L’exigence de qualité dans l’enseignement supérieur1

 

Prof. LOU BAMBA Mathieu,
Maitre de conferences A L’UFR-SHS DE L’UNIVERSITE DE COCODY et a la faculte de philosophie de l’UCAO-uua
 INTRODUCTION

Face aux multiples défis d’un mode en mutation rapide, l’éducation apparaît comme  un atout indispensable pour permettre à l’humanité de progresser vers les idéaux de paix, de liberté et de justice sociale[1]. Cette conviction profonde qui anime l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) place l’homme au centre de ses préoccupations. Comment conduire et orienter l’homme au milieu de la fluidité des temps nouveaux au sein du village planétaire où tout se mélange, grâce, notamment, au phénomène de mondialisation ?

Deux préjugés diamétralement opposés doivent d’emblée être écartés dès lors qu’on accepte d’aborder toute question relative à la mondialisation. Il s’agit d’une part de celui tendant à diaboliser de façon systématique la mondialisation en la considérant comme un phénomène de perdition, d’aliénation absolue dans lequel s’engager signifierait, à coup sûr, aller à la perte de soi, de son « âme ». A l’inverse, d’autre part, il s’agit d’un préjugé tendant à considérer les préceptes du phénomène de mondialisation comme des prescriptions « divines », intouchables et absolues. L’une ou l’autre de ces attitudes me paraît d’emblée condamnable pour leur extrémisme, leur extravagance respectif.

Ainsi donc, soumettre l’exigence de qualité à l’épreuve de la mondialisation ne signifie nullement que tout ce qui a été fait dans l’enseignement supérieur jusqu’ici est mauvais et que c’est seulement maintenant et ce, grâce à la mondialisation, que l’enseignement supérieur peut être de qualité. Cela ne signifie pas non plus que toute intervention de ce processus doit être bannie du système d’enseignement supérieur qui se voudrait authentique. Au demeurant, au moment où les progrès des sciences et des technologies ont brisé les frontières, que vaudrait un enfermement sur soi ?

La mondialisation en effet, est un processus multidimensionnel qui a des répercussions économiques, sociales, politiques et culturelles sur l’enseignement supérieur. Elle engendre de nouveaux défis à un moment où les Etats nations ne sont plus les seuls à assumer les services d’enseignement supérieur et où la communauté universitaire ne détient plus le monopole de la prise de décision dans le domaine de l’éducation supérieure. Ces défis intéressent certes, les questions globales relatives à la souveraineté nationale, la diversité culturelle, la pauvreté et le développement durable mais de façon particulière, ces défis intéressent aussi les questions d’accès, d’équité, de financement et de qualité.

Ainsi, parce que l’exigence de qualité figure en bonne place parmi ses contraintes, l’enseignement supérieur doit, en toute lucidité, pouvoir identifier, par lui-même, les efforts qu’il aura à fournir pour une meilleure adaptation au monde en mutation. Exiger la qualité c’est non seulement amener à la créer là où elle n’existe pas, mais aussi à l’améliorer là où elle a commencé d’être. Mêle si les systèmes éducatifs sont différents et variés, globalement, leurs buts les plus importants sont le développement cognitif et l’acquisition d’ensembles de valeurs, d’attitudes et de compétences, nécessaire à la société pour sa production et sa reproduction.

Comment dans un contexte mondialisé qui donne aux peuples du Nord d’accroître leur développement et leur hégémonie sur le Tiers-monde, notamment l’Afrique, notre enseignement supérieur peut-il donner une éducation supérieure de qualité ? Comment les Africains peuvent-ils répondre à l’exigence de qualité tout en s’inscrivant dans le processus de mondialisation auquel il ne s’agit nullement de se soustraire ? L’exigence de qualité doit-elle obéir uniquement à des considérations financières et matérielles ? Ou bien encore ne privilégier que les aspects du fonctionnement de l’enseignement supérieur qui se prêtent facilement à une évaluation quantitative sous formes d’indicateurs ? Comment dans le contexte des économies du savoir, l’enseignement supérieur peut-il continuer à assumer sa fonction de production et de diffusion des connaissances, nécessaires au développement des pays comme les nôtres ?

Je propose que l’examen de cette problématique se fasse autour de trois axes, à savoir :

§         Les fondements de l’exigence de qualité

§         Les défis de la mondialisation à la qualité de l’éducation supérieure

§         Les opportunités.


[1] DELORS (Jacques)(présidé par).- Rapport à l’Unesco de la Commission internationale sur l’éducation pour le XXIè siècle, (Paris, éditions Unesco et éditions Odile Jacob, 1996.)

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