La problématique de l’éducation à la paix 3

LA PROBLEMATIQUE DE L’EDUCATION A LA PAIX : PROPOSITIONS POUR L’ECOLE IVOIRIENNE

2. PROPOSITIONS POUR L’ECOLE IVOIRIENNE (suite et fin)

Si l’éducation est au point d’intersection des réflexions pédagogiques et théologiques, notre réflexion sur l’éducation à la paix ne saurait s’achever, sans que nous ne donnions la parole aux pédagogues de l’éducation nouvelle. L’essentiel pour les tenants de l’école nouvelle est de placer les enfants dans un contexte environnemental, leur permettant de renouer avec la nature. Ce contact avec la nature et la réalité doit leur assurer la possibilité d’un développement plein et entier de leurs potentialités.

En regardant l’école aujourd’hui dans notre pays, nous pouvons penser que l’abus de pouvoir a dénaturé l’école. Celle-ci est devenue un organisme de parti (par exemple la Fesci par rapport au FPI) et un instrument de combat. On fait de l’école un moyen de s’emparer de l’enfant. Cet état de fait serait dû à l’importance excessive dans notre pays du politique et de l’administration ; il conviendrait de modifier cette situation, et pour ce faire, il importe de modifier le système d’éducation. Cette modification doit se réaliser dans le sens d’une meilleure adaptation de l’homme aux situations privées avant tout ; il faut moins de discours et plus d’applications pratiques dans l’école, il faut une éducation moins exclusivement cérébrale, moins exclusivement classique et plus pratique, à une éducation qui, au lieu de former presque uniquement des candidats fonctionnaires, forme surtout des agriculteurs, des industriels et des commerçants.

Cette éducation nouvelle, d’un point de vue pratique, se doit d’organiser des écoles selon le modèle familial, plutôt que ces « énormes casernes scolaires ». Le but de l’école est de faire aussi rapidement et aussi complètement que possible des hommes, au point de vue moral, au point de vue intellectuel et au point de vue physique ; avec des programmes mieux adaptés à la nature de l’enfant. Ce dernier doit trouver en lui des ressources nécessaires à son épanouissement, raison pour laquelle il se trouve placé au centre du processus éducatif, accompagné et guidé par des adultes qui sont à son écoute.

Eduquer à la paix pour cette école nouvelle, c’est canaliser les instincts des étudiants et élèves et non les réprimer. On peut aussi objectiver ces instincts. La paix par l’école implique aussi la lutte contre le mal en canalisant le plus tôt possible l’instinct combatif de l’enfant, objet de l’éducation morale ; ensuite, le développement de la solidarité  entre les humains grâce à l’éducation sociale ; enfin une connaissance accrue de la « famille humaine » et de son chef représenté par le Père Céleste.

Finalement que conclure à la fin de cette étude ? Nous soutenons qu’une éducation à la paix est possible. Mais pour se faire, elle doit être très étroitement assujettie à l’éducation en général, à l’éducation dans sa globalité. Cette éducation aura besoin d’une éthique autonome qui devra assurer la compréhension des autres, ce qui nous conduira à une attitude nouvelle de réciprocité, et ainsi nous nous libérerons de nos égoïsmes primaires.

Père AKE Patrice Jean, pakejean@hotmail.com

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