La Presse écrite ivoirienne dans la Gestion de la Crise socio-politique de Janvier 2003 à Novembre 2004: une éthique chrétienne de la communication

LA PRESSE ECRITE IVOIRIENNE DANS LA GESTION DE LA CRISE SOCIO-POLITIQUE DE JANVIER 2003 A NOVEMBRE 2004: UNE ETHIQUE CHRETIENNE DE LA COMMUNICATION

Par Francis Gervais SAMS, cjm, sous la direction du Père Mawuto Roger AFAN, op.

Ce Mémoire de Maîtrise en Théologie Morale a pour titre « La Presse écrite ivoirienne dans la gestion de la crise socio-politique de janvier 2003 à Novembre 2004: une éthique chrétienne de la communication. » Son auteur M. Francis Gervais SAMS de la communauté des frères eudistes, pense que, « face aux manquements manifestes à l’éthique et à la déontologie du métier de journaliste, une éthique de la communication fondée sur la Parole de Dieu, peut ouvrir des chemins d’espérance pour la presse écrite en Côte d’Ivoire » (p.2) Votre travail est excellent et de très bonne facture. Vous avez une bibliographie fouillée. Le style est alerte et l’argumentation soutenue. Nous croyons en la perfection et c’es pourquoi nous vous invitons à présent au dépassement. L’intitulé du sujet appelle quelques remarques de notre part. Nous aurions aimé voir dans le travail, une définition plus claire du mot communication. Communiquer signifie, selon le Dictionnaire d’éthique et de morale, mettre ou avoir quelque chose en commun, sans préjugé en ce quelque chose ni des voies qui servent à la transmission, non plus que des termes (individus, groupes, objets) qui s’activent au partage » (Lucien Spez, col. 275). La communication, du point de vue dal ma chine représentative, c’est le message qu’un sujet émetteur envoie à un sujet récepteur par un canal. Du point de vue de l’organisme expressif, elle est l’insertion d’un sujet complexe dans un environnement lui-même complexe. Le sujet fait partie de l’environnement, et l’environnement fait partie du sujet. Enfin, du point de vue de la confusion généralisée, la communication n’est plus la répétition imperturbable du même (tautologie) dans le silence du sujet mort, ou sourd-muet, enfermé dans sa forteresse intérieure (autisme), capté par un grand Tout qui l’englobe et dissout jusqu’au moindre de ses atomes paradoxaux. La communication se fait ici de soi à soi-même, mais d’un soi dilué dans un tout. Cette communication-là est celle d’un non-soi à un non-soi-même.

Nous aurions souhaité que l’auteur parle plutôt d’une éthique de l’information car il traite dans ce travail de la presse, « canal par lequel le journaliste communique une information au public » (p.3). Il a manqué à ce mémoire un arrière-fond conceptuel sur l’éthique de l’information que Boris Libois définit de façon remarquable dans son ouvrage éthique de l’information. Essai sur la déontologie journalistique. Pour M. Libois, « si le droit est l’ensemble des règles à portée contraignante imposées de manière extérieure à la profession de journaliste sans nécessairement obtenir son accord préalable, en revanche la déontologie serait l’ensemble des règles et principes qui, visant aussi l’exercice de la profession, sont formulés par elle-même. Ces règles professionnelles ont une portée strictement morale ou, éventuellement, contraignante quand elles sont assorties d’un organe disciplinaire interne à la profession » ‘p. 5) M. Sams ne fait pas de distinction rigoureuse entre éthique et déontologie dans ce travail, quand pour le cas présent ivoirien, il part de la « grille de lecture de l’OLPED, pour relever les manquements effectifs inscrits au passif de la presse écrite en Côte d’Ivoire » (p.14) Il aurait dû montrer les rapports entre le droit et la déontologie dans ce travail qui sont pluriel: impératifs redondants (protection de la vie privée, refus de la diffamation et de la calomnie), impératifs contradictoire (protection des sources des journalistes versus obligation de témoigner dans le cadre d’une instruction judiciaire ou d’un procès), ou impératifs complémentaires (le droit peut-il, sans passer par un juge ou une instance de régulation, prévoir et couvrir l’ensemble des cas particuliers qui peuvent se présenter? » (p. 5). M. Sams aurait dû établir la distinction entre éthique et déontologie pour le métier de journaliste: « la déontologie, la morale professionnelle, étant l’ensemble codifié des prescriptions et interdictions de comportement que l’éthique légitimerait, fonderait en droit, en principes universels. L’éthique est la hiérarchie de valeurs ou la loi (Kant) que la morale se charge de traduire en prescrits et interdits pratiques, en maximes. En ce cas d’espèce, la déontologie serait l’équivalent de la morale locale, l’ensemble des balises explicites de la pratique professionnelle. Qu’elle serait alors l’éthique journalistique? L’éthique journalistique est d’abord une éthique descriptive et normative. L’éthique descriptive est l’ensemble des valeurs sous-jacentes à la pratique professionnelle quotidienne des journalistes, des valeurs qu’il s’agira de mettre à jour dans une approche sociographique et historique. Ces valeurs, étroitement liées à leur conception du métier, sont agissantes dans les choix qu’ils effectuent quotidiennement, sans qu’elles soient toujours reconnues comme telles par les praticiens. A l’inverse, l’éthique normative (ou prescriptive) est la définition a priori de la pratique journalistique idéale et des droits et devoirs qui y sont liés. Un modèle énoncé dans les codes déontologiques à l’aune duquel on pourra apprécier les écarts de conduite des journalistes et opérer la mie en perspective de l’éthique descriptive. L’éthique normative est synonyme de règles déontologiques théoriques. A titre d’illustration, M. Libois révèle, les trois grands principes qui traversent l’ensemble des codes déontologiques de journalisme: – respect et défense du droit à l’information du citoyen et des moyens nécessaires pour le rencontrer: protection des sources; diffusion d’informations vraies et exactes, honnêtes et complètes; distinction entre fait et commentaire, information et opinion; recours à des méthodes honnêtes et décentes pour se procurer l’information (rejet des vol, recel, abus de confiance, recours au déguisement, violation du secret professionnel ou du secret de l’instruction). Cette dernière prescription peut se trouver en contradiction avec le secret des sources: l’arbitrage relèvera alors souvent de la seule conscience du journaliste au regard du droit du public à l’information. – respect et défense des autres droits individuels du citoyen: droit à la dignité et droit à l’honneur; droit à la santé physique et mentale; droits du consommateur et droit à l’expression dans les médias droit de réponse. Et plus particulièrement le droit au respect de la personnalité: l’individu jouit du droit de protéger les différentes composantes de son identité, y compris ses dimensions publiques (droit au respect de la vie privée, présomption d’innocence, droit à la réputation, droit à l’image, droit à la voix, secret des communications). En cas d’abus, pour les uns, les cours et tribunaux doivent se cantonner dans un strict contrôle a posteriori, un système respectueux des libertés constitutionnelles et de l’interdiction de la censure préalable. Pour d’autres, le droit à l’information ne justifiant pas les atteintes à la personnalité individuelle, chacun devrait disposer d’un pouvoir d’autorisation préalable sur la divulgation par les médias de son identité ou de sa photographie; préservation de l’harmonie sociale: pas d’incitation à la haine ou d’appel à la désobéissance civile.

Dans l’éthique normative, la conception préalable du métier opère également mais comme norme, comme étalon de qualité. (p. 7), Pour plus d’amples développements sur cette éthique et sur la méta-éthique et l’éthique comme stratégie, nous vous renvoyons à l’ouvrage précité aux pages 8ss.

Nous aurions aimé voir un sommaire à la place de la table de matières et garder la table de matières pour la fin du texte. Dans votre problématique (p.3), nous apprécions beaucoup votre définition du journalisme. Nous aurions voulu une autre définition qui relève mieux le lien du journaliste et du politique et qui montre un peu son côté pervers. Tenez par exemple celle de Max Weber qui écrit: « Le journaliste partage le même sort que tous les démagogues ainsi que – du moins sur le continent,… il échappe à toute classification sociale précise. Il appartient à une sorte de parias que la société juge toujours socialement d’après le comportement de ses représentants les plus indignes du point de vue de la moralité. C’est pourquoi l’on colporte couramment les idées les plus saugrenues sur les journalistes et sur leur métier. » (Savant et la politique Paris 10/18, 1963, p.159). Toujours par rapport à cette problématique(p.3) et lorsque vous parler de l’objet de votre recherche (p.32), nous respectons vos sources, en l’occurrence celles de Pierre Trichet, qui est doué d’une culture éclectique remarquable. Mais en prenant du recul par rapport à ce travail, vous auriez vu qu’il manque une approche plus pédagogique. En effet, dans leur ouvrage Déontologie des médias, instructions pratiques et nouvelles approches dans le monde ‘Unesco 2000, MM. Henri Pigeat et Jean Huteau, relèvent que de 1960 jusqu’en avril 1990, sous Houphouet Boigny, « le journaliste était au service du parti et du gouvernement. Dès lors prévalaient une rétention et un contrôle de l’information, l’absence de toute critique (…) la censure et l’autocensure des journalistes(…) Dans les années 1980, des événements tels que le rapt d’un ministre, le limogeage subit de deux ministres et l’explosion d’une bombe dans une chambre réservée à un président étranger ont été passés sous silence. (…) Le pouvoir ivoirien a également multiplié les mesures restrictives à l’endroit des médias étrangers ». (p. 65). La presse appartenant au gouvernement occupe toujours une place prépondérante avec Fraternité Matin (50.000 exemplaires) et Ivoire Soir (40.000 exemplaires). La presse quotidienne comprend 14 quotidiens dont le tirage global est d’environ 110000 exemplaires alors que c’était le chiffre atteint par Fraternité Matin en 1980. La presse privée bénéficie (1990) de la reprise et a vu ses tirages augmenter. La transition vers la démocratie a été malaisée. Au début des années 1990, le gouvernement crée le Fonds d’aide à la presse destiné à encourager le pluralisme et fait voter des lois libéralisant la presse écrite. C’est aussi l’époque où se constitue l’Union des Journalistes. Le reste se trouve dans votre texte et nous vous en félicitons.

Nos auteurs poursuivent en disant:  » le retour à la liberté n’est pas sans poser de multiples questions dont certaines sont déontologiques. On a dénoncé « l’absence de formation professionnelle, manque de conscience professionnelle, dilettantisme, mauvaise foi, excès de zèle, ignorance, pressions politiques et religieuses » (p. 66). Un concept comme celui de la presse poubelle aurait trouvé une place dans la partie critique de votre travail. Nous vous renvoyons à l’article de Sotinel « le retour de la presse poubelle » paru dans le Monde (Paris) du 29 Avril 1999. En effet, cette presse qui mélange politique et atteintes à la vie privée, parfois sur un ton pornographique ou ordurier reste un problème. En 1999, le président Henri Konan Bédié se demandait aussi « si la maladie infantile de la presse pluraliste en Côte d’Ivoire serait le renoncement à toute considération de probité et de conscience au profit d’une culture de haine et de division » la correspondance de la presse (Paris, 5 mai 1999) Au début de sa présidence, le président Bédié, successeur d’Houphouët Boigny, s’est heurté à la nouvelle presse avec des mesures souvent sévères (arrestations emprisonnements). De nombreux journalistes ont réagi aux abus de la presse populaire en ayant recours à la justice. Les journalistes ont opté pour l’autorégulation. Toujours pour enrichir votre approche de la problématique nous aurions souhaité voir dans le texte, la législation ivoirienne en matière de presse (la loi sur la presse n° 1033 du 17 décembre 1991). Cette loi a supprimé l’autorisation préalable et ne prévoit plus que l’enregistrement des nouveaux médias (au parquet cependant). Elle a créé la Commission national de la presse (CNR) chargé de l’application de la loi et dont le président est nommé par le Président de la République. L’article 53 prévoit que les poursuites contre les délits de presse peuvent être engagées non seulement contre les directeurs et les éditeurs mais aussi contre les imprimeurs, les distributeurs et les afficheurs. Un droit de réponse est prévu. Parmi les délits de presse figurent les offenses au Chef de l’Etat et aux différentes autorités ainsi que l’injure et la diffamation. Nous aurions aussi voir exposé ce fameux code de déontologie, ne serait-ce qu’en document annexe. Pour ce qui est de votre revue de littérature, il y a du travail à faire: je voudrais vous recommander fortement de lire des journalistes comme Tiburce KOFFI, Côte d’Ivoire, l’agonie du jardin, du grand rêve au désastre (NEI/CEDA 2006), Alphonse VOHO SAHI, Focal, les mots pour le dire (NEI 2005), et KOUAKOU GBAHI Kouakou, Le peuple n’aime pas le peuple, Gallimard 2006). D’autres remarques:

Une remarque, Maurice Bandaman est très marqué politiquement au RDR et son ouvrage, pour ma part, ne peut pas être classé dans les écrits visionnaires de cette crise.(p.7)

Les données sur la Côte d’Ivoire méritent d’être actualisées (p. 20)

Sur les attributs du Logos comme fondements de l’agir journalistique, je vous renvoie à Michel Serres, Hermès I, la communication Minuit 1969 et notre communication Au commencement était le logos: du logos d’Hermès au logos d’Héraclite publication du Colloque de Multitudes sur la Bouche Plurielle, janvier 2007, pp. 177ss

Je m’interroge sur la neutralité de Villepin p.107, quand on sait l’implication de la France dans la crise ivoirienne.

Ma première question: pouvez-vous me dire un mot du statut philosophique et juridique de la liberté de la presse dans ses rapports avec la liberté d’expression?

Deuxième préoccupation: Ne croyez-vous pas que la gestion sociale de cette liberté d’expression qui est aux bons soins des journalistes rende l’autorégulation inefficace et illégitime, dans sa prétention à offrir un moyen convenable de parer au sceptre de l’intervention étatique?

Nous ne pourrions terminer ce travail sans relever quelques fautes de style et de grammaire et d’orthographe: p.2, l. 4, p. 40, l. 4, p.46, l. 18, p.47, titre1, p.47,l. 3, p. 59, titre 1.3, p. 59, l. 5, p. 59, titre 1.3.1, p. 63, titre 1.3.2., p. 90, l. 11, p. 110, l. 11, l.12, « événements », p.4, l.7-8, il manque un pluriel., p. 5, l. 15, faute d’orthographe. p.7, l. 8, p. 8, l. 6, , p.9, l. 5, p. 12, l. 10, p. 29, l. 7, p.36, l. 10, p.37, l. 7, p. 40, l. 8, p. 42, l. 21, p. 59, l. 15, p. 66, l. 3, l.15, p.68, l. 17, p. 83, l. 8, p. 84, l. 4, l. 9, p. 85, l. 4, , p.87, l. 6, p.88, l. 3il faut une majuscule après : « … », p. 10, l.5, p. 29, l. 13, il faut un « s », p. 13, l.16, il manque une virgule après, projet de vie, p.14, l.8, où, p.16, l.16, « vue », p.17, l.3, un accord pour le « nous », p. 20, l.14, « Portugais », p.33, l. 8, mot « prospère » mal écrit. p. 40, l. 6, « du » à la place de « de le », p. 43, l. 5, « œuvrent », p. 46, l.5-6, « bords politique différents », p. 46, l.19, « tenter », p. 54, l. 5, il manque des traits d’union., p. 59, l.8, « n’ait », p. 60, l. 5, il manque un tiret, p. 59, l. 17, « négocier », p. 70, l. 2, majuscule et élision, ibidem, l. 8, p. 78, l. 8 « a », p. 81, l. 3 « cette étape »., p. 88, dernière ligne « entre », p.89, l. 15, « de par », p. 90, l. 5, faute de ponctuation. p. 96, l. 7 « tout aléa » ou « tous les aléas », p. 119, l.16, il manque un tiret.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :