et vie ». Il ne suffit pas de créer des groupes bibliques un peu partout, mais il faut que l’Écriture irrigue toute la vie de l’Église.»
Myriam Callet, responsable de la formation biblique pour le diocèse de Saint-Étienne, insiste sur la for­mation des ministres. « Il faut que le Synode redise la nécessité d’une formation à l’homélie pour les prê­tres et les diacres » , souligne-t-elle. Françoise Larroque, responsable d’un groupe biblique œcuméni­que depuis cinquante ans dans le diocèse de Saint-Denis, va dans le même sens : « Les pasteurs protes­tants sont beaucoup mieux formés et, du coup, il faut reconnaître que les protestants connaissent mieux la Bible que nous, catholiques. » Autre attente : la revalorisation de l’étude de la Bible, dont le texte est souvent déconcertant, et la culture dont il témoigne lointaine. «Beaucoup de lecteurs ont des difficultés avec l’Ancien Testament, le visage d’un Dieu violent et les textes immoraux qu’on y trouve », témoigne Myriam
Callet, qui souligne aussi le risque que le texte biblique soit « utilisé » pour « justifier des positions ».
« Pour certains catholiques, le fon­damentalisme est rassurant
, cons­tate-t-elle. Ils aimeraient pouvoir se passer d’un travail sur le texte, et prier tout de suite, parfois avant même de l’avoir lu ! »
Où en est-on aujourd’hui dans la lecture de la Bible, au sein de l’Église de France ? Après la remise en valeur de l’Écriture par le con­cile Vatican II, les communautés catholiques sont passées par trois phases. Dans les années1960 et 1970, d’abord, le boom des grou­pes bibliques, d’emblée œcuméni­ques, qui ont cherché à vulgariser une approche critique et scientifi­que du texte biblique. Deuxième étape, dans les années 1990, avec le développement des « Écoles de la Parole » et des groupes de « lectio divina », visant à promouvoir une connaissance plus intérieure des Écritures, proposant un itinéraire pour passer de la connaissance du texte à la reconnaissance de la Parole de Dieu. Aujourd’hui, les communautés sont entrées dans une nouvelle phase, caractérisée par la multiplication des initiatives visant à promouvoir une lecture suivie de l’Écriture, notamment dans le cadre des « Années de la Parole ». Un mouvement qu’il faut encourager, selon le P. Gérard Billon : « C’est une approche moins technique que l’approche historico­critique, et moins “spiritualiste” – au mauvais sens du terme – que les dé­rives auxquelles expose une mau­vaise compréhension de la “lectio divina”. » Il y a pour lui aujourd’hui une nécessité : celle d’insister sur l’importance du texte, tel qu’il est, en prenant le temps de l’observer et de l’étudier à plusieurs.
Soutenir la soif de l’Écriture, Sœur Élisabeth, moniale domi­ nicaine, aimerait voir figurer cet objectif au rang des priorités du Synode. Cette soif, elle la cons­tate à chaque rencontre du groupe biblique qu’elle anime au monas­tère Saint-Dominique de Dax. Les membres de ce groupe se situent
« à des niveaux très divers dans la vie de l’Église et la connaissance du texte »
, mais ils se donnent tous « la peine d’un travail en profondeur » , souligne-t-elle, admirative. « Dans cette rencontre avec l’Écriture, ils découvrent avec un certain émerveillement leurs racines. Je le vois à la manière dont leur regard s’intériorise. Ils sont concentrés, ten­dus vers un “plus grand”, un “plus profond”. » Pour la religieuse, il est essentiel que le Synode vienne ren­contrer cette soif. « Le Synode serait un échec s’il restait au niveau des petites recettes , prévient-elle. J’ai envie d’un souffle adressé à tous, pas seulement aux évêques ou au monde ecclésiastique, qu’on s’élève un peu, qu’on approfondisse. Que le Synode essaie de transmettre un message fort : que la Parole est fondamentale et qu’elle est source de vie. »
S’il y a une soif à ne pas dé­cevoir, il s’en faut de beaucoup qu’elle soit largement partagée. Le concile Vatican II avait pour­tant ardemment souhaité que les fidèles, « pareillement » aux clercs, bénéficient de la lecture directe de la Bible et d’une familiarité avec le texte des Écritures. « Il faut le redire et le redire , insiste Sœur Élisabeth.
Trop souvent encore la Parole reste celle de la messe, découpée par petites tranches, dans des lectures que beaucoup ne comprennent pas.» «Il y a encore nécessité de pousser l’ensemble des chrétiens à se saisir de la Parole »
, confirme le P. Jean-Pierre Lémonon, exégète, qui attend du Synode « qu’il libère vraiment la Parole de Dieu, alors que trop de chrétiens ont peur de se tromper, peur que la parole qu’ils pourraient dire sur l’Écriture ne soit pas pleinement orthodoxe ».
Cette « source » que constitue l’Écriture, le P. Gérard Billon aime­rait la voir placée à sa « juste place »,
alors que certaines communautés doivent désormais se passer de cé­lébrations eucharistiques, faute de prêtres disponibles. « Dans notre monde, où les communautés chré­tiennes ont moins la possibilité de s’abreuver à l’Eucharistie, il faut redire que la foi peut s’abreuver à la Parole de Dieu et que les commu­nautés peuvent se nourrir du pain de la Parole » , plaide-t-il. « Il faut remettre la Parole de Dieu au cen­tre des communautés chrétiennes,
insiste également le P. Jean-Pierre Lémonon. En nous rappelant que la Parole elle-même est sacrement, le signe de la présence de Dieu parmi nous. » Pour tous, enfin, le Synode ne devra pas se payer pas de mots. « C’est l’occasion pour les évêques de montrer qu’eux-mêmes se nourris­sent de ce dont ils parlent » , souligne le P. Gérard Billon, qui rappelle l’insistance du concile Vatican II :
« Nul ne peut annoncer à l’extérieur ce dont il n’est pas nourri à l’inté­rieur. »
Sœur Élisabeth va dans le même sens: «Nos évêques sont surchargés par des tâches diverses, il faut que le goût de la Parole soit revivifié en eux. »

LES HOMMES CLEFS DU SYNODE

octobre 6, 2008

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Benoît XVI, inspirateur d’un thème qui lui est cher
Le premier Synode du pape, sur l’Eucharistie en octobre 2005, avait été programmé par son prédécesseur. Cette fois, il a lui-même choisi le thème de la Parole, auquel il accorde une grande importance, persuadé, comme il l’a dit à Paris, que «la recherche de Dieu requiert intrinsèquement une culture de la Parole » . Dans son livre sur Jésus, Benoît XVI explicite ce qu’il pense être une juste méthode de compréhen­sion des Écritures. Le pape assistera aux débats dans les limites de son propre agenda. Lors du précédent Synode, il était notamment présent pour l’heure de discussions libres. Il avait aussi donné quelques méditations. Il pourra en outre s’exprimer au cours de plusieurs célébrations : messes d’ouverture et de clôture…
Cardinal Marc Ouellet, l’artisan des premières synthèses

Ce fidèle de Benoît XVI est chargé des deux rap­ports importants qui marquent la première partie de ce Synode. Dès lundi, l’archevêque de Québec présentera la « relatio ante disceptationem », qui devrait donner les grands thèmes de discussion et que les pères synodaux ont dans leurs dossiers depuis un mois. Surtout, il lui revient de proposer la synthèse des débats de la première partie du Synode, et d’indiquer les points sur lesquels il lui semble opportun de discuter dans les groupes de travail ( « relatio post disceptationem » ). Ce théo­logien, spécialiste de l’œcuménisme pour avoir été secrétaire du Conseil pontifical de l’unité des chrétiens (2000-2002), pourrait aussi insister sur la perte de la culture biblique dans nos sociétés modernes. Dans un Canada très sécularisé, il s’est beaucoup impliqué contre la loi sur l’en­seignement des religions qui met sur le même plan toutes les religions.
Mgr Laurent Monsengwo, un Africain secrétaire spécial

Pour la première fois, le secrétaire spécial du Synode, qui a un rôle important pour la rédac­tion des propositions, est un Africain. C’est faire justice à ce continent, qui représente désor­mais 15 % des catholiques du monde. Bibliste, Mgr Monsengwo est particulièrement sensible au thème de l’inculturation de la Parole de Dieu. L’archevêque de Kinshasa (République démocratique du Congo) devrait aussi mettre l’accent sur ses implications pastorales pour l’Église, lui-même étant très attentif aux réa­lités sociales de son pays et ayant joué un rôle important dans le processus de paix, après la chute de Mobutu.
Patriarche Bartholomeos I
er de Constantinople, une prime à l’œcuménisme et à l’Orient
Même Canon des Écritures, même relation à la Tradition : s’il est un sujet que catholiques et orthodoxes ont en commun, c’est bien la Bi­ble. Rien d’étonnant à ce qu’un représentant orthodoxe soit donc invité à s’exprimer devant le Synode. Il s’agit là du premier d’entre eux : le patriarche œcuménique Bartholomeos I
er de Constantinople, qui bénéficie d’une primauté d’honneur au sein de l’orthodoxie. C’est le signe de l’ouverture œcuménique de ce Synode et, par là, d’un pontificat qui a fait de la relation à l’Orient une de ses priorités.
Le rabbin Shear-Yashuv Cohen, rappel de l’ancrage juif de la Bible

Issu d’une famille où, depuis 18 générations, on est rabbin de père en fils, le grand rabbin de Haïfa peut réciter pratiquement toute la Torah. Coprésident de la Commission pour le dialogue entre Israël et le Vatican, c’est un habitué du dialogue interreligieux, y compris avec les musulmans. L’invitation à venir s’ex­primer aujourd’hui devant les pères synodaux – la première fois pour un non-chrétien – re­présente tout un symbole. C’est le signe, dans la suite du document de la commission ponti­ficale biblique de 2001 « Le peuple juif et leurs Écritures sacrées dans la Bible chrétienne », que la compréhension chrétienne de la Parole de Dieu ne peut faire l’impasse sur son ancrage dans le peuple juif.

LES HOMMES CLEFS DU SYNODE

octobre 6, 2008

Benoît XVI, inspirateur d’un thème qui lui est cher
Le premier Synode du pape, sur l’Eucharistie en octobre 2005, avait été programmé par son prédécesseur. Cette fois, il a lui-même choisi le thème de la Parole, auquel il accorde une grande importance, persuadé, comme il l’a dit à Paris, que «la recherche de Dieu requiert intrinsèquement une culture de la Parole » . Dans son livre sur Jésus, Benoît XVI explicite ce qu’il pense être une juste méthode de compréhen­sion des Écritures. Le pape assistera aux débats dans les limites de son propre agenda. Lors du précédent Synode, il était notamment présent pour l’heure de discussions libres. Il avait aussi donné quelques méditations. Il pourra en outre s’exprimer au cours de plusieurs célébrations : messes d’ouverture et de clôture…
Cardinal Marc Ouellet, l’artisan des premières synthèses

Ce fidèle de Benoît XVI est chargé des deux rap­ports importants qui marquent la première partie de ce Synode. Dès lundi, l’archevêque de Québec présentera la « relatio ante disceptationem », qui devrait donner les grands thèmes de discussion et que les pères synodaux ont dans leurs dossiers depuis un mois. Surtout, il lui revient de proposer la synthèse des débats de la première partie du Synode, et d’indiquer les points sur lesquels il lui semble opportun de discuter dans les groupes de travail ( « relatio post disceptationem » ). Ce théo­logien, spécialiste de l’œcuménisme pour avoir été secrétaire du Conseil pontifical de l’unité des chrétiens (2000-2002), pourrait aussi insister sur la perte de la culture biblique dans nos sociétés modernes. Dans un Canada très sécularisé, il s’est beaucoup impliqué contre la loi sur l’en­seignement des religions qui met sur le même plan toutes les religions.
Mgr Laurent Monsengwo, un Africain secrétaire spécial

Pour la première fois, le secrétaire spécial du Synode, qui a un rôle important pour la rédac­tion des propositions, est un Africain. C’est faire justice à ce continent, qui représente désor­mais 15 % des catholiques du monde. Bibliste, Mgr Monsengwo est particulièrement sensible au thème de l’inculturation de la Parole de Dieu. L’archevêque de Kinshasa (République démocratique du Congo) devrait aussi mettre l’accent sur ses implications pastorales pour l’Église, lui-même étant très attentif aux réa­lités sociales de son pays et ayant joué un rôle important dans le processus de paix, après la chute de Mobutu.
Patriarche Bartholomeos I
er de Constantinople, une prime à l’œcuménisme et à l’Orient
Même Canon des Écritures, même relation à la Tradition : s’il est un sujet que catholiques et orthodoxes ont en commun, c’est bien la Bi­ble. Rien d’étonnant à ce qu’un représentant orthodoxe soit donc invité à s’exprimer devant le Synode. Il s’agit là du premier d’entre eux : le patriarche œcuménique Bartholomeos I
er de Constantinople, qui bénéficie d’une primauté d’honneur au sein de l’orthodoxie. C’est le signe de l’ouverture œcuménique de ce Synode et, par là, d’un pontificat qui a fait de la relation à l’Orient une de ses priorités.
Le rabbin Shear-Yashuv Cohen, rappel de l’ancrage juif de la Bible

Issu d’une famille où, depuis 18 générations, on est rabbin de père en fils, le grand rabbin de Haïfa peut réciter pratiquement toute la Torah. Coprésident de la Commission pour le dialogue entre Israël et le Vatican, c’est un habitué du dialogue interreligieux, y compris avec les musulmans. L’invitation à venir s’ex­primer aujourd’hui devant les pères synodaux – la première fois pour un non-chrétien – re­présente tout un symbole. C’est le signe, dans la suite du document de la commission ponti­ficale biblique de 2001 « Le peuple juif et leurs Écritures sacrées dans la Bible chrétienne », que la compréhension chrétienne de la Parole de Dieu ne peut faire l’impasse sur son ancrage dans le peuple juif.

BENOIT XVI DIT L’URGENCE DE L’ANNONCE DE LA PAROLE

octobre 6, 2008

Synode des évêques
La Parole de Dieu

En ouvrant hier à Rome le Synode des évêques, le pape a vigoureusement mis en garde une culture moderne qui pense pouvoir se passer de la Parole de Dieu

ROME

Synode1

S
i d’aucuns doutaient de l’in­térêt du thème choisi pour ce Synode, la Parole de Dieu, Benoît XVI s’est chargé de le leur rappeler vigoureusement, hier, lors de la messe d’ouverture en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Dans une homélie aux accents sé­vères, qui n’était pas sans rappeler celle du cardinal Ratzinger avant l’ouverture du conclave, le pape a repris ce cri de saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évan­gile!» Annoncer l’Évangile et la Parole de Dieu est plus que jamais urgent, a-t-il martelé. Pour ce pape européen qui a une attention parti­culière à la place de la Parole dans la culture, les « peuples qui ont reçu l’annonce de l’Évangile » doivent se sentir particulièrement interpel­lés. Le pape a rappelé le déclin des premières communautés chrétien­nes, qui, florissantes alors, « ont aujourd’hui disparu et ne sont plus que dans les livres d’histoire » … Pour les vieux pays chrétiens, « ne pour­rait-il pas advenir de même à notre époque ?, s’inquiète Benoît XVI.
Des nations, un temps riches de foi et de vocations, perdent désormais leur identité propre, sous l’influence délétère et destructrice d’une certaine culture moderne.»
Et le pape ne craint pas, devant les 253 pères synodaux, d’évoquer même le « châtiment » divin, auquel Dieu a « souvent dû recourir » devant « la froideur et la rébellion de chrétiens incohérents ».
Rarement Benoît XVI, qui s’expri­mait dans la basilique même où, il y a cinquante ans, Jean XXIII a lancé le concile Vatican II, aura été aussi dur sur notre société qui a « éliminé Dieu de son propre horizon ». Une société où ne règnent que «l’arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injus­tice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions». Faut-il pour autant désespérer ? Non, répond Benoît XVI qui, de manière là encore assez étonnante, semble indiquer que l’avenir du christianisme est ailleurs qu’en Europe. « Si dans cer­taines régions la foi s’affaiblit jusqu’à s’éteindre, il y aura toujours d’autres peuples prêts à l’accueillir. »
Où les pensées de Benoît XVIse dirigent-elles ? Peut-être vers l’Afri­que : le secrétaire spécial du Synode n’est-il pas pour la première fois un évêque de ce continent ? Ou encore vers l’Asie, bien représentée, même si, cette fois encore, il n’a pas été pos­sible de faire venir des évêques de Chine continentale. Mais sans doute pense-t-il d’abord à l’Église d’Europe qu’il veut, avant que les discussions ne commencent, alerter.
C’est bien là la manière de ce pape qui, ennemi du politiquement correct, ne craint pas d’employer la manière dure pour mieux marquer son propos. « Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le cœur de l’homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque com­munauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle» , souligne-t-il alors, expliquant par là le choix du thème de cette XII
e assemblée du Synode.
«Il faut que l’Église fasse vraiment de la Parole le socle de toute sa vie»
, insiste d’ailleurs, à la sortie de la basilique Saint-Paul-hors­les-Murs, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne (Guyane), l’un des quatre délégués de la Conférence des évêques de France. «Mais pour cela , continue-t-il, il faut qu’elle cesse d’avoir peur de la donner largement autour d’elle. » Peur ? « On craint tel­lement que les gens se trompent en la lisant! On n’a pas suffisamment confiance dans la puissance de cette Parole! Il faut que les prêtres aient constamment cette Parole à la main, à la bouche, qu’ils en donnent le goût. » « Impulser dans l’Église une lecture “goûteuse” de la Bible» , c’est aussi ce que Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, attend de ce Synode. « Une Parole qui ne soit pas seulement un objet d’étude ou d’his­toire , explique-t-il. Il faut étudier la Parole, mais cette étude doit permettre de l’accueillir pour nous aujourd’hui. »
Selon lui, c’est l’un des objectifs des évêques français qui, à l’occasion de leur réflexion sur la catéchèse, souhaitent justement remettre au goût du jour la lectio divina. Une expérience parmi d’autres, que les évêques français partageront aux pères synodaux qui débuteront leurs travaux dans la salle du Synode de l’aula Paul-VI, au Vatican.

BENOIT XVI DIT L’URGENCE DE L’ANNONCE DE LA PAROLE

octobre 6, 2008

Synode des évêques
La Parole de Dieu

En ouvrant hier à Rome le Synode des évêques, le pape a vigoureusement mis en garde une culture moderne qui pense pouvoir se passer de la Parole de Dieu

ROME



S
i d’aucuns doutaient de l’in­térêt du thème choisi pour ce Synode, la Parole de Dieu, Benoît XVI s’est chargé de le leur rappeler vigoureusement, hier, lors de la messe d’ouverture en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Dans une homélie aux accents sé­vères, qui n’était pas sans rappeler celle du cardinal Ratzinger avant l’ouverture du conclave, le pape a repris ce cri de saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évan­gile!» Annoncer l’Évangile et la Parole de Dieu est plus que jamais urgent, a-t-il martelé. Pour ce pape européen qui a une attention parti­culière à la place de la Parole dans la culture, les « peuples qui ont reçu l’annonce de l’Évangile » doivent se sentir particulièrement interpel­lés. Le pape a rappelé le déclin des premières communautés chrétien­nes, qui, florissantes alors, « ont aujourd’hui disparu et ne sont plus que dans les livres d’histoire » … Pour les vieux pays chrétiens, « ne pour­rait-il pas advenir de même à notre époque ?, s’inquiète Benoît XVI.
Des nations, un temps riches de foi et de vocations, perdent désormais leur identité propre, sous l’influence délétère et destructrice d’une certaine culture moderne.»
Et le pape ne craint pas, devant les 253 pères synodaux, d’évoquer même le « châtiment » divin, auquel Dieu a « souvent dû recourir » devant « la froideur et la rébellion de chrétiens incohérents ».
Rarement Benoît XVI, qui s’expri­mait dans la basilique même où, il y a cinquante ans, Jean XXIII a lancé le concile Vatican II, aura été aussi dur sur notre société qui a « éliminé Dieu de son propre horizon ». Une société où ne règnent que «l’arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injus­tice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions». Faut-il pour autant désespérer ? Non, répond Benoît XVI qui, de manière là encore assez étonnante, semble indiquer que l’avenir du christianisme est ailleurs qu’en Europe. « Si dans cer­taines régions la foi s’affaiblit jusqu’à s’éteindre, il y aura toujours d’autres peuples prêts à l’accueillir. »
Où les pensées de Benoît XVIse dirigent-elles ? Peut-être vers l’Afri­que : le secrétaire spécial du Synode n’est-il pas pour la première fois un évêque de ce continent ? Ou encore vers l’Asie, bien représentée, même si, cette fois encore, il n’a pas été pos­sible de faire venir des évêques de Chine continentale. Mais sans doute pense-t-il d’abord à l’Église d’Europe qu’il veut, avant que les discussions ne commencent, alerter.
C’est bien là la manière de ce pape qui, ennemi du politiquement correct, ne craint pas d’employer la manière dure pour mieux marquer son propos. « Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le cœur de l’homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque com­munauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle» , souligne-t-il alors, expliquant par là le choix du thème de cette XII
e assemblée du Synode.
«Il faut que l’Église fasse vraiment de la Parole le socle de toute sa vie»
, insiste d’ailleurs, à la sortie de la basilique Saint-Paul-hors­les-Murs, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne (Guyane), l’un des quatre délégués de la Conférence des évêques de France. «Mais pour cela , continue-t-il, il faut qu’elle cesse d’avoir peur de la donner largement autour d’elle. » Peur ? « On craint tel­lement que les gens se trompent en la lisant! On n’a pas suffisamment confiance dans la puissance de cette Parole! Il faut que les prêtres aient constamment cette Parole à la main, à la bouche, qu’ils en donnent le goût. » « Impulser dans l’Église une lecture “goûteuse” de la Bible» , c’est aussi ce que Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, attend de ce Synode. « Une Parole qui ne soit pas seulement un objet d’étude ou d’his­toire , explique-t-il. Il faut étudier la Parole, mais cette étude doit permettre de l’accueillir pour nous aujourd’hui. »
Selon lui, c’est l’un des objectifs des évêques français qui, à l’occasion de leur réflexion sur la catéchèse, souhaitent justement remettre au goût du jour la lectio divina. Une expérience parmi d’autres, que les évêques français partageront aux pères synodaux qui débuteront leurs travaux dans la salle du Synode de l’aula Paul-VI, au Vatican.

LES MECANISMES DE LA CRISE FINANCIERE

octobre 6, 2008

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