Kant Méthodologie transcendantale 2

 

positive. En ce sens, le système est une tâche. Aussi affirme-t-il ,dans notre texte à commenter que: « On doit la prendre objectivement, si l’on entend par là le modèle qui permet d’apprécier toutes les tentatives de philosopher » Objectivement, l’activité philosophique dans la voie critique est une tâche nécessaire, dont la simple représentation exige des concepts tout différents des concepts purs de l’entendement. Bien que nous pouvant donner lieu à un savoir. Bien que ne pouvant donner lieu à un savoir, la recherche d’une totalisation des connaissances (système) resterait une exigence et constituerait, tout en étant radicalement irréalisable, un idéal qui anime la science qui anime la science à son insu. Kant va donc s’en prendre à toutes les philosophies de son temps, appelées par lui,  philosophies subjectives. Toute la critique de la métaphysique est résumé à travers l’allusion à « l’édifice…si divers et si changeant ».(l.6-7)

Rappelons brièvement que le point de départ a été celui de penser e réel, c’est-à-dire d’obtenir une science qui ait le caractère d’universalité et de nécessité que les Anciens rêvaient pour la science parfaite, et qui, tout en satisfaisant ainsi complètement la raison, portât sur la réalité visible, phénoménale, sensible. Cette tâche a été entreprise dans deux directions différentes par l’école de Descartes et par l’école de Bacon. Les uns vont de la pensée aux choses; et de son existence, en tant qu’être pensant, Descartes, de proche en proche, déduit l’existence de Dieu et des choses extérieures. Spinoza, Leibnitz s’évertuent à rejoindre de mieux en mieux le réel avec la pensée, Locke, Hume, trouvent des éléments simples, où ils voient les traces de l’action des choses sur l’esprit: ce sont les choses, qu’ils s’efforcent d’amener à la pensée. Ces deux systèmes, le rationalisme dogmatique et l’empirisme sceptique se sont embarrassées dans des difficultés de plus en plus graves; ils ont été amenés à se faire des concessions mutuelles, au détriment de leur clarté

 

clarté et de leur unité. Et leur antagonisme n’a pu être surmonté. Kant se demande ici si leur édifice n’a pas été mal construit, c’est-à-dire, si ce n’était pas s’abuser que de s’imaginer un rapport de connaissance entre l’esprit et des choses qui seraient extérieures à lui, qui seraient des choses en soi. Son système nous apparaît ainsi comme une conclusion de ce grand drame philosophique qui se joue entre les rationalistes et les empiristes des XVIIe et XVIIIe siècles.

Le système de Kant est encore un idéal, « la simple idée d’une science possible »(l.8-9). Concrètement, cette philosophie critique n’existe pas, pour Kant. Sa pensée est constituée d’idées diverses qui se sont ordonnées, systématisées dans son esprit, ce qu’il appelle « différentes voies » (l.12). Mais la voie critique est « l’unique sentier qui y conduit » (l.13) Cette critique est le pouvoir de la raison comme raison pure. Sa question propre est celle de la métaphysique. La critique c’est aussi établir les limites de ce pouvoir, non à partir des livres et des systèmes philosophiques, mais en déterminant ses sources et son étendue. Pour cela, la critique porte sr un exercice légitime de la raison, avant tout celui qui est en œuvre dans les mathématiques et la physique. Tout cela doit se faire à partir de principes, c’est-à-dire que cette philosophie doit se présenter comme un système. Ce système est à faire, comme un travail futur. C’est en ce sens que Kant dit qu’il n’y a pas de philosophie que l’on puisse apprendre à l’heure actuelle: « Jusque-là on ne peut apprendre aucune philosophie; car où est-elle? Qui la possède? Et à quoi la reconnaître? On ne peut qu’apprendre à philosopher » (l. 16-18) Mais jusque-là que fait la philosophie?

Kant nous dit qu’elle est « un concept scolastique » (2è§). Il explique: la philosophie était jusqu’alors « un système de la connaissance, qui n’est cherché que comme science, sans que l’on ait pour but quelque chose de 

de plus que l’unité systématique de ce savoir, et par conséquent la perfection logique de la connaissance. » (2è§) Comment comprendre cette affirmation?

Apparemment le mot que le traducteur a transcrit en français est un mot du vocabulaire kantien. Schulbegriff est composé de Begriff qui chez Kant veut dire activité de synthèse et Schul qui renvoie à la philosophie moderne (à la scolastique). Cette philosophie a eu l’idée de se placer an face des choses, de la réalité. Concept scolastique est  une métaphore qui contient l’état des philosophies subjectives avant Kant. Ces philosophies sont des systèmes. Celui qui a appris par exemple ces systèmes de philosophie, n’en ont qu’une connaissance historique. On ne peut, parmi toutes les sciences (a priori) de la raison, apprendre que la mathématique, « perfection logique de la connaissance ». Ces philosophies, en tant qu’elles ne voulaient admettre pour la connaissance d’autre point de départ que nos idées, ont conduit à des difficultés inextricables, lorsqu’il s’est agi d’opérer le passage de la pensée à l’être. Kant lui prend la science comme point de départ de la philosophie. Les philosophies avant lui, se sont empêtrées dans des jongleries métaphysiques si bien qu’elles se sont constituées en systèmes, alors qu’en réalité, elles n’avaient pas une valeur de science. Elles avaient toutes les caractéristiques d’une science alors qu’elles l’étaient au sens formelle mais non pas en réalité.

Ce concept scolastique doit être distingué du concept cosmique.  Kant définit le concept cosmique de la manière suivante: « On appelle concept cosmique celui qui concerne ce qui intéresse chacun, par suite je détermine le but d’une science d’après des concepts scolastiques quand je ne la considère que comme une des aptitudes pour certaines fins arbitraires¹ »

 

ques quand je ne la considère que comme une des aptitudes pour certaines fins arbitraires¹ » Ici également, Kant emploie une métaphore, Weltbegriff. Veut-il parler de l’universalité du concept de philosophie, au sens où monde envoie à universel? Nous ne le pensons pas tout à fait. Peut-être que la philosophie ici serait un « flatus vocis » c’est-à-dire un concept vide, employé dans tous les sens, là où il faudrait de la rigueur scientifique, fonder cette dénomination. C’est pourquoi, de même que chez les Stoïciens, le philosophe est un idéal, de même nous devons faire tendre toutes les philosophies vers la voie critique. Kant arrive alors à une philosophie qu’il qualifie lui-même ailleurs de transcendantale.

La philosophie transcendantale est « la science du rapport de toute connaissance aux fins essentielles de la raison humaine » (l.36-38). Explicitons un peu cette définition. Cette philosophie est à construire, elle est un telos. Elle est le fondement scientifique de la raison humaine. Elle est aussi un juge, car elle convoque la raison, au tribunal de la raison. Législatrice de la raison, la logique formelle est convoquée pour faire évaluer ses prétentions et ses limites à connaître. Nous sommes dans le champ de l’idéalisme transcendantale que Kant a traité par ailleurs, dépassant ainsi les idéalistes avant lui comme Platon et Descartes… Sa philosophie est un idéalisme transcendantal, qui est à bâtir.

 

 

  

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