Discussion sur Spiritualité, Mystique et Philosophie de l’Esprit 1

 

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Spiritualité, Mystique et Philosophie de l’Esprit 1

SPIRITUALITE, MYSTIQUE ET PHILOSOPHIE DE L’ESPRIT

1. LA SPIRITUALITE, HISTOIRE DU MOT ET ETUDES ACTUELLES (suite)

Nous n’insterons pas sur les emplois du terme spiritualité du XIIIè au XVIIè siècle. Mais dans la première moitié du XVIè l’adjectif spirituel est d’usage fréquent. On parle de choses spirituelles, vie spirituelle et de livres spirituels. En ce siècle, l’homme spirituel n’est autre chose que le chrétien excellent, qui par conséquent possède plus que les autres, ce qui constitue l’homme chrétien, à savoir l’Esprit de Jésus-Christ. Le mot spiritualité est utilisé pour caractériser des manières de vivre et d’expérimenter les réalités spirituelles. A propos des abus dans l’effort d’élévation spirituelle, certains ne comprennent pas, en ce siècle, en quoi consiste la véritable quiétude. Toute leur spiritualité consistant plutôt en pensée et en spéculation qu’en vérité de divine infusion. C’est aussi au XVIIè siècle qu’on est venu à opérer la distinction entre la spiritualité mondaine et la spiritualité divine. La spiritualité divine va bien au-delà des sens et de la Nature. Elle voit et goûte des choses que ni les sens extérieurs, ni les sens intérieurs ne goûteront jamais. A la fin du siècle, le terme apparaît fréquemment dans la controverse entre Bossuet et Fénelon.

Chez Bossuet, il prend une coloration plutôt péjorative. Il est certain, selon lui, que la nouvelle spiritualité (celle des piétistes) rejette généralement les réflexions de tout l’état des contemplatifs et des parfaits. Il pense qu’il ne peut ommetre, ni dissimuler qu’il est toujours arrivé aux sectes d’une spiritualité outrée de tomber de là dans ces misères. Quant à Fénélon, il dit au contraire, qu’il veut soutenir, non pas une nouvelle spiritualité, mais l’ancienne. Il ne veut  parler que des saints qui ont été canonisés dans l’Eglise pour avoir pratiqué et fait pratiqué au prochain, le genre de spiritualité qui est répandu dans tous leurs écrits.

Au XIXè et au XXè siècle, Savart, dans son vocabulaire de la spiritualité, pense que le mot spiritualité qui est démeuré absent tout au long du XIXè siècle, réapparaît timidement au cours des années 90 et ne s’imposera qu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Cette affirmation est trop restrictive. En 1917, paraît le Manuel de spiritualité d’Auguste Saudreau où la spiritualité est définie comme la science qui enseigne à progresser dans la vertu et particulièrement dans l’amour divin. Le Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, paraît dès 1928. Le mot spiritualité est compris comme englobant l’ascèse et la mystique, dont les frontières sont malaisées à délimiter. Tout en privilégiant la spiritualité chrétienne, fondée sur la vie dans l’esprit, le dictionnaire s’intéresse aussi aux phénomènes analogues dans les autres religions.

Les grands dictionaires qui commencent à paraître dans la seconde moitié du XVIIIè siècle, permettent de conclure notre enquête. Quelle définition donnent-elles au mot spiritualité? La première définition s’énonce ainsi: " On dit la spiritualité de l’âme pour désigner cette qualité qui nous est inconnue et qui la distingue essentiellement de la matière. Le mot se prend aussi pour une dévotion honnête, recherchée, qui s’occupe de ce qu’il y a de plus subtil et de plus délié dans la religion." La seconde définition appelle spiritualité, "la qualité de ce qui est spirituel. théologie mystique. Détachement des choses temporelles." Ainsi tous les livres de dévotion, selon cette définition s’appellent livres de spiritualité. Dans un troisième sens, la spiritualité est la "théologie mystique, ce qui regarde la nature de l’âme, la vie intérieure." Dans un quatrième sens, la spiritualité est un terme de métaphysique. C’est la qualité de ce qui est esprit. C’est aussi un terme de vie dévote. Tout ce qui a rapport aux exercices intérieurs d’une âme dégagée des sens, qui ne cherche qu’à se perfectionner aux yeux de Dieu, s’appelle spiritualité. En général, la spiritualité est ce qui est dégagé de la matière et des sens. Enfin, au cinquième stade, la spiritualité est le caractère de ce qui est spirituel. Elle regroupe l’ensemble des croyances, des exercices qui concernent la vie de l’âme, le mysticisme religieux. La spiritualité est aussi l’ensemble des principes qui réglent la vie spirituelle d’une peronne, d’un groupe. Elle est aussi le caractère de ce qui est spirituel, l’aspiriation aux valeurs morales. Les dictionnaires montrent l’évolution sémantique du terme. Le sens philosophique ne subsiste guère que dans des expressions consacrées, comme la spiritualité de l’âme. Le sens juridique a pratiquement disparu à la fin du XVIè siècle. Par contre, le sens religieux a fini par prédominer. Alors, quelles études actuelles se consacrent-elles au sens du mot spiritualité?

Dr AKE Patrice Jean, Assistant à l’UFR-SHS de l’Université de Cocody, Abidjan, Côte d’Ivoire, pakejean@hotmail.com

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