Talking about Résumé de la Thèse Unique de Doctorat en Philosophie

 

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Résumé de la Thèse Unique de Doctorat en Philosophie

REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

 

UNION – DISCIPLINE – TRAVAIL

______________

 

MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

 

DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

 

 UFR DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIÉTÉ

___________

 

DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE

 

  RESUME DE LA THESE DE DOCTORAT

EN PHILOSOPHIE(THESE UNIQUE)

 

 

 

 

 

Présenté par :                                                                                   Sous la Direction du :

Mr l’ Abbé AKÉ Patrice Jean                                                        Prof.  NIAMKEY KOFFI

                                                                             Professeur Titulaire, Directeur de Recherche

Membres du Jury

Prof. Augustin DIBI KOUADIO, Professeur Titulaire (Président de Jury)

Prof. Abou KARAMOKO, Professeur Titulaire (Examinateur)

Dr Léon Ramsès BOA THIEMELE, Maître-Assistant (Examinateur)

 

SOUTENU : Le Samedi 24 Mai 2003

Mention Très Honorable

 

 

 

RESUME

 

Dans cette thèse de Doctorat intitulée :<<Nietzsche et la critique du prêtre >>, nous entendons trouver chez Nietzsche de quoi dévoiler la psychologie du prêtre, en vue d’amener celui-ci à mieux s’assumer et prendre en compte les origines de ses propres privations. Le terme <<prêtre>>, dans son étymologie générale, est un mot français du XIIè siècle, prestre, qui vient du latin chrétien, presbyter.

Tertullien l’avait employé déjà au IIIè siècle, et ce terme signifie vieillard. Dans la Vugate, presbyter est utilisé à la place de prêtre. Tertullien a emprunté ce terme au grec, Πρεσβυτερος. Πρεσβυτερος vient de πρεsβυς, qui signifie dans un premier sens, vieux, âgé, ancien, d’où, le chef, l’aîné. Par extention, le mot est employé pour signifier quelqu’un qui est digne de respect, respectable, précieux, cher, et considérable. On peut l’employer dans le sens de juger quelque chose comme très important. Ce mot peut aussi s’appliquer aux choses divines, qui sont au-dessus des choses humaines. Le substantif πρεσβυς signifie envoyé, député,  ou ambassadeur.

Pour mener à bien cette thèse, nous avons lu un certain nombre d’ouvrages de Nietzsche tels que la Généalogie de la Morale,  Aurore, Humain trop humain, Crépuscule des Idoles, Par-delà Bien et Mal, Antéchrist, Ainsi Parlait Zarathoustra… Nous sommes partis de l’ouvrage la Généalogie de la Morale  pour chercher notre objet et utiliser la méthode généalogique de Nietzsche. Car, il s’agira au cours de notre thèse de chercher des justifications d’une étude sur le prêtre. La méthode généalogique que nous exposerons dans la deuxième partie de notre thèse, permet à Nietzsche de dévoiler la psychologie du prêtre.

Nietzsche, nous le pensons, dans sa critique générale du christianisme, ne peut pas ne pas rencontrer le prêtre : personnage ignoré ou moqué, quoique, nous le verrons, dans la troisième partie de notre thèse, imité et caricaturé par les philosophes, le prêtre figure parmi ces aristocrates qui, après la caste des guerriers et en concurrence avec elle, donne une loi, impose des valeurs, soumet la volonté à des règles, fixe un but et un sens à la vie. L’histoire occidentale, notamment, serait peu intelligible sans son influence. C’est pourquoi l’intérêt porté au cas du prêtre (non au sacerdoce en tant qu’institution), apparaît extraordinairement central dans le texte nietzschéen.

Les analyses que Nietzsche fait du type chrétien du prêtre sont très complexes : selon Nietzsche, le prêtre est un homme qui se sacrifie pour recevoir en secret, les immondes secrets des autres, qui rend à l’humanité un service d’hygiène non publique, mais qui se sert du confessional pour miner la confiance en soi et la trop bonne santé des classes dominantes. Faible et courbé devant les maîtres aristocratiques, envieux et contempteur de toute jouissance, de toute affirmation de soi, il est l’homme type du ressentiment. Il use de son sacrifice du corps, refus du mariage et de la raison (rabâchage de l’Ecriture, hallucinations de l’autre monde) pour assurer sa maîtrise sur les maîtres. L’impuissance a fait grandir en lui une haine monstrueuse, sinistre, intellectuelle et venimeuse. Les grands vindicatifs de l’histoire ont toujours été des prêtres. Il accroît la souffrance des fidèles, ravive leurs angoisses, affine leur mauvaise conscience, pour les guider vers les consolations de l’idéal ascétique. Il distribue avec une égale prodigalité le réconfort du doux pardon divin et la menace pour des sermons sur l’Enfer. Cela pour le peuple. Pour les âmes d’élite, le prêtre invente la narcose mystique, sorte d’ascétisme inversé en extases sensuelles, mais il se méfie de ces états peu socialisables. Il préfère favoriser d’une part, le travail obéissant et soumis, car le travail par l’activité machinale assure le sommeil des sens et de l’esprit, et d’autre part la vie caritative. Mais à cette domination sur les forts, il préfère accroître sa domination sur eux, et assurer son emprise sur l’Etat. A preuve, les premiers penseurs de l’Etat arrivent à grand-peine à sortir du cercle théologico-politique. Finalement, Nietzsche, parlant du prêtre, aborde des sujets presque tabous comme ceux concernant sa chasteté et sa relation avec la vie concrète, ce que nous appelons la relation ontologique. Aussi nous pensons que le prêtre d’aujourd’hui est condamné à vivre dans l’équivoque et la duplicité. Il a en secret, la témérité du criminel blême, selon le mot de Nietzsche, d’une personne qui pèche par faiblesse et non par violence et qui, dévorée par ses scrupules de conscience, met toute sa passion à souffrir et à faire souffrir alors qu’il devrait répandre la joie et le bonheur.

Notre méthode a été d’expliciter la méthode généalogique qui se trouve mise en œuvre dans la Généalogie de la morale. En quoi la Généalogie de la morale  par exemple, peut-elle trouver place dans une étude sur le prêtre ? Plus exactement par quels détours l’analyse généalogique de la morale conduit-elle à une analyse du prêtre ? Dans Ecce Homo, Nietzsche répond à ces interrogations[1]. Nous verrons ainsi la place centrale de la Généalogie de la morale dans cette thèse. L’idéal ascétique est l’idéalisation de l’ascétisme, la croyance que la  meilleure vie humaine est une vie qui se renie elle-même. Ensuite, la  troisième dissertation semble destinée à confondre les lecteurs sur la multiplicité des idéaux ascétiques. Pourquoi parmi cette multitude d’idéaux ascétiques, Nietzsche s’oppose seulement à certains d’entre eux ?

Enfin, Nietzsche répond à la question initiale :<<Que signifie les idéaux ascétiques ?>>. Il va distinguer les différentes versions de l’idéal ascétique, dont les plus importantes sont celle des philosophes et celle des prêtres. C’est ici que nous observons un glissement dans le texte de Nietzsche. Il passe des idéaux ascétiques à l’idéal ascétique. Les conclusions formulées à la fin du paragraphe de cette troisième dissertation, concernent l’idéal ascétique.

Tous ces problèmes nous ont obligés, dans la première partie de notre travail, à  procéder à  une mise en place de la psychologie sacerdotale à travers une présentation générale de la Généalogie de la morale.  Cette partie comprend trois chapitres. Dans le premier chapitre,  à travers quelques remarques sur le titre et le sous-titre de la Généalogie de la  morale, nous essayons de montrer «la psychologie du christianisme», sa naissance à partir de l’esprit du ressentiment.  Dans le second chapitre, nous nous intéressons à la question de la morale comme problème dans la Généalogie de la morale.  Ici nous donnons la « psychologie de la conscience ». Le troisième chapitre dénonce,  à travers la présentation générale de l’ouvrage, la présence de l’idéal sacerdotal dans les idéaux modernes ou au sein des activités comme l’art, la philosophie ou même l’athéisme.

Nous avons essayé de montrer dans cette thèse que l’idée fondamentale de Nietzsche est que cet idéal ascétique a sauvé la volonté nihiliste du suicide pour un temps[2]. L’idéal ascétique a donné  un sens à l’humanité[3]. Le commentaire de la Généalogie de la morale dans Ecce Homo, détruit complètement cet idéal. Nietzsche voit sa propre tâche, comme celle de donner une alternative à l’idéal ascétique. Voilà pourquoi  dans la deuxième partie de cette thèse, nous avons jugé utile d’exposer la méthode généalogique, mais surtout de parler du nihilisme et enfin du sens des idéaux ascétiques. Ce que nous montrons dans cette partie, ce sont les raisons pour lesquelles Nietzsche s’oppose à l’idéal du prêtre ascétique qui est l’ennemi de la vie, le négateur.

Dans la critique de la psychologie du prêtre que nous faisons, nous montrons que l’idéal ascétique, auquel s’identifie le prêtre, a été l’idéal dominant, parce qu’il fut l’idéal, <<faute de mieux>>. Il en est ainsi <<parce qu’il n’avait pas de concurrents[4]>>.

Mais ce que Nietzsche a perçu, mais qu’il n’a pas bien exprimé,  c’est la séparation qu’il pose entre un système déclaré saint en soi, autrement dit, et une institution ecclésiastique inattaquable, parce que voulue par Dieu lui-même, et un homme hélas ! sans cesse soumis aux tentations et faillible. Le prêtre apparaît, selon notre thèse, <<comme un abstraction artificielle et schématisante incapable de rendre compte de la réalité vivante, et simplement destinée à stabiliser idéologiquement l’ordre préétabli[5].>>

Nous relevons aussi dans cette thèse que l’image du prêtre  décrite par Nietzsche dans sa critique, apparaît à la fois extrêmement large, voire même assez floue, et extrêmement étroite. Nous avons remarqué l’importance de l’expression <<prêtre ascétique>> : elle ne désigne pas seulement le prêtre catholique, mais aussi le pasteur luthérien, et tout homme de Dieu de quelque religion que ce soit, ainsi que l’homme de science, l’homme politique et le philosophe. Ainsi dans la troisième partie de notre thèse, nous faisons une critique du type chrétien du prêtre. Nietzsche, en outre, ne se contente pas de critiquer le prêtre.

Ce que nous pouvons noter déjà ici, c’est que dans la troisième dissertation de la Généalogie de la morale, l’analyse de cet idéal, laisse planer un petit doute, car Nietzsche oppose à cet idéal ascétique, un contre-idéal, celui de Zarathoustra-Dionysos.

Cette critique comporte quatre chapitres : dans le premier chapitre, nous voyons la psychologie du prêtre, à travers la domination sacerdotale. Le second chapitre montre l’exercice de cette domination sacerdotale. Le troisième chapitre analyse les limites et l’amplitude de la figure sacerdotale. Enfin, dans le quatrième  chapitre de notre thèse nous exposerons le type nietzschéen du prêtre, le type de Zarathoustra-Dionysos, qui est la figure achevée de la subjectivité humaine et qu’on peut aussi appeler le surhomme. Cette figure est appelée à remplacer le type précédent du prêtre, par sa morale qui s’appelle l’éternel Retour et son amour du destin. Mais la réalisation de ce type reste encore une utopie  éclairée.

Finalement pour nous, le prêtre ne doit pas être enfermé dans le culte. Il est un homme que la misère et la souffrance des siens ne devaient jamais laisser en paix. Aussi devrait-il s’insurger contre les fausses paix proclamées ici ou là, par ceux-là mêmes dont les injustices et la dictature constituent une véritable guerre contre le petit peuple. En d’autres termes, un prêtre digne de ce nom, ne peut pas vivre en paix alors que les gens autour de lui ne savent pas s’ils mangeront le lendemain, si leur enfant ira à l’école à la rentrée des classes, si leur cacao ou café sera acheté et à quel prix. C’est pourquoi, en célébrant l’Eucharistie, il ne devait pas se limiter à demander la paix pour son pays mais parler aussi des rapports étroits entre la paix et la justice et montrer que la paix qui ne repose pas sur des institutions justes est toujours précaire. C’est en cela qu’il peut être considéré comme un ministre de l’inquiétude. Nous n’avons pas fait, au cours de cette étude, d’analyse psychologique de saint Paul, le prêtre type, mais une étude plus globale sur les prêtres.Les difficultés que nous avons rencontrées pour mener à bien ce travail,  ont été de prendre de la distance par rapport au sujet lui-même. Comment faire le tri entre notre état de prêtre, c’est-à-dire notre subjectivité, et le sujet que nous avons à étudier ? Nous nous sentions concernés par le sujet . Comment alors distinguer la théologie, de la psychologie religieuse,  et de la psychanalyse quand nous parlons du prêtre et surtout quand nous abordons la critique nietzschéenne du prêtre ? Nous avons essayé de ne pas trop personnaliser le débat, comme nous n’avons pas voulu trop le théologiser aussi : aussi nous avons écarté toutes les objections du genre : le prêtre répond à un appel, celui de la grâce divine, il s’agit là d’un mystère, donc de quelque chose qui ne relève pas de la logique ordinaire, dont traite la philosophie. Sur le plan philosophique, cette façon de parler d’un appel divin, d’une conduite divine, nous amène à nous poser les deux questions suivantes : premièrement, de quelle nature sont les expériences philosophiques dont on peut interpréter l’origine comme divine ? Deuxièmement, quel sens cela a-t-il pour la personne concernée d’attribuer une origine divine à ses expériences marquantes ? Si l’on veut éviter que Dieu ne soit ici que pur placage, collage extérieur et aliénant d’ordre idéologique, une approche philosophique des expériences psychiques et de leur interprétation est absolument nécessaire, peut-être encore plus que jamais s’il s’agit des prêtres. Au nom de Dieu et dans l’intérêt de tous, pour des raisons relevant à la fois de la théologie et de l’hygiène mentale, il est donc non seulement légitime, mais indispensable, de soumettre à la lumière, précisément et en premier lieu de la philosophie, la parenthèse, autrement dit le cadre, dans lequel s’insère la vie du prêtre, celui qui la résume, bref, le fondement de la doctrine de foi touchant à la vocation divine particulière.


[1] NIETZSCHE.- Ecce Homo  de la Généalogie de la Morale dans Œuvres, volume 2, (Paris, Robert Laffont, 1993), pp. 1182-1183.

[2] NIETZSCHE.- La Généalogie de la morale 28 dans Œuvres (Paris, Robert Laffont, 1993), volume 2, pp. 888.

[3] NIETZSCHE.- La Généalogie de la morale 28 dans Œuvres,(2),  p. 888.

[4] NIETZSCHE.- Ecce Homo.-Généalogie de la Morale., Schl. II, p. 1143, précisant La Généalogie de la morale III , 28

[5] DREWERMANN(E.). Fonctionnaires de Dieu, p. 32.

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