PRESENTATION DES VOEUX 2008 A L’UCAO-UUA ET A TOUS LES INTERNAUTES

Chers frères et soeurs dans le Christ!

Aujourd’hui, premier jour de la nouvelle année, la liturgie fait résonner l’antique bénédiction biblique, dans laquelle est invoqué sur son peuple le nom du Seigneur. "Que Yahvé te découvre sa face et t’apporte la paix"(Nombres 6,26). De tout mon coeur, j’adresse ce voeu, au nom du Père TOSSOU Raphaël, Président de l’UCAO-UUA, à vous qui êtes réunis dans cette chapelle universitaire et à tous les internautes, en invoquant sur chacune de vos familles respectives et sur vous-mêmes, la bénédiction de Dieu. Que le Seigneur fasse resplendir son visage sur chacun et chacune de vous et vous concède la paix, à vous tous.

En cette année 2008, le titre du message du Saint Père, le Pape Benoît XVI, pour cette journée mondiale de la paix est le suivant: Famille humaine, communauté de paix. Pour le St Père, la première forme de communion entre des personnes est celle que l’amour suscite entre un homme et une femme décidés à s’unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille. Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l’unique famille humaine: "Tous les peuples – a déclaré le Concile Vatican II – forment ensemble une seule communauté, ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la surface de la terre (cf. Ac 17,26), et ont une seule fin dernière, qui est Dieu."

En cette journée mondiale de la paix, nous célébrons très solenellement la Très Sainte Marie Mère de Dieu. En elle, nous contemplons la Mère du "Prince de la Piax"(Isaïe 9, 5), de Celui qui est "notre paix" (Ep2,14.3). Que la Madone nous aide à être des témoins et des artisans de cette paix, qui est un don céleste et une conquête quotidienne des hommes qui ont à coeur le bien commun. A vous tous ici présents, je renouvelle mes voeux les plus cordiaux de prospérité et de paix, en ce début de la nouvelle année.

Que sera cette année nouvelle qui commence aujourd’hui? A sa porte, nous sommes, comme Marie, pensifs, sans savoir exactement ce qui nous attend; mais, comme elle, nous sommes confiants. Préparons-nous à accueillir l’avenir, entrons dans l’an neuf avec Marie, "en méditant, comme elle encore, dans notre coeur."

Nous avons dans le livre des Nombres 6, 22-27, une formule de bénédiction que prononçaient les prêtres du temple à la fin des cérémonies liturgiques. La bénédiction, chez les anciens et, particulièrement, les Juifs, n’était jamais sans effet. Tout comme son contraire, la malédiction. La foi juive s’exprime ici dans toute sa moelle, tout est centré sur le Seigneur, car tout bienfait vient de lui: que le Seigneur nous bénisse et nous garde! Que le Seigneur fasse briller sur nous son visage, qu’il se penche vers nous! Que le Seigneur tourne vers nous son visage, qu’il nous apporte la paix! Mais quel est ce visage qui se penche, qui brille sur nous – sinon celui du Christ!

En ce jour où nous nous souhaitons une bonne et heureuse année 2008, récitons cette prière avec foi pour tous ceux qui nous sont chers. Dieu nous gardera à travers heurs et malheurs. Voilà notre raison d’être en paix.

Le passage de la lettre aux Galates 4, 4-7, choisi pour la fête de Marie mère de Jésus, est le plus ancien texte marial que nous connaissons. D’une sobriété qui nous étonne: Jésus est né d’une femme. C’est tout ce que dira Paul de Marie. Cette discrétion s’explique du fait que, au temps de la lettre, Marie vivait sans doute encore. Mais tout y est en germe. La gloire de Marie est d’être la mère de Jésus. Etant la mère du Christ, elle est aussi notre mère, la mère du Christ complet, de l’Eglise.

Dans la deuxième partie le texte affirme notre condition de fils du Père, comme Jésus. Celui qui a la foi vive en fait l’expérience, en a la preuve. Ce n’est pas tellement nous qui prions, qui allons vers Dieu, c’est plus profondément, l’Esprit de Jésus qui, au fond de notre coeur, crie vers le Père, l’appelle de ce nom audacieux: Abba, mot arraméen pouvant se traduire par "papa". En ce temps de Noël, où nous célébrons le Christ, Fils du Père, nous fêtons aussi notre propre dignité de fils et de filles.

Il est évident que, si nous avons conscience d’être ainsi des fils et des filles tendrement aimés, que si nous allons vers Dieu notre papa chéri, il n’est plus question de trembler et de nous conduire comme des esclaves. Nous nous sentons libres, nous ne sommes plus sujets de la Loi; observer des commandements n’est plus notre idéal, mais aimer et faire plus que ce qui est commandé. Plus besoin de trembler: serons-nous damnés? Si nous aimons, nous sommes sûrs d’être près de Dieu. Nous avons droit, nous sommes héritiers. Nous avons droit, non à cause de nos mérites, mais par pure grâce de Dieu. Si nous aimons, bien sûr. Si nous nous conduisons en fils, en fille du Père.

Dans l’évangile de Luc 2, 16-21, la première partie est la même que celle de Noël à la messe de l’aurore. Dans la seconde partie, il rapporte deux faits qui eurent lieu huit jours après la naissance. D’abord la circoncision. A ce rite sanitaire, encore pratiqué aujourd’hui de par le monde, les Hébreux avaient donné une signification religieuse: il faisait entrer l’enfant dans la communauté juive, un peu comme chez nous, le baptême. Le sang, versé au cours de l’opération, était le signe de l’alliance avec Yahvé. Chez Jésus, il manifeste une appartenance plus profonde à Dieu son Père et prépare le versement du sang de la nouvelle alliance sur la croix.

Par le rite de la circoncision, Marie et Joseph reconnaissaient – plus encore que d’autres parents – que leur enfant appartenait à Dieu. Ils le lui rendaient. Il les prendra au mot. Tous, nous appartenons à Dieu. "Ils sont à toi" dira Jésus (Jn 17,9) avec tout ce que cela comporte de disponibilité…jusqu’au sacrifice de nos rêves les plus chers. "Vos enfants ne sont pas vos enfants"(Khalil Gibran, le Prophète). Vos enfants viennent de Dieu et vont à lui. Respectez leur destinée, ne leur imposez pas la vôtre.

En ce début de l’année civile, comme Marie qui méditait tout dans son coeur, nous nous demandons de quoi sera fait l’avenir. Gardons sa disponibilité et sa confiance. Nous appartenons à Dieu "S’il me conduit par les ravins des ténèbres, il marche avec moi, je ne crains aucun mal." (Psaume 22).

Ensuite, l’imposition du nom. Nous donnons des prénoms artificiels, collés du dehors sur la personne, à notre goût – alors que, dans la Bible, le nom exprime le personnage du dedans, son rôle et sa fonction. Jésus – Jesha" (de "Yahvé-shua": Dieu sauve), nom donné par l’ange Gabriel, indique que cet homme est Dieu qui nous sauve.

Ces événements, un peu insolites pour nous, ont donc une profonde signification préparatoire au grand événement de la croix sur laquelle un jour, cet enfant sera véritablement "Jeshua"(Dieu sauve), en versant son sang pour nous faire entrer dans la nouvelle alliance. Noël est en vue de Pâques.

Dr AKE Patrice Jean

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