Discussion sur ELEMENTS DE PHILOSOPHIE DE LA NATURE

 

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ELEMENTS DE PHILOSOPHIE DE LA NATURE

INTRODUCTION

La philosophie, dans son sens le plus général, veut connaître et enseigner la vérité sur les choses. Elle veut savoir ce qu’est tout être en réalité et en vérité. Sa tâche essentielle est de pénétrer, à travers la complexité des choses auxquelles on croit sans les avoir vues pour découvrir derrière elles la réalité. Or c’est cette notion de réalité, sans cesse évoquée et mise au premier rang dans toute polémique, que la philosophie grecque appelle Nature (phusis). La nature, selon Olof GIGON est "le domaine qui en toute circonstance est avant tout présent à l’homme et en face duquel toute opinion est néant et toute construction impuissante. C’est l’objet même de la philosophie; et elle cherche inlassablement à le mettre en lumière." (Les grands problèmes de la philosophie antique, Paris, Payot, 1961, p. 12). La philosophie est la connaissance du Tout, sinon dans un sens encyclopédique, du moins en tant qu’intelligence des principes. Elle est aussi la connaissance des choses les plus difficiles, donc des choses les plus éloignées des hommes esclaves de leurs perceptions sensibles. Ensuite, elle est la connaissance dont les méthodes sont les plus exactes, ce qui revient à la connaissance des principes. En quatrième lieu, elle est la connaissance la plus complète, la connaissance qui a sa valeur en soi et qui ne s’acquiert pas pour servir d’autres fins qu’elle-même. Finalement , elle est la science des causes premières.

La philosophie de la nature est une partie de la philosophie générale. Nous pouvons l’appeler aussi la philosophie physique ou la cosmologie. La physique est avant tout l’étude de l’univers et de son ordonnance dans l’espace et dans le temps. La physis répresente une notion spéciale chez les Grecs (Parménide). Le sens de ce mot provient des êtres organiques et de leur croissance et s’étend enfin au monde en tant qu’il est en devenir et en mouvement. Ce monde embrasse toujours l’ensemble des êtres inanimés, s’élève aux êtres animés qui vivent sur terre et enfin aux dieux qui habitent les régions du ciel. Mais ce monde exclut, tout au moins dans quelques systèmes, la divinité à l’essence de laquelle appartiennent l’immutabilité et l’immobilité éternelles. Ainsi la philosophie de la nature se divise, en un sens plus étroit, en une Physique, qui étudie le cosmos mouvant, et en une seconde partie, la théologie, ou métaphysique, si l’on veut éviter l’ambiguïté du terme. La physique se subdivise ensuite en étude des corps inanimés ivant au dessus de la terre et en dessous et en étude des êtres vivant: plantes, animaux, homme.

Le mot nature est une notion très importante dans la philosophie grecque. Il peut indiquer la réalité, par opposition aux jeux et aux exagérations inventés par les poètes, ainsi qu’aux imaginations et aux fanfaronnades du premier venu. Il n’est pas rare que le mot signifie retour à la réalité, destruction catégorique des illusions et des idées qui plaisent aux hommes pour les ramener à des faits plus ou moins prosaïques, plus ou moins désagréables. Autre sens très voisin du premier, mais qu’on peut rattacher à certaines conceptions philosophiques, celui qui indique chez l’homme l’être, opposé à la parole et à l’action. C’est de ce qu’est "à proprement parler" l’homme, dont dérivent les affirmations; parfois aussi, évidemment, ces affirmations sont en contradiction avec ce qu’il est. Mais voici un sens plus étendu: le mot "nature" signifie façon d’être et aptitudes premières. Ce sont les caractéristiques invariables que l’on est forcé de trouver chez l’homme aussi bien que chez l’animal et chez tous les êtres capables d’expériences et dont on ne peut pas ne pas tenir compte. Intéressons-nous davantage au sens proprement philosophique du mot nature.

Le premier d’entre eux est nécessairement celui qe l’étymologiste est porté à considérer comme le sens originel. Eymologiquement, en effet, le mot physis caractérise la croissance biologique (physesthai) et principalement la croissance des plantes. Physis signifie croissance. Fait partie du monde de la nature tout ce qui se meut et qui possède en soi-même l’origine de son mouvement.

Un autre mot que les Anciens employaient est physiologie. A l’origine, le mot physiologie et la qualification de physiologue étaient employés dans le vaste ensemble que constituaient les ouvrages d’Empédocle, d’Anaxagore. Mais nous ne savons pas bien coment on est arivé à cette notion large, objective de la nature. La physis est une puissance active, ordonnatrice et législatrice. La physis devient une hypostase. On doit lui obéir, se confier à sa direction, reconnaître et révérer l’opportunité de son règne sur toutes choses. Les Péripatéticiens, les Epicuriens et les Stoïciens se réfèrent à la physis, qui organise tout pour le mieux, aux ordres et aux avertissements de laquelle on doit obéir si l’on veut êre un jour heureux. Mais, ontologiquement, sa situation reste toujours dans la pénombre. Quand Epicure dit qu’on doit glorifier et remercier la nature parce qu’elle a fait en sorte que nous trouvions facilement ce dont nous avons besoin et difficilement ce dont nous n’avons que faire, il n’est pas commode de voir ce qu’il a lui-même compris par nature. S’agit-il simplement d’une manière de parler poétiquement quand il nous invite à remercier la nature, ou cela veut-il dire davantage?

Quant à la cosmologie, elle désigne l’ensemble des disciplines qui étudient, avec les moyens et les approches qui leur sont propres, l’Univers en tant qu’il constitue une totalité englobante. Plus précisément, la cosmologie se déploie à partir d’une interrogation sur tout ce qui rassemble la réalité physique spatio-temporelle en un ordre de coappartenance dont il s’agit de déterminer la structure et l’évolution. L’objet de la pnsée cosmologique est le Tout de la réalité. Ls anciens grecs le nommaient, to pan, ce qui faisait ressortir son caractère de totalité englobante. Les Latins claquèrent sur le plan sémantique cette désignation en lui faisant correspondre le terme: Universum qui exprime bien l’ensemble exhaustif et unifié du réel, par opposition au diversum qui souligne au contraire les différences et disparités dont la réalité est composée. Par ailleurs, le terme même de cosmos évoque l’idée d’un ordre universel, d’un bon ordre où chaque chose est à sa place en raison des fonctions qui lui sont assignées selon les limites strictes au sein de la totalité. Plus précisément, l’idée de cosmos implique celle d’un ensemble bien ordonné constitué de parties symétriquement disposées où viennent s’équilibrer les éléments opposés selon un jeu de combinaisons systématiques périodiquement alternées. Il faut lever l’équivoque entre le monde et l’univers our définir plus rigoureusement l’objet propre de la cosmologie.

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Une Réponse to “Discussion sur ELEMENTS DE PHILOSOPHIE DE LA NATURE”

  1. anicet Says:

    juste pour vous dire que j\’ai consulté votre blog, merci et union de prière!
    Fr. Anicet,op.

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