L’exigence de qualité dans l’enseignement 2

1.     LES FONDEMENTS DE L’exigence de qualite

L’amélioration du système éducatif et son adaptation à l’évolution du temps est un devoir fondamental que tous les planificateurs de la politique éducative ont en conscience. Dans nos pays, il n’est que de constater l’évolution progressive et diverse des méthodes mises en œuvre dans les systèmes éducatifs. Ce qui est constant, c’est la revendication par chacun à vouloir réaliser pour les enfants de son pays une éducation de qualité. De façon explicite la déclaration mondiale sur l’éducation pour tous (1990) et le Cadre d’action de Dakar (2000) considèrent la qualité comme la condition première de la réalisation de l’éducation pour tous. L’objectif 6 engage les Etats à « améliorer sous tous les aspects la qualité de l’éducation dans un souci d’excellence[1]… »

La recherche de la qualité est donc la chose la mieux partagée. Chaque système éducatif la revendique pour son propre compte. Mais qu’est-ce qui définit la qualité dans l’éducation ? Et comment la réaliser ? Il n’y a pas d’unanimité au niveau des réponses. Le débat à ce niveau reste largement ouvert et invite les uns et les autres à intervenir et à proposer.

Emmanuel Kant reconnaissait dans ses Réflexions sur l’Education ceci : « L’homme est la seule créature qui doive être éduquée. Par éducation on entend, en effet, les soins (l’alimentation, l’entretien), la discipline, et l’instruction avec la formation[2]. » Si l’objet principal de l’éducation est l’homme, de la conception que l’on peut en avoir dépendra la manière dont on voudra le modeler et lui donner forme. L’anthropologie détermine la politique éducative et partant la qualité de l’éducation. La qualité pour qui ? Pour quoi ?

Le Rapport mondial de suivi sur l’Education pour Tous 2005 accorde à cette question une place importante. Il donne des repères philosophiques, anthropologiques, sociologiques et historiques qui fondent les différentes approches de la qualité dans l’éducation. Afin que chacun puisse chercher lucidement la qualité qu’il veut donner à l’éducation, il convient de s’appuyer, selon ce rapport sur les traditions en matière d’éducation et les notions de qualité qui leur sont associées. Pour déterminer si une éducation est de qualité, faut-il mettre l’accent sur les résultats obtenus ? Ou sur le contenu de ce que l’on enseigne ? Ou sur quoi d’autre ? Les approches sont dites, humanistes, béhavioristes, critiques et autochtones.

1. Conception humaniste de la qualité de l’éducation

Cette conception est celle émanant des philosophes contractualistes de façon générale, et particulièrement de John Locke et de Jean-Jacques Rousseau qui ont une vision positive de la nature humaine comme essentiellement bonne. La liberté et l’égalité caractérisent chaque être humain et son comportement peut être autonome malgré les contraintes de l’hérédité et de l’environnement. la réalité de chaque personne est définie par elle-même. Les inégalités qui surviennent sont le produit des circonstances. Cela signifie que l’apprenant est au centre de la fabrication du sens. La qualité est par conséquent relative à sa personne. Dans une telle vision, la recherche de la qualité exclut le recours aux programmes standardisés, prescrits ou contrôlés de l’extérieur. L’apprenant doit pouvoir construire sa propre interprétation. Les programmes d’éducation doivent rester à l’écoute des situations et des besoins individuels des apprenants. Par ailleurs, le rôle de l’évaluation qui fait partie intégrante de l’apprentissage, est de donner aux apprenants des informations et des avis sur la qualité de leur apprentissage individuel. L’enseignant a pour rôle de faciliter l’apprentissage et non pas d’imposer des connaissances toutes faites.

2. Conception béhavioriste de la qualité (J.B. Watson)

Cette vision met l’accent sur le comportement de l’être humain tout au long de son évolution. A l’opposé de la tradition humaniste, elle est fondée sur la manipulation du comportement de l’apprenant par des stimuli spécifiques. Par cette tendance, l’apprenant n’est pas intrinsèquement motivé ou capable de construire au moyen des récompenses et de punitions. Evidemment, ici, la qualité dépend des programmes standardisés, définis et contrôlés de l’extérieur indépendamment de l’apprenant. L’évaluation est la mesure objective des comportements appris par rapport à des critères prédéfinis. L’enseignant dirige l’apprentissage en sa qualité d’expert qui contrôle les stimuli et les réponses.


[1] Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2005, p. 30.

[2] KANT (Emmanuel).- Réflexions sur l’éducation (Paris, Vrin 1993), p. 69.

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