L’IDEAL D’HOMME POLITQUE QUE PREFERE LE LIBERALISME

Par rapport au processus politique, nous nous sommes intéressé au comportement des hommes politiques. Envisageons ce que font les hommes politiques, lorsqu’ils ont affaire aux groupes de pression ou lorsqu’ils s’adressent les uns aux autres, individuellement ou par le biais de groupes parlementaires. Comment concevons-nous leur comportement idéal? Le comportement idéal de l’électeur consiste à exprimer sa préférence globale, selon le modèle libéral. Quel est le type idéal de comportement pour l’homme politique?

Nous trouvons deux conceptions principales. L’une est de dire ce que les hommes politiques devraient faire, et d’ailleurs ce que font pour l’essentiel les hommes politiques démocrates, c’est se livrer à une sorte de processus de négociation avec les groupes qui font pression sur eux ou avec ceux auxquels ils se confrontent au parlement. Lorsque deux ou plusieurs partis négocient les uns avec les autres, ils tiennent pour données leurs propres opinions et préférences – elles ne sont pas soumises au débat dans de tels échanges – et ils défendent la satisfaction de leurs préférences au moindre coût que les autres peuvent tirer d’eux; ils offrent les concessions minimales qui sont nécessaires pour amener les autres à se comporter de manière bénéfique. En un mot ils marchandent.

Pourquoi jugeront-on souhaitable que les hommes politiques se livrent à de telles négociations, entre eux et avec les groupes de pression? voici une histoire famière, assez panglossienne, là encore marquée du sceau de l’utiliarisme. En négociant les uns avec les autres, les hommes politiques représenteront les préférences de leurs différents de leurs différents électeurs – ils ne seront pas réélus s’ils ne les reprennent pas à leur compte – et chacun fera de son mieux pour satisfaire ces préférences. Lorsqu’ils négocient avec les groupes de pression, en revanche, ils prêtent l’oreille à leurs revendications, et ils accordent du poids aux préférences que ces groupes représentent, proportionnellement au nombre d’électeurs concernés; et ils se comportent donc, globalement, d’une manière qui sert bien la répartition des préférences dans la société: ils n’accorderont pas une importance excessive aux préférences d’un groupe de pression. C’est ainsi, suggérons-nous, que les activités de négociation des hommes politiques profitent au bien global. Ce sont des types d’activités dont nous avons des raisons de souhaiter que les hommes politiques les exercent, du moins si nous nous soucions de la satisfaction globale des préférences des citoyens.

L’autre conception du comportement idéal des hommes politiques est au modèle de la négociation ce que la conception du vote comme jugement est à la conception préférentielle. Elle suggère que, au lieu de négocier les uns avec les autres, les hommes politiques devraient plutôt se soucier de délibérer et de débattre. Leur objectif devrait être non d’obtenir le meilleur résultat possible étant donné leurs buts préalables, mais de chercher à identifier, dans un échange délibératif d’informations et d’arguments, ce qu’exige le bien public dans tous les domaines, ainsi que les mesures qui devraient permettre de le favoriser. Les hommes politiques devraient alors s’efforcer de répondre aux autres hommes politiques et aux différents groupes de pression à la façon dont un scientifique pourrait réagir lorsqu’un autre scientifique tente de le persuader qu’il a tort à propos de quelque sujet. Ils devraient s’adresser à leurs interlocuteurs en politique comme à des partenaires dans un forum de conversation et d’argumentation.

On voit sans mal les attraits que pourrait présenter ce modèle délibératif du comportement idéal des hommes politiques. Supposons qu’il y ait des faits avérés, du  moins dans les limites de certaines contraintes, quant à la question de savoir si telle ou telle politique est meilleure pour une société. Il semblerait alors que la voie à suivre, pour un homme politique qui tente de décider quelle politique il va soutenir, serait de prendre en compte les arguments des autres non en proportion du nombre d’électeurs qu’ils représentent, mais en proportion du poids des faits et des arguments présentés à l’appui de leurs thèses.

De même que l’idéal de préférence et l’idéal de jugement, pour le comportement des électeurs se calquent sur le libéralisme, de même l’idéal de négociation et l’idéal de délibération, en matière de comportement des hommes politiques entretiennent les mêmes rapports avec cette doctrine.

pakejean@hotmail.com

Dr AKE Patrice

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