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SEMINAIRE SUR JACQUES MARITAIN3

avril 21, 2008

PHILOSOPHIE  CHRETIENNE DE L’HISTOIRE

          Les considérations sur le déterminisme et la liberté en histoire permettent en outre certaines prévisions chronologiques relatives à la réalisation de l’idéal historique d’une chrétienté nouvelle. L’effort de ceux qui travaillent à une nouvelle chrétienté ou bien permettra à la liquidation d’un monde trop chargé d’antinomies pour durer, de s’accomplir comme une crise de croissance sans faire passer les hommes par des expériences trop cruelles; ou bien fera, si la catastrophe doit venir, que la nuit sera du moins traversée de quelques rayons de la future aurore.

3. DES INFLUENCES SURNATURELLES A l’OEUVRE DANS L’HISTOIRE DE LA CULTURE

          Au-dessus des forces naturelles et culturelles, il y a des forces surnaturelles et transculturelles de la grâce qui les guident, les illuminent et les soutiennent. Dans le christianisme, elles atteignent leur maximum d’intensité et par conséquent leur plus haute possibilité de rayonnement sur l’histoire culturelle.

1. Le christianisme ou l’Eglise

          Le christianisme ou l’Eglise, Royaume qui n’est pas de ce monde, tend par surcroît à illuminer les formations culturelles et politiques et à Susciter ainsi des chrétientés.

"Ce mot chrétienté, tel que Jacques Maritain l’entend ici, désigne un certain régime commun temporel dont les structures portent, à des degrés et selon des modes fort variables du reste, l’empreinte de la conception chrétienne de la vie. Il n’y a qu’une vérité religieuse intégrale; il n’y a qu’une Eglise catholique; il peut y avoir des civilisations chrétiennes, des chrétientés diverses."(1)

          Le plus formidable bouleversement culturel qui se soit jamais produit, il n’est pas dû à un événement culturel, mais à un événement transculturel, à savoir le lever du christianisme au-dessus de l’horizon de l’histoire…Le problème de la place de l’homme dans l’univers, le problème des rapports de la grâce divine et de la liberté humaine, le problème enfin de l’attitude pratique de la créature devant sa destinée, comment le chrisianisme, en faisant passer de la pénombre dans la lumière ces trois problèmes qui caractérisent les civilisations, et en obligeant les hommes à se prononcer à leur propos, n’aurait-il pas influencé le cours de l’histoire humaine plus puissamment que n’importe quelle découverte géographique ou technique?

          Les principes du christianisme, appliqués sous un ciel historique donné, ont suscité la chrétienté médiévale; comme ensemble, elle est périmée et Olivier Lacombe refuse de "solidariser le christianisme avec une formation culturelle aujourd’hui finie"(2) De la même façon, il refuse "d’autre part toute formation culturelle hostile au christianisme."(3) Car il sait que "les mêmes principes du christianisme, dont la richesse est infinie, sont capables, sous un ciel historique nouveau, par une application transposée et analogique, de susciter une chrétienté nouvelle, elle aussi transposée et analogique"(4)

          Dans Humanisme Intégral, Jacques Maritain renchérit sur la chrétienté, en ces termes:

          "Aujourd’hui, dans l’ordre de la philosophie de la culture ou  de la civilisation, nous avons affaire, d’une part à des conceptions d’inertie univociste qui s’attachent à ce qu’il y a précisément de mort dans l’idéal temporel de la chrétienté médiévale, d’autre part à toute une idéologie de décomposition révolutionnaire qui s’élève contre l’idée même de chrétienté. Nous pensons qu’ici encore la vérité doit être cherchée comme un sommet entre deux erreurs opposées. C’est vers l’instauration d’une véritable et authentique chrétienté, fidèle aux principes immuables de tout ordre temporel vitalement chrétien, et pure de toute erreur provenant de l’idéologie antichrétienne et de ce que nous appelions à l’instant de dissolution dépensive, que nous devons nous orienter; mais vers une chrétienté, réalisant selon un type spécifiuement différent de celui du moyen âge les exigences immuables d’une vie temporelle chrétienne, qui sont des exigences analogiques et non pas uniqvoques. Pris dans son essence, l’idéal médiéval d’une société sacrale chrétienne n’est pas mauvais, puisqu’il a été bon. Mais existentiellement il correspond à quelque chose de fini. S’il nous est permis d’employer d’une façon paradoxale le langage de la métaphysique dans le registre de la philosophie de l’histoire, disons que cet idéal ou cette image prospective a été vraiment une essence, c’est-à-dire un complexe intelligible capable d’existence et appelant l’existence, mais qu’à présent et par rapport à l’existence concrète et datée de l’âge historique où nous entrons, ce n’est plus qu’un être de raison conçu ad instar entis, et capable d’exister." (5)

          Cela est clair. Trop clair même pour n’être pas incommode et ne pas se changer aux yeux de certains – partout la même sorte de gens – en idoisi veri. Voilà pourquoi il ajoute encore:

"Loin de nier ou de négliger aucun des principes éternels invoqués par l’Eglise, je me suis appliqué dans mes livres à la fois à justifier les modes de réalisation qu’une époque sacrale comme le moyen-âge a donnés à ces principes (là-dessus certains m’ont accusé de vouloir retourner au temps de Grégoire VII), et à montrer que notre époque demande d’autres modes de réalisation des mêmes principes; je ne dis pas (absit) l’abandon de ces mêmes principes, abandon qui est à la racine des erreurs du libéralisme! Je dis tout le contraire, car appliquer un principe est le contraire de l’abandonner! Là est toute la confusion que la calomnie met à l’oeuvre contre moi."(6)

2. Impulsion sécrète du christianisme dans la culture

          Ce n’est pas seulement son idéal historique concret qu’une culture reçoit du christianisme, c’est encore une impulsion secrète qui la jette hardiment en avant dans l’aventure de l’histoire. Oh, sans doute le chrétien ne sera jamais à la hauteur du christianisme. Selon, Jacques Maritain,

"Le chrétien aura toujours tendance à se reposer trop tôt, -comme s’il pouvait, le malheureux, se reposer ailleurs que là où son Dieu est cloué. La faiblesse humaine cherche à dormir; quand ce n’est pas le doute du vieux stoïque humaniste, ce sont les vérités éternelles qu’elle prend pour oreiller. S’il n’est pas tenu en éveil par une communion douloureuse avec tous les souffrants et les maudits de la vie terrestre, le chrétien risque de dormir sur l’amour même qu’il a reçu.

Mais enfin le christianisme est tout le contraire d’un tel sommeil. Le christianisme authentique a en horreur le pessimisme d’inertie; il est pessimiste et profondément pessimiste en ce sens qu’il sait que la créature est tirée du néant; mais son optimisme est incomparablement plus profond que son pessimisme parce qu’il sait que la créature vient de Dieu et que tout ce qui vient de Dieu tend à Dieu. Un humanisme réellement chrétien n’immobilise pas l’homme, pour le bien comme pour le mal, à aucun moment de son évolution; il sait que non seulement dans son être social, mais dans son être intérieur et spirituel, l’homme n’est encore qu’une ébauche nocturne de lui-même, et qu’avant d’atteindre à sa figure définitive – après le temps – il devra passer par bien des mues et des renouvellements. Car il y a une nature humaine immuable comme telle, mais c’est précisément une nature en mouvement, la nature d’un être de chair fait à l’image de Dieu, c’est-à-dire étonnamment progressif dans le bien et dans le mal. Et il y a des vérités éternelles immuables comme telles, mais qui précisément contraignent lhistoire à faire surgir sans cesse des climats nouveaux, pour qu’elles puissent réaliser sous des formes diverses leurs virtualités dans le temps et dans les choses du temps.

S’il est vrai que le mal et le malheur seront toujours aux prises avec l’homme, c’est sous des formes nouvelles et en révélant de nouvelles profondeurs; car la mort elle-même change de visage avec le temps. Et le bien et la joie révéleront aussi jusqu’à la fin ds profondeurs nouvelles. S’il est vrai que la loi du conflit créateur s’imposera toujours à l’homme, c’est pour passer à des formes supérieures de paix active et d’intégration transfiguratrice. S’il est vrai que le coeur de l’homme souffrira toujours de l’angoisse de la béatitude, ce n’est pas parce que l’homme serait condamné à stagner toujours ici-bas dans une vie étroite et misérable, c’est parce que la vie la plus large et la plus abondante sera toujours quelque chose de petit, comparée aux dimensions de son coeur."(7)

3. L’action exercée par le christianisme à partir du haut 

          Pour avoir une idée complète du rôle du christianisme à l’égard du progrès social et du mouvement contrasté de l’histoire, il faut considérer à la fois l’action exercée par lui à partir du haut, c’est-à-dire à partir des initiatives de l’Eglise enseignante; et l’action exercée par lui, à partir du bas, c’est-à-dire, à partir des initiatives chrétiennes au sein de la conscience profane; les croyants agissent alors non en tant que croyants et au nom de l’Eglise, mais en tant que membres de la cité terrestre, en tant que citoyens qui ont à lutter pour un idéal temporel et à s’engager, à leurs risques et périls individuels, dans le combat pour la justice sociale et le progrès de la civilisation. A propos de ces progrès sociaux, Maritain pense qu"

"(ils) s’accomplissent ainsi (et) supposent à la fois certaines possibilités techniques et une plus ou moins longue maturation morale. Il en a été ainsi pour l’abolition de l’esclavage antique. Cette abolition était conditionnée d’une part par certains progrès techniques…D’autre part, ce n’est pa en vertu d’une loi que l’Eglise aurait promulguée en matière sociale temporelle, c’est en vertu d’un lent développement vital que le christianisme a peu à peu évacué de la conscience morale, la nécessité de l’esclavage, et l’a finalement évacuée de l’existence."(8)

          En matière sociale, l’Eglise a produit des Encycliques mais celles-ci ne sont pas toujours bien acceptées. Pourtant malgré ces résistances, ce enseignement

"apparaît de fait comme la plus puissante dont soit capable au monde un enseignement désarmé, – désarmé et d’autant plus prestigieux"(9)

          L’historien est ainsi appelé à distinguer les trois zones de réalisation de cet enseignement.

  • La première : les tentatives opérées par certains chefs d’Etat catholiques pour faire des maximes des encycliques le programme immédiat d’une reconstruction politique ou nationale à effectuer par voie d’autorité. C’est celle qui comporte le plus grand risque de déception: Exemple l’Autriche devant l’Ansschluss.
  • La deuxième: l’influence exercée sur la législation des divers Etats, soit par des hommes qui s’inspirent directement des encycliques, soit par un effet indirect de celles-ci: Exemple M. Léon Blum utilisant les projets de lois des députés catholiques.
  • La troisième: l’action que les enseignements de l’Eglise exercent sur la masse des catholiques du monde entier. Zone de réalisation la plus vaste, la plus indéterminée, la plus féconde.

          Les actions du haut et du bas doivent se rejoindre, et agir en constant accord. Malheureument très souent il y a distance et dyschronie ou parfois opposition entre elles Et Olivier Colombe de dire son dépit:

"C’est là une inévitable rançon de la condition d’un monde dont la tension et le conflit sont une des lois, et où par surcroît règne la division religieuse, et où le mal a sa part. D’une façon générale, la fidélité rigoureuse à la plus pure vérité et l’efficience passionnée dans les combats du monde et les plus grandes conquêtes temporelles se rencontrent rarement dans les mêmes hommes et dans les mêmes régions de l’effort humain."(10)

 

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1) Humanisme Intégral, p. 144

2) LACOMBE(Olivier).- "Philosophie chrétienne de l’histoire" dans Jacques Maritain. Son Oeuvre Philosophique. Revue Thomiste, LVI è Année, Tome XLVIII, n° I-II (Paris, Desclée de Brouwer 1948), p. 43

3) LACOMBE(Olivier).- "Philosophie chrétienne de l’histoire" dans Jacques Maritain. Son Oeuvre Philosophique. Revue Thomiste, LVI è Année, Tome XLVIII, n° I-II (Paris, Desclée de Brouwer 1948), p. 43

4) LACOMBE(Olivier).- "Philosophie chrétienne de l’histoire" dans Jacques Maritain. Son Oeuvre Philosophique. Revue Thomiste, LVI è Année, Tome XLVIII, n° I-II (Paris, Desclée de Brouwer 1948), p. 43

5) Humanisme Intégral, , p. 223.

6) El Diaro Illustrado, Santiago, 6 Mai 1944, dans Raison et raisons, p. 260

7) Humanisme Intégral, pp. 65-66

8) L’Eglise et le progrès social dans Raisons et raisons, pp. 300-312.

9) LACOMBE(Olivier).- "Philosophie chrétienne de l’histoire" dans Jacques Maritain. Son Oeuvre Philosophique. Revue Thomiste, LVI è Année, Tome XLVIII, n° I-II (Paris, Desclée de Brouwer 1948), p. 45.

10) LACOMBE(Olivier).- "Philosophie chrétienne de l’histoire" dans Jacques Maritain. Son Oeuvre Philosophique. Revue Thomiste, LVI è Année, Tome XLVIII, n° I-II (Paris, Desclée de Brouwer 1948), p. 46.

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Discussion sur LES CINQ PREUVES THOMISTES DE L’EXISTENCE DE DIEU1

avril 21, 2008

 

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LES CINQ PREUVES THOMISTES DE L’EXISTENCE DE DIEU1

Le Compendium theologiae

           Nous distinguons les dates des deux parties du Compendium: la première date des années 1265-1267 et la seconde du retour de Naples(1272). Ce livre est sans doute avec le Contra gentiles un des parallèles les plus proches de la prima via de la Summa.

Le commentaire des Physiques

          Avant dernière réplique de la prima via, la recherche de l’existence de Dieu dans le Commentaire des Physiques conforme une date proche de la prima pars de la Summa. L’usage de l’acte et de la puissance y est présent, calquant apparemment de près la prima via de la Summa, le tout avec un souci d’intégrer la pensée d’Aristote face aux données de la Révélation ou de la foi.

Le commentaire des métaphysiques

          En raison de sa longueur, ce commentaire est difficile à dater. Il reste assez proche de la prima via de la Summa. C’est un texte important car St Thomas semble y affirmer assez clairement la justification essentielle de la non-régression à l’infini: l’antériorité de l’acte sur la puissance. St Thomas fait ainsi aboutir la démonstartion d’Aristote au livre XII (Mét. A), en utilisant cette antériorité de l’acte sur la puissance ainsi que toutes les données de Physiques VIII. Sa reconnaissance des liens qui unissent acte et fin lui permet de mettre en valeur toute l’originalité d’Aristote. La méthodologie semble de ce point de vue très analogue à la prima via. Ce commentaire présente un intérêt historique important. Il est le dernier lieu des oeuvres d’enseignement universitaire de St Thomas. Or, dans cette dernière recherche rigoureuse, tout l’effort de l’intelligence de l’existence de Dieu est axé sur l’antériorité de l’acte sur la puissance.

Le commentaire de l’évangile de st Jean

          Ce commentaire qui a été écrit pendant la période de maturité vers 1270-1272, expose dans son prologue quatre voies, dont la première est appelée la plus efficace. Mais alors que Stéphane-Marie Barbellion s’attend "à une reprise de la prima via de la Summa, (il retrouve) l’argument de la finalité dans les êtres qui appelle l’existence d’une intelligence."(1). Les qutres raisonnements, quant à eux, sont utilisés plutôt pour établir les manières d’être de Dieu comme l’éternité, la conjonction de l’esse et de l’essence, la vérité ou l’infinité. Il est donc intéressant de voir la cinquième voie de la Summa proclamée "la plus efficace" dans la dernière partie de la vie du Doctor communis. L’optique est-elle ici davantage pastorale? Ou l’explicitation des notions d’acte et de puissance est-elle à l’origine de ce nouvel ordre dans la conception de St Thomas?

          Trois autres arguments sont encore données, fondés respectivement sur le plus et le moins dans la mutabilité (la voie du mouvement est donc reléguée en deuxième position et mêlée à la méthodologie de la quarta via de la Summa);puis la participation et enfin la vérité qui est toujours plus large que ce que le particulier peut atteindre. Le quatrième argument est très intéressant pour relire la quarta via de la Summa, car il est original par rapport à tout ce que Barbellion a rencontré chez l’Aquinate. Et voilà pourquoi il se pose cette question en définitive: "Existe-t-il une voie pour le vrai"?(2)

Le commentaire de l’épître aux Romains

          Ce commentaire a été écrit de la main même de St Thomas, lors de sa deuxième période parisienne entre 1272-1273. Il résume les trois voies classiques. Dabord la via causalitatem, c’est-à-dire la voie de causalité, est présentée comme étant celle qui s’enracine sur notre défectibilité et qui conduit à un principe indéfectible. Puis la voie d’éminence (appelée ici via excellentiae) qui profite de la voie causale pour essayer de contempler Dieu. De même pour la troisième voie (negationis). Ce passage aura aussi une grande importance pour saisir ce qui importe le plus en fin de carrière chez l’Aquinate. La voie causale est la seule qui atteigne l’existence de Dieu. Les autres voies ne font que pousser la voie causale dans ses conséquences. Notons aussi que cette interprétation est déjà présente dans la Summa. Enfin, l’un des derniers regards de l’Aquinate sur l’expérience de base est celle de notre limite.

Le commentaire sur le Symbole des Apôtres ou Credo

          Ce commentaire qui date du carême 1273, est d’un style à portée plus pastorale. Il aura donc moins d’intérêt pour nous. L’Aquinate propose d’abord de laisser les arguments subtils pour prendre un exemple populaire où revient l’argument de l’ordre (une maison rangée qui implique une cause) et celui du plus et du moins dans la beauté et la noblesse. Les quatrième et cinquième voies de la Summa ont donc pris encore plus d’importance. Est-ce parce qu’elles sont plus connaturelles à l’esprit humain, lequel est intelligence et volonté, et est donc finalisé par le vrai et le bien? A ce titre, ce commentaire s’accorde bien avec l’argumentation des deux commentaires précédents.

Le commentaire sur les psaumes, XIII,1

          Ce commentaire qui est rattaché à la période terminale de l’Aquinate est considéré comme inachevé en raison de la maladie et de la mort de son auteur. Son intérêt réside dans la référence à St Anselme ou à St Jean Damascène pour expliquer en quoi est insensé celui qui dit: "Dieu n’existe pas" Pour Barbellion, "il nous semble que nous sommes en face d’une tentative d’assomption de la démonstration anselmienne: il est effectivement impossible de penser Dieu comme n’existant pas, s’il s’agit de Dieu en lui-même."(3). En ce qui concerne la connaissance de Dieu par rapport à nous, l’Aquinate est plus réservé: cette connaissance est naturelle mais il ne va pas jusqu’à dire qu’elle est évidente. Il convient donc d’assumer l’analyse d’Anselme dans un sens précis Barebellion pense qu’ "on ne peut nier l’existence de Dieu secundum se, c’est-à-dire dans la mesure où l’on a pu atteindre sa réalité, et atteindre  cette réalité ne peut se faire que dans la vision béatifique où nous verrons Dieu tel qu’il est."(4) Telle est en tout cas la raison que donne l’Aquinate dans le texte parallèle du commentaire du De trinitate de Boèce.

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1) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  233

2) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  235

3) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  239

4) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  240.

 

LES CINQ PREUVES THOMISTES DE L’EXISTENCE DE DIEU1

avril 21, 2008
Le Compendium theologiae

           Nous distinguons les dates des deux parties du Compendium: la première date des années 1265-1267 et la seconde du retour de Naples(1272). Ce livre est sans doute avec le Contra gentiles un des parallèles les plus proches de la prima via de la Summa.

Le commentaire des Physiques

          Avant dernière réplique de la prima via, la recherche de l’existence de Dieu dans le Commentaire des Physiques conforme une date proche de la prima pars de la Summa. L’usage de l’acte et de la puissance y est présent, calquant apparemment de près la prima via de la Summa, le tout avec un souci d’intégrer la pensée d’Aristote face aux données de la Révélation ou de la foi.

Le commentaire des métaphysiques

          En raison de sa longueur, ce commentaire est difficile à dater. Il reste assez proche de la prima via de la Summa. C’est un texte important car St Thomas semble y affirmer assez clairement la justification essentielle de la non-régression à l’infini: l’antériorité de l’acte sur la puissance. St Thomas fait ainsi aboutir la démonstartion d’Aristote au livre XII (Mét. A), en utilisant cette antériorité de l’acte sur la puissance ainsi que toutes les données de Physiques VIII. Sa reconnaissance des liens qui unissent acte et fin lui permet de mettre en valeur toute l’originalité d’Aristote. La méthodologie semble de ce point de vue très analogue à la prima via. Ce commentaire présente un intérêt historique important. Il est le dernier lieu des oeuvres d’enseignement universitaire de St Thomas. Or, dans cette dernière recherche rigoureuse, tout l’effort de l’intelligence de l’existence de Dieu est axé sur l’antériorité de l’acte sur la puissance.

Le commentaire de l’évangile de st Jean

          Ce commentaire qui a été écrit pendant la période de maturité vers 1270-1272, expose dans son prologue quatre voies, dont la première est appelée la plus efficace. Mais alors que Stéphane-Marie Barbellion s’attend "à une reprise de la prima via de la Summa, (il retrouve) l’argument de la finalité dans les êtres qui appelle l’existence d’une intelligence."(1). Les qutres raisonnements, quant à eux, sont utilisés plutôt pour établir les manières d’être de Dieu comme l’éternité, la conjonction de l’esse et de l’essence, la vérité ou l’infinité. Il est donc intéressant de voir la cinquième voie de la Summa proclamée "la plus efficace" dans la dernière partie de la vie du Doctor communis. L’optique est-elle ici davantage pastorale? Ou l’explicitation des notions d’acte et de puissance est-elle à l’origine de ce nouvel ordre dans la conception de St Thomas?

          Trois autres arguments sont encore données, fondés respectivement sur le plus et le moins dans la mutabilité (la voie du mouvement est donc reléguée en deuxième position et mêlée à la méthodologie de la quarta via de la Summa);puis la participation et enfin la vérité qui est toujours plus large que ce que le particulier peut atteindre. Le quatrième argument est très intéressant pour relire la quarta via de la Summa, car il est original par rapport à tout ce que Barbellion a rencontré chez l’Aquinate. Et voilà pourquoi il se pose cette question en définitive: "Existe-t-il une voie pour le vrai"?(2)

Le commentaire de l’épître aux Romains

          Ce commentaire a été écrit de la main même de St Thomas, lors de sa deuxième période parisienne entre 1272-1273. Il résume les trois voies classiques. Dabord la via causalitatem, c’est-à-dire la voie de causalité, est présentée comme étant celle qui s’enracine sur notre défectibilité et qui conduit à un principe indéfectible. Puis la voie d’éminence (appelée ici via excellentiae) qui profite de la voie causale pour essayer de contempler Dieu. De même pour la troisième voie (negationis). Ce passage aura aussi une grande importance pour saisir ce qui importe le plus en fin de carrière chez l’Aquinate. La voie causale est la seule qui atteigne l’existence de Dieu. Les autres voies ne font que pousser la voie causale dans ses conséquences. Notons aussi que cette interprétation est déjà présente dans la Summa. Enfin, l’un des derniers regards de l’Aquinate sur l’expérience de base est celle de notre limite.

Le commentaire sur le Symbole des Apôtres ou Credo

          Ce commentaire qui date du carême 1273, est d’un style à portée plus pastorale. Il aura donc moins d’intérêt pour nous. L’Aquinate propose d’abord de laisser les arguments subtils pour prendre un exemple populaire où revient l’argument de l’ordre (une maison rangée qui implique une cause) et celui du plus et du moins dans la beauté et la noblesse. Les quatrième et cinquième voies de la Summa ont donc pris encore plus d’importance. Est-ce parce qu’elles sont plus connaturelles à l’esprit humain, lequel est intelligence et volonté, et est donc finalisé par le vrai et le bien? A ce titre, ce commentaire s’accorde bien avec l’argumentation des deux commentaires précédents.

Le commentaire sur les psaumes, XIII,1

          Ce commentaire qui est rattaché à la période terminale de l’Aquinate est considéré comme inachevé en raison de la maladie et de la mort de son auteur. Son intérêt réside dans la référence à St Anselme ou à St Jean Damascène pour expliquer en quoi est insensé celui qui dit: "Dieu n’existe pas" Pour Barbellion, "il nous semble que nous sommes en face d’une tentative d’assomption de la démonstration anselmienne: il est effectivement impossible de penser Dieu comme n’existant pas, s’il s’agit de Dieu en lui-même."(3). En ce qui concerne la connaissance de Dieu par rapport à nous, l’Aquinate est plus réservé: cette connaissance est naturelle mais il ne va pas jusqu’à dire qu’elle est évidente. Il convient donc d’assumer l’analyse d’Anselme dans un sens précis Barebellion pense qu’ "on ne peut nier l’existence de Dieu secundum se, c’est-à-dire dans la mesure où l’on a pu atteindre sa réalité, et atteindre  cette réalité ne peut se faire que dans la vision béatifique où nous verrons Dieu tel qu’il est."(4) Telle est en tout cas la raison que donne l’Aquinate dans le texte parallèle du commentaire du De trinitate de Boèce.

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1) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  233

2) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  235

3) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  239

4) BARBELLION(Stéphane-Marie).- Les Preuves de l’existence de Dieu. Pour une relecture des cinq voies de St Thomas d’Aquin (Paris, Cerf 1999), p.  240.

Discussion sur STATUTS DE L’UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST(UCAO)/UNITE UNIVERSITAIRE D’ABIDJAN(UUA)

avril 19, 2008

 

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STATUTS DE L’UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST(UCAO)/UNITE UNIVERSITAIRE D’ABIDJAN(UUA)

PREAMBULE

          L’Unité Universitaire d’Abidjan-Cocody (UUA, ex ICAO) dont l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest(UCAO) est "extension et un approfondissement de l’expérience issue de sa création"(Préambule des Statuts de l’UCAO), conforméments aux Articles 42 et 43 de l’UCAO se donne les statuts suivants:

1. NAISSANCE DE L’I.S.C.R.

          L’Institut Catholique de l’Afrique de l’Ouest(ICAO) était, au départ dénommé Institut Supérieur de Culture Religieuse (I.S.C.R.). Il avait été créé pour répondre à un besoin de formation ressenti à la suite de plusieurs sessions organisées en divers pays de l’Afrique de l’Ouest. L’heure des indépendances avait sonné: un tournant décisif de l’histoire du Continent Africain était en train de s’opérer. L’Eglise africaine se devait d’être présente à ce rendez-vous.

          Conçu en 1965, le projet fut adopté en 1967. L’Assemblée plénière de la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest(CERAO) en traça le canevas avec le concours de l’Abbé J. Orchampt, alors Directeur Adjoint de l’Institut Supérieur de Pastorale et de Catéchèse(ISPC) de Paris. Dès septembre 1968, l’ISCR ayant à sa tête le même Abbé Orchampt, accueillait ses premiers étudiants, au nombre de 24 (9 prêtres, 11 religieuses, 1 grand-séminariste, 1 frère, 2 enseignants laïcs). L’Institut, avec la présence des missionnaires, prenait dès les premiers instants de son existence son caractère d’internationalité qu’il maintiendra dans sa suite.

          Inauguré officiellement le 7 Mars 1969, en présence de son Excellence Mgr Benelli, Substitut à la Secrétairie d’Etat et envoyé spécial de Sa Sainteté le Pape Paul VI, de plusieurs Cardinaux, Archevêques, Evêques et Prêtres de divers pays, ainsi que des personnalités gouvernementales du pays, l’ISCR avait alors pour objectif la formation spécifiquement catéchétique des étudiants.

          En 1971, l’Abbé de Souza du Diocèse de Cotonou (Bénin) succède comme Directeur à l’Abbé J. Orchampt, nommé Evêque Auxiliaire de Montpellier en France.

2. LE POIDS DES EVENEMENTS SUR L’EVOLUTION DE L’I.S.C.R

          Mais, à l’image même de l’évolution accélérée du Continent, l’Institut sembla rapidement ne plus répondre entièrement aux besoins des Eglises confrontées au phénomène du réveil des cultures africianes. Ce sursaut de l’homme noir, remarqué surtout parmi l’élite, constituera une des motivations les plus profondes qui, à partir de 1970, amèneront la CERAO à la décision de transformer l’I.S.C.R de manière à en faire un organe ployvalent capable d’assurer aux étudiants une formation diversifiée de qualité.

          Cinq années d’études, laborieuses mais soutenues, furent nécessaires pour permettre au nouveau projet d’entrer dans sa phase de réalisation.

3. NAISSANCE DE L’I.C.A.O.

          Ainsi, à partir d’Octobre 1975, l’I.S.C.R. devint-il un complexe de trois U.E.R. (Unité d’Etude et de Recherche): une Faculté de Théologie, un Institut de Pastorale et de Catéchèse et une Ecole Normale de Catéchistes.

          Ce Complexe fut inauguré les 14 et 15 Février 1976, en présence de Mgr Benelli, Substitut à la Secrétairie d’Etat, de Mgr Lourdusamy, Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples, de plusieurs Cardinaux, Archevêques, Evêques et Prêtres, de Représentations des organismes d’aide, ainsi que des personnalitésgouvernementales du pays.

4. LA CREATION DE L’U.C.A.O.

          La création de l’U.C.A.O. est une initiative des Evêques de la CERAO répondant aux attentes des populations. Elle correspond aux nouvelles dimensions de la mission éducative de l’Eglise en Afrique au niveau universitaire.

          Elle constitue:

  • Une base d’évangélisation des intelligences en Afrique,
  • Une extension et un approffondissement de l’expérience issue de la création de l’Institut Catholique de l’Afrique de l’Ouest (ICAO) par la même Conférence,
  • Une institution académique tutelle pour l’ensemble des structures et filières de formation de niveau universitaire existantes, ou à créer, relevant de l’Enseignement Privé Catholique de l’ensemble de la CERAO,
  • Un réseau universitaire délivrant des diplômes de valeur internationale sur la base d’activités d’enseignement et de recherche axées sur les réalités locales sans omission de l’environnement international.

          Par sa nature de réseau d’unités universitaires installées dans différents pays, selon des options spécifiques, l’UCAO a pour vocation de couvrir le champ le plus large possible des sciences et de la technologie avec le plus grand souci d’efficience et de fidélité au dialogue entre la raison et la foi.

          L’UCAO délivre tous ses diplômes, sous son propre sceau, aussi bien pour les unités universitaires constituantes que pour les structures de niveau universitaire qui lui sont affiliées.

          La perspective de création d’une Université Catholique, à l’échelle des territoires de la CERAO, a été exprimée au cours de la réunion du Conseil Permanent de la CERAO de février 1995. Une étude du projet a été décidée par le Conseil et confiée notamment à une Commission Consultative, en étroite collaboration avec es experts de la Conférence Episcopale Italienne (C.E.I)

          Le principe de création de l’UCAO a alors été adopté par la CERAO au cours de l’Assemblée Plénière de la Confrénce tenue à Dakar, du 4 au 9 février 1997.

          En son Assemblée Plénière de Conakry, tenue entre le 1er et 6 février 2000, la Conférence Episcopale crée l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) comme Unité de Droit Pontifical sans limitation de durée, à l’échelle des pays de la CERAO.

          Compte tenu des exigences de l’esprit collégial de la conduite pastorale de l’UCAO, la CERAO invite les Présidents et Membres des Conférences Episcopales, ainsi que tous ceux qui se réclament de l’Université Catholique, à orienter leurs initiatives dans le sens de la mise en commun des ressources de tous genres.

A suivre………….

STATUTS DE L’UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST(UCAO)/UNITE UNIVERSITAIRE D’ABIDJAN(UUA)

avril 19, 2008

PREAMBULE

          L’Unité Universitaire d’Abidjan-Cocody (UUA, ex ICAO) dont l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest(UCAO) est "extension et un approfondissement de l’expérience issue de sa création"(Préambule des Statuts de l’UCAO), conforméments aux Articles 42 et 43 de l’UCAO se donne les statuts suivants:

1. NAISSANCE DE L’I.S.C.R.

          L’Institut Catholique de l’Afrique de l’Ouest(ICAO) était, au départ dénommé Institut Supérieur de Culture Religieuse (I.S.C.R.). Il avait été créé pour répondre à un besoin de formation ressenti à la suite de plusieurs sessions organisées en divers pays de l’Afrique de l’Ouest. L’heure des indépendances avait sonné: un tournant décisif de l’histoire du Continent Africain était en train de s’opérer. L’Eglise africaine se devait d’être présente à ce rendez-vous.

          Conçu en 1965, le projet fut adopté en 1967. L’Assemblée plénière de la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest(CERAO) en traça le canevas avec le concours de l’Abbé J. Orchampt, alors Directeur Adjoint de l’Institut Supérieur de Pastorale et de Catéchèse(ISPC) de Paris. Dès septembre 1968, l’ISCR ayant à sa tête le même Abbé Orchampt, accueillait ses premiers étudiants, au nombre de 24 (9 prêtres, 11 religieuses, 1 grand-séminariste, 1 frère, 2 enseignants laïcs). L’Institut, avec la présence des missionnaires, prenait dès les premiers instants de son existence son caractère d’internationalité qu’il maintiendra dans sa suite.

          Inauguré officiellement le 7 Mars 1969, en présence de son Excellence Mgr Benelli, Substitut à la Secrétairie d’Etat et envoyé spécial de Sa Sainteté le Pape Paul VI, de plusieurs Cardinaux, Archevêques, Evêques et Prêtres de divers pays, ainsi que des personnalités gouvernementales du pays, l’ISCR avait alors pour objectif la formation spécifiquement catéchétique des étudiants.

          En 1971, l’Abbé de Souza du Diocèse de Cotonou (Bénin) succède comme Directeur à l’Abbé J. Orchampt, nommé Evêque Auxiliaire de Montpellier en France.

2. LE POIDS DES EVENEMENTS SUR L’EVOLUTION DE L’I.S.C.R

          Mais, à l’image même de l’évolution accélérée du Continent, l’Institut sembla rapidement ne plus répondre entièrement aux besoins des Eglises confrontées au phénomène du réveil des cultures africianes. Ce sursaut de l’homme noir, remarqué surtout parmi l’élite, constituera une des motivations les plus profondes qui, à partir de 1970, amèneront la CERAO à la décision de transformer l’I.S.C.R de manière à en faire un organe ployvalent capable d’assurer aux étudiants une formation diversifiée de qualité.

          Cinq années d’études, laborieuses mais soutenues, furent nécessaires pour permettre au nouveau projet d’entrer dans sa phase de réalisation.

3. NAISSANCE DE L’I.C.A.O.

          Ainsi, à partir d’Octobre 1975, l’I.S.C.R. devint-il un complexe de trois U.E.R. (Unité d’Etude et de Recherche): une Faculté de Théologie, un Institut de Pastorale et de Catéchèse et une Ecole Normale de Catéchistes.

          Ce Complexe fut inauguré les 14 et 15 Février 1976, en présence de Mgr Benelli, Substitut à la Secrétairie d’Etat, de Mgr Lourdusamy, Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples, de plusieurs Cardinaux, Archevêques, Evêques et Prêtres, de Représentations des organismes d’aide, ainsi que des personnalitésgouvernementales du pays.

4. LA CREATION DE L’U.C.A.O.

          La création de l’U.C.A.O. est une initiative des Evêques de la CERAO répondant aux attentes des populations. Elle correspond aux nouvelles dimensions de la mission éducative de l’Eglise en Afrique au niveau universitaire.

          Elle constitue:

  • Une base d’évangélisation des intelligences en Afrique,
  • Une extension et un approffondissement de l’expérience issue de la création de l’Institut Catholique de l’Afrique de l’Ouest (ICAO) par la même Conférence,
  • Une institution académique tutelle pour l’ensemble des structures et filières de formation de niveau universitaire existantes, ou à créer, relevant de l’Enseignement Privé Catholique de l’ensemble de la CERAO,
  • Un réseau universitaire délivrant des diplômes de valeur internationale sur la base d’activités d’enseignement et de recherche axées sur les réalités locales sans omission de l’environnement international.

          Par sa nature de réseau d’unités universitaires installées dans différents pays, selon des options spécifiques, l’UCAO a pour vocation de couvrir le champ le plus large possible des sciences et de la technologie avec le plus grand souci d’efficience et de fidélité au dialogue entre la raison et la foi.

          L’UCAO délivre tous ses diplômes, sous son propre sceau, aussi bien pour les unités universitaires constituantes que pour les structures de niveau universitaire qui lui sont affiliées.

          La perspective de création d’une Université Catholique, à l’échelle des territoires de la CERAO, a été exprimée au cours de la réunion du Conseil Permanent de la CERAO de février 1995. Une étude du projet a été décidée par le Conseil et confiée notamment à une Commission Consultative, en étroite collaboration avec es experts de la Conférence Episcopale Italienne (C.E.I)

          Le principe de création de l’UCAO a alors été adopté par la CERAO au cours de l’Assemblée Plénière de la Confrénce tenue à Dakar, du 4 au 9 février 1997.

          En son Assemblée Plénière de Conakry, tenue entre le 1er et 6 février 2000, la Conférence Episcopale crée l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) comme Unité de Droit Pontifical sans limitation de durée, à l’échelle des pays de la CERAO.

          Compte tenu des exigences de l’esprit collégial de la conduite pastorale de l’UCAO, la CERAO invite les Présidents et Membres des Conférences Episcopales, ainsi que tous ceux qui se réclament de l’Université Catholique, à orienter leurs initiatives dans le sens de la mise en commun des ressources de tous genres.

A suivre………….

LA PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME NON COMBATTANTE EN PERIODE DE CONFLITS ARMES

avril 19, 2008

LE CAS DE LA COTE D’IVOIRE

          Il s’agit d’un Mémoire de Maîtrise en Droit Public(Option carrière administrative) soutenu par Mlle OSNOU-YOBOUET  Youw Cynthia-Michèle L.), sous la direction du Dr DASSE Francine. Le Jury était présidé par le Rév. Père AKE Patrice et avait pour examinateur Dr SORO. Par cette étude, l’impétrante part du constat que dans les conflits armés africains, les femmes sont plus exposées que les hommes, aux tortures, aux viols, du fait de leur fragilité naturelle. or cette partie de la population a des droits qui relèvent du droit humanitaire qu’il lui faut connaître (cela suppose une bonne information, et une bonne sensibilisation). Ces droits exercent ainsi une protection de la couche sensible de la poulation, mais dans la pratique, la femme est toujours lésée. Tel est le bilan que ce travail observe en définitive. La Côte d’Ivoire est partie aux Conventions de Génève de 1949 ainsi quà leurs protocoles additionnels de 1977, à la Convention de 1993 sur les armes chimiques et au traité d’Ottawa de 1977, ratifié en Juin 2000. Ce pays n’a pas encore ratifié le protocole à la charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme. de Juillet 2003.

1. LE CADRE JURIDIQUE DE LA PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME EN PERIODE DE CONFLIT ARME

LA PROTECTION INTERNATIONALE

          Le droit International Humanitaire vise la protection des droits de l’homme, spécifiquement, les droits de conflit armé. En cas de circonstances exceptionnelles telles que les dangers publics exceptionnels menaçant l’existence de la nation (Pactes internationaux de l’ONU de 1966 art. 4) ou encore (Convention européenne des droits de l’homme de 1950 art. 15), ce droit est applicable. Les règles de son application sont aussi simples, détaillées et spécifiques: il n’y a pas de distinction entre les différents types de protections. En ce qui concerne la femme, la protection est essentiellement l’ oeuvre des convention de Genève (Convention IV relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 Août 1949) et de ses deux protocoles additionnels du 8 Juin 1977. Au niveau général, cette protection repose sur des principes comme la non-discrimination(1), le droit à la vie(2), le traitement humain(3),  le droit de n’être tenu ni en esclavage, ni en servitude(4) et le droit à la légalité des délits et des peines et des garanties judiciaires(5)

LA PROTECTION SPECIFIQUE

          En plus de la protection générale, la femme bénéficie d’une protection spécifique. Ainsi, "la femme est spécialement protégée contre toute atteinte à son honneur, et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution, et tout attentat à la pudeur"(6). En temps de guerre, le régime de faveur accordé aux femmes enceintes et aux mères d’enfants de moins de 7 ans doit être respecté. Elles "doivent bénéficier de tout traitement préférentiel qui est accordé aux catégories correspondantes"(7). En plus "les femmes internées ne doivent être fouillées que par des femmes"(8).

AU NIVEAU REGIONAL
LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES

          Cette charte a été adoptée à la XVIIIè Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement en Juin 1981 à Nairobi au Kenya. Elle contient les principes de base de la protection(9). Elle énonce en outre que "toute personne a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale de sa personne"(10). L’interdiction de la torture, des peines et des traitelments cruels, inhumains ou dégradants figure dans cette charte.(11)

LA PROTECTION SPECIALE ACCORDEE AUX PERSONNES NON COMBATTANTES

          Au niveau de la protection spécifique accordée aux femmes en Afrique nous avons le Protocole de la Charte des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique de Juillet 2003. Ici aussi, "toute femme a droit au respect de la dignité inhérente à l’être humain, à la reconnaissance et à la protection de ses droits humains et légaux"(12). En outre, "les femmes ont droit à une existence paisible et le droit de participer à la promotion et au maintien de la paix"(13).

LA PROTECTION INTERNE

          Le Préambule de la Constitutution Ivoirienne du 1er Août 2000 dit son adhésion à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Le corps de la Constitution fait mention des droits inaliénables et intagibles comme le droit à la vie(14), au libre et égal accès à la justice(15). D’autres textes de lois et de décrets sont utiles pour notre thème.

La première loi est le N° 98757 su 23 Décembre 1998 portant répression de certaines formes de violence à l’égard des femmes. Elle vise aussi à protéger les femmes contre les mutilations génitales.

La Loi N° 2004-403 du 3 Mai 2004 portant création de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire.

          Les textes réglementaires sont plus abondants que les textes de lois:

Le Décret N° 91-887 du 27 Décembre 1991 portant adhésion de la Côte d’Ivoire à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Le Décret N° 91-888 du 27 Décembre 1991 portant publication de la Charte Africaine des Droits de l’Homme

Le Décret N° 2003-199 du 3 Juillet 2003 portant sur l’organisation du Ministère des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire.

2. LA MISE EN OEUVRE INSUFFISANTE DE LA PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME EN PERIODE DE CONFLIT ARME

          Mlle OSNOU  constate avec beaucoup de regret que malgré les textes, la protection aurait dû être plus efficace, mais elle est en pratique insuffisante car ces textes ne sont pas appliqués pendant les conflits. Elle révèle "qu’un contingent marocain de casques Bleus de l’ONCI a été suspendu le Vendredi 20 Juillet 2007 pour présomption d’abus sexuel et d’exploitation sexuel à l’encontre des femmes y compris de mineurs à Bouaké"(16) Cette décision est conforme à la politique de tolérance zéro des Nations Unies en matière d’exploitation et d’abus sexuels. Toutefois, comme le souligne le rapport de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO), "ces actes, récurrents, dans le Système des Nations Unies sont associables à la liberté et à l’aisance illimitées dont jouissent les composantes civiles et militaires des Nations Unies en zones de conflit" (17).

Un tableau récapitulatif vient nous éclairer sur la situation des droits de la femme (Enquête sur les personnes déplacées internes (PDis) dans la zone gouvernementale) effetcuée par le Ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre) (MSVG)

Tableau B1: Importance relative des violences commises sur les femmes déplacées selon les lieux des délits (%)

Lieux de délits A domicile Dans la rue Au cours d’un déplacement En détention Autre
Viols 78,9 0,0 36,7 34,4 0,0
Violences Physiques 51,5 19,7 40,0 11,4 1,2
Menaces verbales 63,8 17,9 41,0 14,1 1,5
Vols/Pillages 85,3 8,9 17,7 10,0 0,4
Autres 23,7 33,3 70,9 0,3 0,4
          LES SOLUTIONS ENVISAGEABLES

          Devant le caractère limité de la répression tant au niveau des mécanismes au niveau international, qu ‘au niveau national, notre impétrante propose des solutions suivantes:

  • La prévention des conflits
  • La prévention de la dégradation du conflit
  • La valorisation de l’apport des organisations non gouvernementales
  • La prévention post-conflit
LA BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES GENERAUX

DAVID (Eric), TULKENS Françoise, VANDERMEERSCH Damien.- Code de Droit International Humanitaire: Textes Réunis au 1 er Mars 2002 (Bruxelles 2002), 750p.

CICR.- Le Droit International Humanitaire, CICR (2001) 32p.

OUVRAGES SPECIFIQUES

KAUDJHIS (Offoumou Françoise).- Droits de la Femme en Côte d’Ivoire (Abidjan, S.D. ) 291p.

KRILL (Françoise).- La protection des droits de la femme dans le Droit International Humanitaire (Genève CICR 1985), 30p.

LALANE (Françoise).- Droits des femmes (Paris, First 1994), 190p.

LYNDSAY (Charlotte).- Les femmes face à la guerre: étude du CICR sur l’impact des conflits armés sur les femmes (Genève CICR 2002), 304p.

SCIOTTI( Lam Claudia).- Droit de l’application des traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme (Bruxelles, Institut René Cassin 2004), 704 p.

ARTICLES

ASSI (Rose de Lima).-  "L’adoption du protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes: un pas important dans la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes en Afrique dans La lettre de l’IDDH de (janvier 2005), pp. 6-7.

BOUET-DEVRIERE(Sabine).- "La protection des droits de la femme: vers une efficacité accrue du droit positif international dans Revue trimestrielle des droits de l’homme n° 43 (juillet 2000,) pp. 453-477

CHABAUD(Corinne).- " Droits de l’homme: les femmes et les enfants d’abord, dans Croissance n° 362 (Août 1993), pp. 16-17

KAMARA(Moctar).- "La protection des droits fondamentaux dans le cadre de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples et au protocole additionnel de juin 1998 dans Revue Trimestrielle des droits de l’homme n° 63( juillet 2005), pp. 709-727

LAMBERT(Pierre).- "La protection des droits intangibles dans les situations de conflits armés dans Revue trimestrielle des droits de l’homme n° 42 (avril 2000)

NGUEMA(Isaac).- "La naissance de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, dans Développement et corporation n°1 (Janvier 1999)

REHN (Elisabeth) et SIRLEAF(Hélène Johnson).- "Les femmes, la guerre et la paix: une évaluation iindépendante" pp. 14-34

SOLY(Bald).- " Côte d’Ivoire: situation institutionnelle" CEAN Université Montesquieu Bordeaux IV

 

         

___________________________________

1) Art. 12 des 1ère et 2è conventions de Genève, 16 de la 3è convention, 27 de la IVè convention; art. 75 du protocole 1 et art. 4 du protocole 2. Ces articles prévoient un traitement sans aucune distinction de caractère défavorable, en particulier pour les raisons de sexe. En outre, les personnes protégées seront toutes traitées par la partie du conflit, au pouvoir de laquelle elles se trouvent, avec les mêmes égards, sans aucune distinction défavorable, notamment de race, de religion.

2) Premier droit de l’homme, ce droit est consacré par les art. 3  des conventions de Génève, aux art. 75 et 12 des protocoles 1 et 2. Les protocoles interdisent d’utiliser contre les civils la famine en tant que méthode de guerre.

3) Les belligérants doivent traiter les personnes avec humanité. Art. 3 commun aux 4 conventions et protocole 2. La convention contre la torture du 10 décembre 1984 condamne: "tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonné d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle (…) ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit (…)." Le recours à la torture constitue un crime de guerre selon le statut  de Rome, de la Cour Pénale Internationale, du 17 juillet 1998.

4) Art. 4 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme; art. 8 du Pacte de l’ONU.

5) Art. 99, 66,67 des Conventions III et IV de Genève et Art. 75, 6 des Protocoles additionnels 1 et 2.

6) Art. 27 al. 2 de la Convention IV de Genève; art 75 et 76 du Protocole 1.

7) Art. 38 de la Convention 4.

8) Art. 97 al. 4 de la Convention 4.

9) Art. 3. Toutes les personnes ont droit à une égale protection. Le principe de non discrimination est énoncé à l’Art. 2.

10) Art. 4.

11) Art. 5 et Résolution 3452 de la XXXè Assemblée Générale des Nations Unies.

12) Art. 3

13) Art. 10

14) Art. 2

15) Art. 20

16) Mémoire cité, p. 35

17) Ibidem, p. 36

Discussion sur LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

avril 14, 2008

 

Citer

LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

pas le monde, elle se voit dans le monde.

Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.

Quand elle est accablée, le monde lui semble

triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai.

Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était

pas le monde qui me troublait, mais l’idée que

je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans

le juger, totalement, inconditionnellement."

  C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme.

Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec

les autres et avec le Monde." Un profond sentiment

de paix, de sérénité, de plénitude envahit le

Prince. Le Silence l’habita. "Tu es prêt,

maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit

le Vieux Sage, celui du passage du silence de

la plénitude à la Plénitude du Silence".

  Et le Vieil Homme disparut.

LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

avril 14, 2008

          Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie , il l’envoya auprès d’un Vieux Sage. "Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie ", demanda le Prince.  "Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."

          Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE". "C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.

            Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" "J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas". "C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise." Et il disparut.

            Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES". "C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration." Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.

            Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" "J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses." "Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.

          Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME". "Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :  Qu’as-tu appris sur le chemin ?"   "J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser." "C’est bien," dit le Sage.   "Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise." "C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.

            Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait "ACCEPTE-TOI OI-MEME." Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer.

          Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"   "J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement."   "C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte."

            A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut "ACCEPTE LES AUTRES". Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.

            Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" demanda ce dernier. J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement." "C’est bien," dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.  Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut "ACCEPTE LE MONDE".

            Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.   "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"   "J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."

              C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde." Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita. "Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence".

            Et le Vieil Homme disparut. pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."   C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde." Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita. "Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence".

             Et le Vieil Homme disparut.

L’HOMME DANS LE ZARATHOUSTRA DE NIETZSCHE1

avril 14, 2008

            Dans ce Mémoire de Maîtrise en Philosophie( travail effectué sous la direction du Dr AKE Patrice Jean, Maître-assistant en Philosophie), Mr. SANOGO Assane pense que la question de l’homme est un thème majeur dans Ainsi Parlait Zarathoustra, puisque l’auteur emploie 413 fois le mot homme dans cet ouvrage de 308 pages dans la traduction de Marthe Robert et une dizaine de fois il écrit le bout de phrase "l’homme est quelque chose qui doit être surmonté". Pour notre impétrant, l’humanisme nietzschéen peut être considéré comme un anthropocentrisme réfléchi, qui, partant de la connaissance de l’homme, a pour objet la mise en valeur de l’homme, exclusion faite de tout ce qui l’aliène de lui-même, soit en l’assujetissant à des puissances supra-humaines, soit en le défigurant, en le dévaluant par quelque utilisation infra-humaine.

          Selon Mr SANOGO, pour Nietzsche, l’homme doit être fondamentalement et véritablement libre, ce qui doit être la condition nécessaire à son épanouissement. C’est donc l’injonction faite à l’homme de redescendre du ciel sur la terre, comme au centre, d’où procède toute vérité morale, et de rechercher ses certitudes pratiques dans la connaissance de soi. La réflexion sur lui-même lui découvre sa véritable nature et l’invite à l’accomplir. mais pour que lui doit possible le plein accomplissement de son humanité, il faut que d’abord, il parvienne à se libérer de toute oppression politique, spirituelle ou religieuse. Ce que Nietzsche refuse et interdit, c’est la violence faite aux corps ou aux esprits, le fait que l’homme s’assujetisse à des institutions, en abdiquant l’indépendance de sa raison et l’autonomie de sa volonté.

          Pour notre impétrant, la mission propre de l’humanisme nitezschéen, ainsi conçu est de recenser et de rassembler les valeurs morales, par lesquelles peut être tenue, maintenue et promue, une civilisation vraiment humaine. Par ailleurs, la philosophie nietzschéenne n’est pas monologique, mais se veut plutôt dialogique et pluraliste d’où le terme de "perspectivisme" qu’il exalte vivement.

LA CRITIQUE NIETZSCHENNE DE L’HOMME

          Pour Mr SANOGO, Nietzsche s’est inspiré de Darwin et de sa théorie de l’évolutionnisme pour expliquer sa critique de l’homme. C’est ce qui explique ce détour par Darwin dans son travail. La partie des trois métamorphes de l’esprit n’est pas bien articulé avec le reste du texte.

La protection du transporteur de marchandises par route dans l’espace OHADA

avril 12, 2008

          Ce mémoire de Maîtrise en droit des affaires de Monsieur BALIMA Romuald (rombal1@yahoo.fr) a porté sur le thème "La protection du transporteur de marchandises par route dans l’espace OHADA(1)". Ce mémoire a été dirigé par Maître COULIBALY Climanlo Jérôme, Maître de Conférences, le Président de Jury était le Prof. Roch David GNAHOUI, Maître de Conférences et l’examinatuer Le Dr Serge Roland BONI, Maître-assistant. Cette protection a été envisagée sur deux grands axes: le premier est celui de l’insolvabilité du débiteur du prix du transport et le second est celui de la responsabilité du transporteur. Pour éviter que le transporteur ne soit confronté à une situation dans laquelle le débiteur du prix du transport devienne insolvable, le législateur africain prévient l’insolvabilité en proposant l’utilisation des garanties: celles connues du droit commun et celle liées à la spécificité même du contrat de transport de marchandises. Pour ce qui est de la responsabilité du transporteur, le législateur tente de le moduler en édictant des mesures dont les unes ont pour effet de limiter et les autres d’effacer la responsabilité du transporteur.

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1)OHADA est un acronyme qui signifie "Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires". Elle a été créée par un Traité signé à Port Louis, le 17 octobre 1993. C’est une organisation d’intégration régionale qui regroupe ajourd’hui 17 Etats francophones de l’Afrique de l’Ouest et du Centre et qui a pour but de créer un cadre juridique propice au développement des affaires en élaborant et en adoptant des règles communes simples, modernes et adaptées à la situation des économies des Etats membres et de promouvoir l’arbitrage comme mode de règlement des différends contracuels, d’améliorer le climat d’investissement, de soutenir l’intégration économique africaine, de favoriser l’institution d’une communauté économique africaine, en vue d’accomplir de nouveaux progrès sur la voie de l’unité africaine. La notion d’espace OHADA représente, sur le plan spatial, l’ensemble des territoires des Etats membres, mais aussi, sur le plan matériel, l’ensemble des règles émises par l’organisation OHADA. De ce fait, la protection du transporteur de marchandises routier est ici étudiée au egard seuleent du droit OHADA.