Programma pour une université citoyenne1

Prof. Augustin DIBI KOUADIO
Professeur Titulaire de philosophie A L’UNIVERSITE DE COCODY ET A L’UCAO-uua
1. introduction

L’homme est, pour ainsi dire, un animal qui, étonné, regarde autour de lui pour découvrir un monde qu’il doit transformer par son agir, afin que demain soit meilleur et plus beau qu’aujourd’hui ; mais l’action ne va pas sans la pensée.

« Toute la dignité de l’homme est dans la pensée ». Ce mot de Pascal ne vient-il pas signifier que rien ne vaut la possibilité que l’homme a de renouer avec la fine pointe de son esprit comme avec son plus sûr logis, afin de voir clair en soi et en les choses ? Dans un monde où tout va vite et où l’essentiel consiste à sans cesse produire, la question fondamentale de la finalité semble être tombée dans l’oubli. Qui ne voit alors toute l’importance des sciences humaines ? Par l’examen, l’analyse, la critique et l’interrogation, elles maintiennent l’esprit en éveil pour le mettre en mémoire de ce qui n’a aucun prix : l’homme lui-même comme infinie liberté.

Dans un pays comme le nôtre devant rassembler des pierres pour se bâtir patiemment, on s’aperçoit de jour en jour que le développement ne saurait unilatéralement s’envisager avec la science économique, ni celle de la nature. Sans une idée de l’homme qui le sous-tende, que peut être le développement sinon piétinement, enlisement dans la morne répétition de l’identique d’une culture quantifiante ne proposant à l’homme que la consommation ? Ce point explique l’inflexion fondamentalement anthropologique constatée dans les autres disciplines universitaires.

Que peut être en effet un avocat sans aucune notion psychologique, un médecin allant vers l’homme sans une intuition seconde et un architecte ou un urbaniste oubliant que l’homme habite l’espace à partir de requêtes irréductibles à la vie naturelle ? Comment parler de la démocratie, de bonne ou mauvaise gouvernance sans avoir le regard tourné vers l’éthique dont Heidegger nous invite à entendre le sens d’une oreille originelle comme une pensée du séjour de l’homme ?

Renouer avec ces vérités élémentaires, toujours éternellement jeunes, comme au premier matin du monde, les rappeler en les affirmant en tant que l’assise fondamentale de notre UFR et les répandre, afin que l’acte de professer soit effectivement une manière de lancer la parole en avant comme une semence qui, un jour, à sa façon, pourra s’ouvrir et porter des fruits : tel est le lieu où s’enracinera l’action de l’équipe de l’Université Citoyenne.

Comment saurions-nous agir sans, au préalable, nous enquérir de l’état actuel des choses ?

2. etats des lieux

Une première chose, de toute évidence, frappe le regard : les bâtiments de notre UFR sont de plus en plus dégradés. Sans aucune parole, par le langage subtil des regards, professeurs et étudiants s’accordent pour réaliser que les salles de cours n’offrent plus, d’elles-mêmes, le cadre convenable pour dire, entendre et recevoir des enseignements. Notre UFR n’a pas pu bénéficier de récentes constructions de salles de cours. Nous continuons de partager les anciens amphithéâtres avec les autres départements.

A l’intérieur des départements eux-mêmes, les bureaux sont restés en l’état, alors qu’a sensiblement augmenté le nombre du personnel enseignant.

Les couloirs devant les salles de cours sont le plus souvent occupés par les étudiants, discutant et bavardant en attendant la prochaine leçon. Les professeurs eux-mêmes ne se rencontrent que dans ces mêmes couloirs et allées, se saluant et échangeant quelques bribes de paroles.

Les Revues permettant aux professeurs de publier des articles et d’offrir en partage leurs problématiques théoriques, ne paraissent pratiquement plus, comme si elles étaient frappées d’une extinction soudaine ! Sans nier la réalité de la crise, celle-ci ne saurait expliquer pareille situation, car n’est-ce pas précisément, en temps de crise, que l’esprit doit renouer avec son lien le plus propre, en se hâtant de réveiller la lumière ?

La division subtilement gagne notre Université qui se laisse envahir par les courbures et les aspérités de la société, alors que c’est vers elle, en bonne logique, que les regards devraient s’orienter lorsque tout semble obscur et que l’on cherche une étincelle de lumière !

Les voyages d’études permettant aux enseignants, pendant les grandes vacances, de s’informer, de faire le point de leurs recherches et de nouer des contacts, à l’étranger, avec leurs collègues et des structures, se font de plus en plus rares.

Que pouvons-nous et devons-nous faire, afin de ne pas être comme le voyageur qui prend le train et s’endort pour ne se réveiller qu’au moment de la collision ?

3. ACTION CITOYENNE A LA TETE DE L’UFR : GERER, ADMINISTRER ET NEGOCIER

Le sage nous apprend que chaque travail effectué n’est qu’un coup de marteau de plus que nous portons dur du fer qu’un autre a forgé avant nous et avec lequel un autre encore, après nous, labourera la glèbe.

A) GERER

Gérer consistera à entretenir le patrimoine, à acquérir de nouveaux équipements et à créer de nouveaux espaces de convivialité.

A-1 Entretenir le patrimoine

Pour respirer largement et nous sentir chez nous, dans notre propre maison, ne convient-il pas de refaire la peinture (murs et boiseries), de remettre en état les sanitaires, les climatiseurs et de réaménager, si possible, les salles de cours avec une attention particulière aux portes, fenêtres et plafonds ? Comme pour certains amphithéâtres, des noms pourraient être affectés aux salles de cours. Le téléphone, après une étude de faisabilité, pourrait être rétabli.

A-2 Acquérir de nouveaux équipements

Tous les départements de notre UFR connaissent des problèmes d’équipement.

En histoire, il va falloir prévoir quelques bureaux supplémentaires, acquérir du matériel informatique aussi bien pour l’administration que pour la formation des étudiants, des climatiseurs, une photocopieuse, un lecteur de microfilms, etc.

En géographie, s’impose le besoin d’un équipement pour l’interprétation des photographies aériennes, l’élaboration des cartes topographiques, la qualité de finesse et de beauté des images photographiques.

En psychologie, les mêmes préoccupations concernant les bureaux et les climatiseurs se retrouvent

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