Discussion sur HOMELIE DE LA VEILLE PASCALE A L’UCAO-UUA 22 MARS 2008

 

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HOMELIE DE LA VEILLE PASCALE A L’UCAO-UUA 22 MARS 2008

Chers frères et soeurs en Jésus-Christ!

"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit ‘Que la lumière soit!’ Et la lumière fut" (Gn 1, 1-3)

La liturgie de la veillée pascale, la sainte nuit de Pâques, la première veillée, plus encore la mère de toutes les veillées de l’année liturgique, après la bénédiction du cierge pascal, commence par une procession derrière la lumière et vers la lumière. Cette procession résume de façon symbolique tout le cheminement catéchuménal et pénitentiel du Carême, mais évoque également le long chemin de l’humanité qui, dans la nuit de l’histoire, recherche la lumière, recherche le paradis, recherche la véritable vie, la réconciliation entre les peuples, entre le ciel et la terre, la paix universelle.

Ainsi, la procession implique toute l’histoire, comme le proclament les paroles de la bénédiction du cierge pascal: "Le Christ, hier et aujourd’hui, commencement et fin de toutes choses, alpha et oméga, à lui le temps et l’éternité, à lui la gloire et la puissance, pour les siècles sans fin. Amen."

Mais la liturgie ne se perd pas en idées générales, elle ne se contente pas de vagues utopies, mais nous offre en revanche des indications très concrètes sur le chemin à parcourir, et sur l’objectif de notre chemin. Dans le désert, Israël fut guidé la nuit par une colonne de feu, et pendant le jour, par un nuage. Notre colonne de feu, notre nuage sacré est le Christ ressuscité, symbolisé par le cierge pascal allumé. Le Christ est la lumière, le Christ est le chemin, la vérité et la vie; en suivant le Christ, en gardant le regard de notre coeur fixé sur le Christ, nous trouvons la juste voie. Toute la pédagogie de la liturgie quadragésimale concrétise cet impératif fondamental. Suivre le Christ signifie avant tout, être attentifs à sa parole.

La participation à la liturgie du dimanche, semaine après semaine, est nécessaire pour chaque chrétien et chaque chrétienne précisément, pour entrer dans la véritable familiarité avec la parole divine: l’homme ne vit pas seulement du pain ou de l’argent, ou de sa cariière ou  de sa réussite sociale, il vit de la parole de Dieu, qui nous corrige, nous renouvelle, nous montre les véritables valeurs qui soutiennent le monde et la société: la parole de Dieu est la véritable manne, le pain du ciel, qui nous enseigne la vie, à être des hommes et des femmes véritables.

Suivre le Christ implique d’être attentifs à ses commandements – résumés dans le double commandement d’aimer Dieu et son prochain comme nous-mêmes. Suivre le Christ signifie avoir de la compassion pour les personnes qui souffrent, spécialement pour les malades et les personnes âgées, avoir un coeur pour les pauvres et les laissés-pour-compte; cela signifie aussi avoir le courage de défendre la foi contre les idéologies et la politite(nouvelle maladie de nos hommes politiques); avoir confiance en l’Eglise et en son interprétation et en sa concrétisation de la parole divine dans les circonstances actuelles. Suivre le Christ implique aimer son Eglise, son corps mystique. En marchant ainsi, nous allumons de petites lumières dans le monde, nous perçons les ténèbres de l’histoire.

Le chemin d’Israël fut dirigé vers la terre promise, toute l’humanité recherche quelque chose comme la terre promise. La liturgie pascale est très concrète sur ce point. Son objectif réside dans les sacrements de l’initiation chrétienne: le baptême, la confirmation, la sainte Eucharistie. L’Eglise nous dit ainsi que ces sacrements sont l’anticipation du monde nouveau, sa présence anticipée dans notre vie. Dans l’Eglise antique, le catéchuménat était un chemin pas à pas vers le baptême: un chemin d’ouverture des sens, du coeur, de l’esprit à Dieu, un apprentissage d’un nouveau style de vie, une transformation de son être dans l’amitié croissante avec le Christ, en compagnie de tous les croyants et de toutes les croyantes. Ainsi, après toutes les diverses étapes de purification, d’ouverture, de connaissance nouvelle, l’acte sacramentel du baptême était le don définitif d’une vie nouvelle – c’était la mort et la résurrection, comme dit saint Paul dans une sorte d’autobiographie spirituelle: "Je suis crucifié avec le Christ et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi." (Ga 2, 20). La résurrection du Christ n’est pas simplement le souvenir d’un fait passé qui reste dans le passé. Elle marque le commencement du nouveau ciel et de la nouvelle terre, elle définit le triomphe de la vie qui n’est désormais plus menacée par la mort. Dans la nuit de Pâques, dans le sacrement de baptême, se réalise aujourd’hui réellement la résurrection, la victoire sur la mort. C’est pourquoi Jésus dit: "Celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle (…) et est passé de la mort à la vie"(Jn5,24); Et dans le même sens, il dit à Marthe: "Moi, je suis la résurrection et la vie". Dans la mesure où nous sommes unis au Christ, nous sommes déjà aujourd’hui, ‘passé de la mort à la vie’, nous vivons dès à présent la vie éternelle, qui n’est pas seulement une réalité qui vient après la mort, mais qui commence aujourd’hui, dans notre communion avec le Christ. La résurrection est un processus qui a commencé avec le Christ et se propagera jusqu’à la conquête de toute la création.

Chaque fois que dans le monde grandit une vie authentiquement humaine; chaque fois que triomphe la justice sur les instincts de domination; chaque fois que la grâce est plus forte que le péché; chaque fois que les hommes et les femmes créent des médiations plus fraternelles pour la vie sociale; chaque fois que l’amour est au-dessus des intérêts, chaque fois que l’espérance s’oppose au cynisme, se réalise la dynamique de la résurrection. Passer de la mort à la vie – cela forme avec le sacrement de baptême le noyau réel de la liturgie de cette nuit sainte. Passer de la mort à la vie – tel est le chemin dont le Christ nous a ouvert les portes, auquel nous invite la célébration des fêtes de Pâques.

Chers frères et soeurs en Jésus-Christ, la majorité d’entre nous a reçu le baptême, enfant, ou même jeune, ou encore à l’âge adulte. En cette nuit très sainte, nous venons faire la rénovation de la profession de foi baptismale. Unis à tous les baptisés de cette nuit, nous aussi, par le mystère pascal, nous avons été mis au tombeau avec le Christ dans le baptême, afin qu’avec lui, nous vivions d’une vie nouvelle. Pour la majorité d’entre nous, ce furent nos parents qui ont anticipé notre foi. Ils ont donné la vie biologique sans pouvoir demander si nous voulions vivre ou non, convaincus à juste titre qu’il est bon de vivre, que la vie est un don. Mais ils étaient tout autant convaincus que la vie biologiqe est un don fragile, qu’elle est même, dans un monde marqué par tant de maux, un don ambigu et devient un vériable don seulement si l’on peut, dans le même temps, apporter un remède contre la mort, la communion avec la vie invincible, avec le Christ. Avec le don fragile de la vie biologique, ils nous ont donné la garantie de la véritable vie dans le baptême. C’est à nous maintenant, qu’il revient à présent de nous approprier ce don, d’entrer toujours plus profondément dans la vérité de notre baptême. La nuit pascale nous invite chaque année à nous plonger à nouveau dans les eaux du baptême, de passer de la mort à la vie, à devenir de véritables chrétiens et de véritables chrétiennes.

"Eveille-toi, ô toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera" dit un ancien cantique baptismal, repris par saint Paul dans l’épître aux Ephésiens (5,14). "Réveille-toi, ô toi qui dors..Et le Christ t’illumineras aujourd’hui, nous dit l’Eglise à nous. Réveillons-nous, sautons du lit de notre christianisme somnolent et soporeux, de nos lourdeurs et de nos manques d’élan et d’esprit de créativité. Sursautons, levons-nous et vivons le Christ, la vraie lumière, la vraie vie, le véritable chemin. Amen".

Rév. Dr AKE Patrice Jean

Vice-Président de l’UCAO-UUA

Pake.uua@ucao-cerao.org

http://pakejean16.spaces.live.com

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