Moraliser le football 1

 

MORALISER LE FOOTBALL : LEÇONS A TIRER DU MONDIAL 2006

1.      L’IMMORALITE DANS LE MONDE FOOTBALLISTIQUE(suite)

Aucun pays n’échappe aux prédateurs. En Allemagne, une trentaine de prévenus, d’arbitres, de joueurs et d’organisateurs de paris ont comparu en justice en octobre 2005, accusés d’avoir «arrangé » des matchs. En Suisse, le Français Marc Roger, ex-président du club suisse Servette de Genève, accusé de banqueroute frauduleuse, de gestion déloyale et d’abus de confiance après la faillite du club, a été arrêté par la police genevoise.

En Belgique, la chaîne de télévision flamande VRT assure que des rencontres de la première division ont été truquées cette saison pour favoriser des paris sur Internet. Au Portugal, 25 personnes, dont le président de la ligue portugaise de football et 9 arbitres, ont été interpellées en 2004 dans le cadre d’une enquête menée à travers le pays sur un trafic d’influence présumé dans le milieu de l’arbitrage. En Grèce, le secrétaire d’Etat aux Sports, George Floridis, ne mâche pas ses mots, déclarant que «la pourriture du monde du football nécessite un profond bouleversement du système ». En Turquie, les matchs truqués sont périodiquement dénoncés par la presse. Et les scandales s’étendent à l’Asie.

Li Shufu, propriétaire du club chinois de Canton, a déclaré à la presse ceci : « Le foot chinois est sale. Il n’y a pas un seul match qui soit honnête. Nous avons dépensé des centaines de milliers d’yuans pour acheter les arbitres. » « Le Vietnam doit impérativement éradiquer la corruption dans le football s’il veut faire progresser ce sport », a averti Peter Velappan, secrétaire général de la Conférence asiatique de football (AFC). « Nous avons des expériences de ce type en Indonésie, en Malaisie, à Singapour. Maintenant, c’est la Chine et le Vietnam. », révèle-t-il.

En Amérique latine, la palme d’or revient au Brésil où la dette cumulée des clubs est estimée à peu près à 450 millions d’euros. La corruption ambiante fait peser un climat de suspicion sur l’ensemble du football et certaines frustrations de voir les clubs mal gérés. « Le football brésilien ne survit que grâce à un talent qui l’a conduit à cinq titres mondiaux », résume un journaliste brésilien.

En France, après l’histoire de la «caisse noire » de saint Etienne dans les années 70, les «affaires » sont aujourd’hui focalisées autour de deux grands clubs qui sont l’Olympique de Marseille (OM) et le Paris saint Germain (PSG). Concernant l’OM depuis l’ère Tapie – qui fut condamné par la justice pour sa gestion «trouble » du club -, les méthodes n’ont guère évolué. L’actuel actionnaire principal Robert-Louis Dreyfus vient d’être condamné à trois ans de prison avec sursis pour abus de biens sociaux, dans le procès des transferts suspects du club entre 1997 et 1999, tandis que l’ancien entraîneur Rolland Courbis était condamné à deux ans de prison ferme. A Paris, le club a été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur une entente présumée illégale entre le PSG et l’équipementier Nike sur des compléments de salaires.

Quant à l’Afrique dans tout cela ? A part la formation du Togo qui a défrayé la chronique lors de la dernière coupe du monde Allemagne 2006, pour une question de primes de matchs impayées, toutes les équipes semblaient ne pas avoir de problèmes d’argent. Néanmoins de telles failles peuvent être exploitées lors des matchs de qualifications (3è match) par des pays prédateurs qui auraient besoin d’une équipe faible pour se qualifier. Ainsi par exemple, nos arbitres africains pourraient entrer dans l’œil du cyclone, si d’aventure ils étaient mal rémunérés  par la FIFA. Nous ne parlerons pas de quelques sélectionneurs expatriés qui pourraient vendre les matchs à leurs compatriotes. Mais où la bât blesse, c’est la corruption qui gagne nos équipes africaines, où les joueurs eux-mêmes paient leur place dans la compétition en payant dirigeants et encadreurs. Certains en effet sont mieux payés que les derniers nommés. C’est ce qui explique tous ces tiraillements lors des classements des joueurs pour les matchs importants. Les places sont mis aux enchères.

En terminant cette partie, nous voudrions dire un mot sur les dépenses somptueuses de la FIFA. Selon Monsieur Sepp Blatter qui s’exprimait de la sorte, lors du 59è Congrès de la FIFA à Munich, le 8 juin 2006, « Le football est à la croisée des chemins, son succès fait aussi son malheur. »

 (A suivre)…

Père AKE Patrice Jean, pakejean@hotmail.com

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