Moraliser le football

 

MORALISER LE FOOTBALL : LEÇONS A TIRER DU MONDIAL 2006

 La coupe du monde de football 2006 est à peine à sa troisième journée que déjà la plupart des équipes africaines sont en train de plier bagage pour rentrer à la maison. Le tirage au sort n’ayant pas été clément pour certaines nations africaines, nous ne nous attendions pas au miracle. Néanmoins, au vu de tous les matchs, nous avons parfois crié à l’injustice, quand les sifflets de arbitres sanctionnaient différemment les équipes africaines, européennes, asiatiques ou américaines. Lorsqu’une équipe africaine menait au score à la régulière, ou bien la mauvaise préparation physique ou morale ne lui permettait pas de maintenir un résultat, ou bien elle était rattrapée au score grâce au coup de pouce d’un arbitre qui soit faisait sortir un joueur, en mettant cette équipe déjà faible en infériorité numérique, soit il donnait un coup de pied à l’avantage de l’équipe la plus forte qui marquait un but. Tout cela permettait à l’équipe forte de revenir au score, voire même de prendre l’avantage au plan psychologique.

Quelqu’un ironisait en disant qu’aucune équipe africaine ne pouvait arriver au second tour, pour la simple raison que les arbitres avaient reçu des instructions très fermes à ce sujet : nos équipes n’avaient de supporters capables d’arriver à faire le plein des stades ; donc elles n’étaient rentables de ce point de vue. Tandis que les joueurs des nations comme le Japon, l’Australie, la Corée du Sud et même l’Arabie Saoudite étaient caressés dans le sens du poil sur le terrain par des arbitres véreux qui faussaient tous les résultats. Par conséquent, en plus de la nullité des entraîneurs étrangers à qui nos dirigeants africains versaient des salaires exorbitants qu’ils n’accepteraient jamais de donner à un africain, l’immoralité est en train de gagner du terrain dans le monde footballistique. Ainsi notre premier axe de réflexion insistera sur cet aspect de la question. Puis nous relèverons les valeurs du football et la moralité des règles. Enfin nous plaiderons pour une éthique du football dans notre troisième axe.

1.      L’IMMORALITE DANS LE MONDE FOOTBALLISTIQUE

Si le monde actuel vit au rythme de la valeur Argent, celle-ci est largement partagée dans l’ensemble de toutes nos sociétés. Le football suscite toutes sortes de convoitises. Les « affaires » de corruption, de trucages de matchs, de malversations touchent tous les pays. La planète football ne tourne plus rond. La manne générée par ce sport suscite des envies : le chiffre d’affaires mondial du football est estimé par les experts à peu près à 12 milliards d’euros. Des scandales à répétition, assurément menacent ce sport.

Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Monsieur Sepp Blatter estime que la récente affaire de matchs arrangés qui secoue le championnat italien (le calcio) depuis plus d’un mois est « terrible », et qu’il s’agit du « plus important scandale de l’histoire du football. » « Comment est-ce possible que le football italien soit tombé si bas et que les dirigeants de clubs aient pu choisir les arbitres ? », s’est-il demandé dans une interview accordée au quotidien Corriere della Sera.

L’affaire révélée par la diffusion dans la presse de retransmission d’écoutes téléphoniques ordonnées par la justice, puis l’annonce de l’existence d’une vaste enquête judiciaire sur des matchs présumés truqués de la saison 2004-2005, et de paris clandestins impliquant notamment des joueurs de la Juventus de Turin, champion d’Italie cette saison, a pris des proportions considérables. Une quarantaine de personnes ont été convoquées pour interrogatoire, dont les arbitres, le directeur général de la Juventus, Luciano Moggi, qui depuis, a été limogé par la famille Agnelli, actionnaire majoritaire du club, l’industriel Diego Della Valle, patron des chaussures Tod’s et président de la Fiorentina, et l’ex-président de la Fédération italienne Franco Carraro. Quatre grands clubs (Juventus, Ac Milan, Fiorentina, Lazio de Rome) sont menacés de relégation administrative en division inférieure. Dejà, en 1990, les observateurs les plus attentifs avaient noté l’influence de la mafia sur le football italien, grâce en particulier aux paris clandestins du « Totonero » qui permet le blanchiment d’argent <<et rapporte plus d’argent à la Camorra que le « Totocalcio » à l’Etat>> écrivent Jean-Marie Brohm et Marc Perelmann dans leur livre Le football, une peste émotionnelle.

(A suivre)…

Père AKE Patrice Jean, pakejean@hotmail.com

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