Archive for mai 2006

Les intellectuels dans la crise ivoirienne 2

mai 18, 2006

La lutte du peuple sud-africain, toutes races confondues, contre l’Apartheid, prouve bien qu’ici comme ailleurs, aujourd’hui comme hier, la lutte pour la liberté n’a jamais été une lutte raciale ou ethnique, comme certains obscurs « exégètes » revêtus du manteau de journaliste, à la culture précaire et à la conscience dramatiquement bornée et chargée depuis le drame du Rwanda, veulent nous le faire croire. Assurément, la lutte pour la liberté des peuples a toujours été une lutte contre les systèmes d’asservissement et de domination qui ont des ramifications endogènes et exogènes. Cette lutte est celle des masses soumises contre leur gré à des dominations oligarchiques qui les offensent avec souvent des collaborations internes. C’est méconnaître cette vérité historique que de soutenir l’hypothèse du développement d’un sentiment anti-français en Côte d’Ivoire. ce à quoi nous avons assisté pendant plus de deux semaines en France, au cours du réveil brutal des damnés des banlieues parisiennes et des villes de Province, relève de la même analyse et conforte notre conviction qu’en France comme ailleurs ce sont des populations méprisées, humiliées, marginalisées et souvent soumises à de systèmes d’aoppressions (en l’occurrence chez nous, des réseaux mafieux françafricains) qui se révoltent. C’est méconnaître cette vérité que de soutenir la thèse d’une guerre ethnique en Eburnie où le mélange matrimonial a créé un « melting-pot » ethnique, comme en France. Sur deux générations les Ivoiriens ne se reconnaissent plus dans une ethnie. Sinon laquelle des deux ethnies au moins le métisse Adioukrou-Bété choisirait, lui qui a, par son grand-père Adioukrou, du sang Gouro. Puisque ce dernier est né d’un père Adioukrou et d’une mère Gouro. Que des intellectuels Ivoiriens donnent dans cette hypothèse ethniciste pour expliquer la crise, est signe de leur déchéance idéologique qui a engendré la division sur laquelle joue Chirac pour maintenir la partition du Pays.

En quittant le chemin de la surenchère et du chantage, l’élite intellectuelle en général et particulièrement celle qui s’est engagée en politique, devait véhiculer à raison cette vérité que cette guerre est une guerre coloniale ou néo-coloniale ourdie par la France de Chirac contre notre Pays pour défendre ses intérêts faramineux. Mais comme toute guerre coloniale elle est perdue d’avance.

Cela est une certitude.

Cela est une certitude qui prend racine dans l’histoire, il suffit de la connaître et de la comprendre pour l’apprendre et éviter les compromissions. Relisons le Général Vo N’guyen Giap, grand vainqueur de Dien Bien Phu, sous la plume de Alain Barluet dans le Figaro du vendredi 7 mai 2004, pour nous en convaincre : « Dien Bien Phu est le rendez-vous que l’histoire réserve à toutes les guerres injustes, non seulement française mais aussi celles livrées par d’autres puissances…Toute force qui souhaite imposer sa volonté à une autre nation connaîtra forcément l’échec, et tout pays qui lutte pour l’indépendance gagnera. Les hommes, les femmes et les peuples de cette planète, s’ils ont la volonté de lutter et de s’unir pour leur droit au bonheur et à la souveraineté, obtiendront la victoire, malgré les forces qui veulent les subjuguer. Je suis un homme qui voit les choses de façon objective et avec optimisme…Je crois pouvoir affirmer que ce millénaire sera celui de la Paix, de l’Amitié entre les Peuples et du droit de chaque homme à vivre sa vie et à faire son propre bonheur. Pour notre part, c’est ce que nous avons fait : lutter pour que chaque homme ait le droit de s’accomplir et que chaque Peuple jouisse de son indépendance et de sa souveraineté nationale ». Quand il engageait le combat pour la liberté à Dien Bien Phu, Giap avait 35 ans. Aujourd’hui à plus de 80 ans, Giap n’a pas bougé d’un iota dans ses convictions, et le Vietnam est libre et respecté par la Communauté internationale. Quel bel exemple de constance ! Comme quoi ceux qui ne changent pas ne sont pas tous des imbéciles !

Certains intellectuels, par paresse idéologique ou par mauvaise foi, rechignent à jouer aux éveilleurs de conscience, tant ils sont pris dans l’étau des réalités existentielles matérielles. Ils oublient que « L’homme ne vit pas seulement que de pain… » Ils ont peur des épreuves, au point de croire décourager, par leur interpellation infantisante et angoissante pour eux-mêmes, ceux et celles qui ont pris la décision salutaire de lutter à leur manière pour la libération de leur Pays. Nous, nous luttons avec la plume, pas avec la kalch ! Qu’y-a-t-il de plus inoffensif que la plume pour le soma ?

« Véhiculer la raison et la vérité pour éviter la régression de notre civilisation et de nos valeurs », voici ce que la Mère Patrie demande aux intellectuels de ce Pays. Ce rôle doit consister à amener notre peuple à avoir la capacité, par la formation et l’information saine, d’opérer des choix dont le moindre n’est certainement pas le choix manichéen originel entre le « bien » et le « mal ». Le choix du « bien » comme manifestation de notre humanité généreuse, parcelle de divinité, qui nous éloigne de l’animalité et de la barbarie, et nous permet de vivre en société avec tout ce que cela exige en contrainte et en respect des règles établies pour une coexistence porteuse d’espérance de bien-être et de paix. Le choix du « mal » comme l’expression de notre animalité instinctive, primitive et archi-corticale, soutenue par l’ignorance et l’orgueil, qui nous met en marge de l’évolution de la civilisation et de la société, et nous éloigne du contrat social qui fonde toute co-existence en société. Le choix du « mal » inscrit notre vie dans l’immédiateté, et nous fait perdre de vue le dessein noble que nous devons nourrir pour notre Pays et pour les générations à venir. Ce dessein-là c’est celui de jeter les fondations d’un monde de paix et de bonheur, pas forcément le bonheur immédiat de notre génération, mais plutôt pour les générations à venir qui auront à charge la pérennisation de notre Nation et de nos valeurs.

Au cours de cette crise, nous avons assisté à des débats radios-télévisés de pseudo-intellectuels autoproclamés, auto-éveilleurs de leurs propres consciences endormies par la corruption, la concupiscence et le clientélisme, qui se vautrent dans le mensonge et le reniement de leur propre être. Des intellectuels bouffons dont le comportement jure avec l’humilité légendaire des grands hommes. Ils aligneront à l’attention d’un auditoire, souvent acquis à leur fausse cause, des citations d’auteurs dont ils sont loin de connaître le contexte historique de leur production littéraire. Ceux-là n’impressionnent qu’eux-mêmes : ni Zola, ni Victor Hugo n’ont trahi la France au bénéfice de la Prusse. Il serait intéressant que ces pseudo-intellectuels répondent aux questions suivantes :

Ce pays est-il xénophobe ? Ce pays est-il indépendant ? Ce régime est-il un régime légitime et légal ? La constitution ivoirienne de 2000 est-elle notre Loi Fondamentale pour avoir été votée à plus de 86% du collège électoral ? Existe-t-il des accords de défense entre la France et notre Pays ? Les accords de défense liant notre Pays à la France sont-ils garants de nos intérêts ?

Si oui, à quoi obéit le drame des 6, 7, 8 et 9 novembre 2004 ? Si non pourquoi ne les dénoncions nous pas ? La guerre est-elle une solution idoine dans le règlement des contradictions socio-politiques dans un Pays civilisé ?

Voilà où se situe le débat. Et où nous attendons l’éclairage de nos « savants ».

Il y a cependant de l’espoir qu’un jour la concorde soit le salaire des souffrances des Ivoiriens. Ayons foi. Nous devons tous ensemble, comme Friedrich Schlegel : « Croire en l’Humanité Infinie qui était avant d’avoir fait le déguisement de masculinité ou féminité ». Nous devons comme lui « croire que nous ne vivons pas pour être et devenir ce que notre conscience réprouve ». nous devons, et pourtant, croire comme lui « au pouvoir de la volonté et de l’instruction pour s’approcher de l’infini, afin de se délivrer des chaînes de l’insuffisance et de se rendre indépendant des limites du genre ».

Et si par malheur, au-delà de notre propos, qui est le point de vue d’un homme libre, il s’en trouve, parmi ces intellectuels, certains qui sentiraient leur honneur et leur dignité contrariés, je leur saurais gré de bien vouloir lire et relire Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra : « Ton ami doit être ton meilleur ennemi ; c’est quand tu luttes contre lui que tu es plus près de son cœur ».

En effet, seule la vérité libère et permet à notre condition humaine d’emprunter le chemin de la perfection, ceci malgré les rancœurs que nous pouvons ressentir à son expression. Ainsi prouverions-nous à nos intellectuels « perdus » que nous sommes leurs vrais amis, leurs vrais frères, leurs vrais compatriotes. Ainsi apprendront-ils à ne jamais « indiquer la direction de leur village, de leur Pays par la main gauche », ce qui est en soi une source de malédiction.

 

 

 

 

 

 

 

Les intellectuels dans la crise ivoirienne 1

mai 18, 2006

LES INTELLECTUELS DANS LA CRISE IVOIRIENNE

Prof. GNAGNE YADOU Maurice
Agrege d’ANATOMIE, chirurgien urologue, maitre de conferences a l’UFR des sciences medicales, chef des urgences de chirurgie au chu de treichville

A cause de quelques uns de ces intellectuels la Côte d’Ivoire, notre pays, est humiliée. A cause d’eux ce Pays est traîné dans la boue, son Peuple est frappé d’ostracisme. Ses Institutions sont moquées de l’extérieur. Ecoutons les nègres de services sur la chaîne de télévision francophone TV 5, le vendredi 25 novembre 2005, pour comprendre l’étendue du mal que cette gent de rapaces a causé à son propre Pays, à notre Patrie. D’abord de Cheikh Yérim Seck (un Sénégalais) : « Il faut que la Communauté internationale impose un Premier ministre autonome à Gbagbo », ensuite de Francis Lapouyo (un Congolais) : « Nous ne sommes pas loin du chaos en Côte d’Ivoire, la rue gronde, le poisson pourrit par la queue », enfin de leur maître colon Vincent Hugueux (un Français) : « Il n’existe pas d’Ivoirien capable de diriger ce Pays ; il faut trouver un homme qui ait un génome particulier ». Tous les cerbères des écuries françafricaines. Comprenons par « génome particulier » cet Ivoirien qui sacrifierait les intérêts de la Côte d’Ivoire pour défendre, le sabre entre les dents, les intérêts de cette France des réseaux mafieux qui les emploie. A cause de ces gens le Président de tous les Ivoiriens, par la vertu des urnes, est couvert d’opprobre. A quoi obéit la déclaration de l’Ambassadeur de Belgique à sa sortie d’audience à la Présidence ? De la pure provocation, et une défiance outrageante vis-à-vis de nos Institutions. Quelle humiliation pour notre génération ! Que des Sénégalais, des Français, des Congolais, des Belges, etc., nous disent ce que devraient être nos Institutions ? Quel drame !

Ainsi donnent-ils (ces intellectuels) raison et argument au représentant des Nations unies pour les prochaines élections, et au Groupe International de Travail (GTI), dans leurs différentes approches anticonstitutionnelles, pseudo-consensuelles, pour le règlement de cette crise, en dépit de la clarté conceptuelle de la résolution 1633 des Nations unies qui confirme la prééminence de notre Loi Fondamentale dans la recherche de la solution idoine à cette crise. « Ecoutez, disent-ils, vous avez ici des éminents juristes qui militent pour une transition ne tenant pas compte de votre Constitution, un vide étant un vide. Vous voulez que nous soyons plus royalistes que vos rois, en la matière, pour trouver un contenu dans un contenant vide ! Allez-y sous l’arbres à palabres comme vos ancêtres ! Battez-vous comme des chiffonniers ! Etripez-vous ! Tuez-vous si vous le voulez ! D’ailleurs vous avez bien commencé, continuez donc ! Comme vous ne vous entendez pas autour d’une Loi Fondamentale que tous ont appelé à voter, alors votre Constitution c’est nous la Communauté Internationale ! C’est compris ? Nous ? Nous sommes fatigués ! Parce que vous êtes le seul Peuple au monde qui accepte qu’on lui fasse ce qu’aucun Peuple au monde n’aurait accepté qu’on lui fit ».

Voilà où nous en sommes arrivés par le comportement de certains de nos compatriotes pompeusement appelés intellectuels. Ces gens-là doivent subir un électrochoc salutaire pour eux-mêmes et pour la République. Cela contribuera à leur réveil et à leur éveil. Aux prochaines violences-licorne, il serait sage qu’ils aient une place d’honneur (ils aiment les places d’honneur) dans nos blocs opératoires, pour assister aux amputations de membres, à l’ablation du tiers de la longueur des intestins broyés par les balles licornes et autres interventions chirurgicales réalisées, à ces occasions, sur des jeunes gens qui ont commis le crime de se battre, sans concession et à main nue, pour la liberté de leur Patrie. Ainsi nos grands intellectuels loquaces des temps paisibles vivront-ils les temps de braises et de démangeaisons, comme il se dit chez nous, en temps réel, sur le théâtre des opérations. Eux qui habituellement sont prompts à se claquemurer dans les chancelleries. Ainsi apprendront-ils à respecter la vie des autres, eux qui aiment se cacher pour sauver la leur.

Des intellectuels qui ne doutent pas de leur science avions-nous dit Or qui ne doute pas manque d’humilité. L’humilité, c’est la vertu qui crée et fonde les grands hommes.

Le vrai intellectuel, c’est ce citoyen qui prend courageusement rendez-vous avec l’histoire en participant, par une production rationnelle et objective, à l’éveil des consciences nationales et patriotiques, quoique cela lui en coûte. Gloire soit rendu à Bernard Binlin Dadié, qui a repris le flambeau du combat patriotique pour donner l’exemple à ces pseudo-intellectuels englués dans leur manteau de suffisance. C’est assurément un vrai sujet de débat que l’attitude de cette race de serpents cachés dans les alcôves de la République, que le temps de la durée de cette crise a permis de découvrir. Tandis que la Jeunesse, par son sacrifice, nous indique la voie de notre Rédemption à travers la mise en place d’un Nouvel Esprit Ivoirien, pour l’émergence d’une Nation Puissante et Souveraine, libre dans ses choix de société. Certains intellectuels, par leur prise de position, montrent bien le décalage entre les objectifs qu’ils poursuivent et ceux de cette jeunesse qui a bien appris et intégré l’histoire des Peuples qui ont lutté pour leur émancipation et leur liberté.

L’histoire des Peuples qui ont lutté pour leur liberté nous enseigne que la naissance d’une Nation, d’une grande Nation comme la nôtre (voilà plus de trois années que nous luttons, et le Peuple et la Côte d’Ivoire restent debout), passe par « des phases d’initiation sacrificielle » comme celles que nous vivons depuis le 19 septembre 2002.

Dans cette histoire-là, aucune Nation, qui aspire à cette grandeur, n’a reculé devant l’ampleur du sacrifice exigé à cet effet.

En la matière, les exemples des Etats-Unis d’Amérique, lors de la Guerre d’Indépendance contre sa métropole l’Angleterre, est une référence historique que nous devons tous apprendre pour ne pas tomber dans un pessimisme et un défaitisme angoissant et émasculant pour les âmes fragiles. Il est aussi bon de savoir qu’au cours de cette guerre, le Général de La Fayette, de son vrai nom Marie Joseph Gilbert Motier, Marquis de La Fayette, joua un rôle important aux côtés des insurgés américains contre l’Angleterre. Ainsi donc un Français a combattu le bon combat aux côtés des « insurgent » américains qui luttaient pour leur liberté. Quel modèle pour une certaine France contemporaine dont l’attitude jure avec celle de Robespierre, de Danton et autres…Tous des combattants de la liberté et pour la liberté.

C’est pour cette même liberté que le Peuple d’Eburnie lutte depuis 3 années, même si certains intellectuels donnent l’impression de ne pas le comprendre, tant ils sont attachés « aux vertus » du « ventre ». beaucoup veulent en effet « vivre et manger ».

Sur notre continent, en Afrique, l’Algérie a subi sa phase d’initiation à la grandeur par son réveil nationaliste fulgurant qui jeta la France du Général Raoul Salan hors de ses frontières. L’Algérie consentit un lourd tribut à son émancipation. L’Algérie, Pays indépendant et souverain, a aujourd’hui son destin en main et peut commercer avec qui elle veut.

La République sud-Africaine connut sa phase d’initiation à la grandeur par un combat farouche que Noirs, Blancs, Métisses et Indiens livrèrent à l’Apartheid. La République sud-africaine est aujourd’hui une puissance montante, si elle ne l’est déjà.

De la motivation dans nos universités

mai 18, 2006
Rapportez vous au site

 PUBLICATION DU 15 AVRIL 2006

 

Programme pour une université citoyenne 2

mai 18, 2006

En philosophie, beaucoup d’enseignants se trouvent sans bureau et la photocopieuse doit être remise en état.

En conclusion, concernant ce point précis, tous les problèmes d’équipements seront soigneusement recensés dans les départements et instituts afin de faire l’objet d’une recherche de financement.

A-3 Créer de nouveaux espaces de convivialité

L’Université doit être un lieu de rencontre, non un endroit où l’on se bouscule comme dans une foule. Ainsi que le disait Platon, « par un examen parallèle, par un frottement analogue à celui de deux allume-feux, ensemble, nous pourrions faire jaillir la lumière ».

Pour les étudiants, il importe d’aménager de nouveaux espaces de convivialité sur le territoire de notre UFR, afin de désengorger les couloirs devant les salles de cours et leur permettre d’être à l’abri dans de vrais espaces de rencontre (paillotes, cafés), en attendant les cours. Nous devons encourager la création de structures favorisant la naissance chez eux d’un esprit universitaire. Les étudiants doivent devenir le sel de leur propre maison, apprendre dans la joie et vivre selon la culture de l’amitié. Une telle culture passe par les groupes d’insertion culturelle (G.I.C.). En philosophie, existe déjà l’Athena philosophique. Autrefois, il y avait des clubs photo et des clubs de voyage. L’UFR encouragera même la création de groupes d’insertion religieuse, en somme, de tout groupe d’intégration ayant pour seule visée qu’aucun étudiant ne demeure en marge des contacts fructueux avec les autres. Chaque année, les étudiants seraient ainsi invités à faire des propositions d’activités culturelles accompagnant leurs études et leur permettant de se rencontrer pour des motifs d’être ensemble autres que les cours et la politique devenue manifestement trop bruyante.

Pour les professeurs, il faut envisager de construire des salles polyvalentes avec des cafés, leur permettant d’échanger, de nouer des liens, et de faire ainsi de leur métier une manière élégante et noble de respirer, en s’ouvrant à ce qui ne rétrécit pas, mais élargit, qui n’obscurcit pas, mais éclaire, qui ne divise pas, mais unit en se tenant à la jointure des choses.

B) ADMINISTRER

B-1 Promouvoir

La promotion concerne d’abord la carrière des enseignants. Comme on le sait, celle-ci passe par les publications dans les Revues spécialisées. Une relation particulière est à établir avec les E.D.U.C.I. afin de revitaliser les choses, d’assurer la régularité des parutions et d’avoir des revues spécialisées pour chaque discipline. Des efforts particuliers seront soutenus afin de permettre aux jeunes collègues de publier leurs écrits dans les structures qu’offrent les Universités Africaines en général, et celles de la sous-région en particulier.

Beaucoup de collègues, maîtres-assistants depuis des années, n’ayant encore pu conduire à terme leurs thèses d’Etat ni préparer une thèse unique, se trouvent dans une situation incommode et inélégante. Notre UFR doit pouvoir les encourager et leur trouver des occasions permettant d’achever leurs travaux.

Le décanat travaillera à la redynamisation de la recherche, en encourageant l’esprit d’équipe, en créant un Bureau d’Etude des Projets (B.E.P.) qui grâce à des contacts extérieurs, financera les projets jugés dignes d’intérêt, sélectionnés par des concours. L’accent sera mis sur le mérite et l’excellence.

Pour encadrer un effectif de 6 500 étudiants du premier au troisième cycle, notre UFR n’a que 22 professeurs de rang A et 98 docteurs de rang B. Si de cet effectif, l’on retranche les 17 chercheurs sans charge d’enseignement de l’IHAAA, on a, approximativement, un Professeur de rang magistral pour 295 étudiants ou un Docteur de rang B pour 80 étudiants. Nous constatons que la ratio d’encadrement, qui est normalement d’un Professeur de rang A pour une cinquantaine d’étudiants et d’un Docteur de rang B pour une centaine d’étudiants, est fortement déséquilibrée. Comment  faire face à cette situation, sinon en distinguant, très tôt parmi les étudiants, les bonnes graines, en en les encourageant et les suivant en vue de renforcer la chaîne ?

Notre UFR organisera des concours pour récompenser les meilleures dissertations et thèses. Au sein des départements, doivent naître des écoles doctorales pour la préparation des thèses et l’encadrement des jeunes assistants.

B-2 Rassurer

Le personnel administratif rend au Décanat un service qui n’a pas de prix, en préparant tout à la base avant que les choses ne paraissent à la lumière du jour et en sauvegardant la mémoire de notre maison. Celle-ci devra initier des rencontres régulières avec ce personnel pour s’intéresser à sa vie.

C. NEGOCIER

Pour quelle destination s’ouvrent les portes et les fenêtres de l’Université ? La réponse est : pour la vie. Lieu où l’esprit fait provision du rien de cet acte simple de revenir à soi, l’Université permet à l’imagination de se déployer pour aller vers la société et les groupes humains, en proposant les perspectives d’une meilleure élévation de la conscience. Nous pourrions pour notre UFR, renforcer notre potentiel et préserver les qualités de nos infrastructures, en nous montrant inventifs, grâce à un engagement auprès des collectivités locales, dans un partenariat nous aidant à avoir des ressources.

Négocier renvoie à la conviction que la vérité n’est ni à nous, ni aux autres, mais qu’elle est entre nous, au milieu.

En nous enracinant en la force de l’esprit, en ayant pour souci l’horizon de la vérité qui libère, notre décanat s’ouvrira sur les syndicats d’enseignants et d’étudiants afin de négocier sur toutes les questions d’intérêt académique.

4. conclusion

Selon la formule de Gustave Thibon, « on ne conteste que les choses séparées de leur contexte ». Par là, il faut entendre : les choses unies, mais désormais disjointes par notre propre aveuglement et rendues méconnaissables.

L’esprit des Humanités et des Lettres n’est-il pas toujours présent pour nous rappeler la nécessité de la synthèse, de ce que Platon désignait du terme « synopsis » ? Synopsis est la vue d’ensemble, la vision unifiante et non divisante, celle qui dégage non pas des ressemblances, vue trop extérieure, mais ce que l’on nous permettra d’appeler la rassemblance, ce qui rassemble. Notre Décanat tentera de ramasser ce qui est épars pour honorer l’esprit, sa racine affirmative.

 

 

 

Programma pour une université citoyenne1

mai 18, 2006
Prof. Augustin DIBI KOUADIO
Professeur Titulaire de philosophie A L’UNIVERSITE DE COCODY ET A L’UCAO-uua
1. introduction

L’homme est, pour ainsi dire, un animal qui, étonné, regarde autour de lui pour découvrir un monde qu’il doit transformer par son agir, afin que demain soit meilleur et plus beau qu’aujourd’hui ; mais l’action ne va pas sans la pensée.

« Toute la dignité de l’homme est dans la pensée ». Ce mot de Pascal ne vient-il pas signifier que rien ne vaut la possibilité que l’homme a de renouer avec la fine pointe de son esprit comme avec son plus sûr logis, afin de voir clair en soi et en les choses ? Dans un monde où tout va vite et où l’essentiel consiste à sans cesse produire, la question fondamentale de la finalité semble être tombée dans l’oubli. Qui ne voit alors toute l’importance des sciences humaines ? Par l’examen, l’analyse, la critique et l’interrogation, elles maintiennent l’esprit en éveil pour le mettre en mémoire de ce qui n’a aucun prix : l’homme lui-même comme infinie liberté.

Dans un pays comme le nôtre devant rassembler des pierres pour se bâtir patiemment, on s’aperçoit de jour en jour que le développement ne saurait unilatéralement s’envisager avec la science économique, ni celle de la nature. Sans une idée de l’homme qui le sous-tende, que peut être le développement sinon piétinement, enlisement dans la morne répétition de l’identique d’une culture quantifiante ne proposant à l’homme que la consommation ? Ce point explique l’inflexion fondamentalement anthropologique constatée dans les autres disciplines universitaires.

Que peut être en effet un avocat sans aucune notion psychologique, un médecin allant vers l’homme sans une intuition seconde et un architecte ou un urbaniste oubliant que l’homme habite l’espace à partir de requêtes irréductibles à la vie naturelle ? Comment parler de la démocratie, de bonne ou mauvaise gouvernance sans avoir le regard tourné vers l’éthique dont Heidegger nous invite à entendre le sens d’une oreille originelle comme une pensée du séjour de l’homme ?

Renouer avec ces vérités élémentaires, toujours éternellement jeunes, comme au premier matin du monde, les rappeler en les affirmant en tant que l’assise fondamentale de notre UFR et les répandre, afin que l’acte de professer soit effectivement une manière de lancer la parole en avant comme une semence qui, un jour, à sa façon, pourra s’ouvrir et porter des fruits : tel est le lieu où s’enracinera l’action de l’équipe de l’Université Citoyenne.

Comment saurions-nous agir sans, au préalable, nous enquérir de l’état actuel des choses ?

2. etats des lieux

Une première chose, de toute évidence, frappe le regard : les bâtiments de notre UFR sont de plus en plus dégradés. Sans aucune parole, par le langage subtil des regards, professeurs et étudiants s’accordent pour réaliser que les salles de cours n’offrent plus, d’elles-mêmes, le cadre convenable pour dire, entendre et recevoir des enseignements. Notre UFR n’a pas pu bénéficier de récentes constructions de salles de cours. Nous continuons de partager les anciens amphithéâtres avec les autres départements.

A l’intérieur des départements eux-mêmes, les bureaux sont restés en l’état, alors qu’a sensiblement augmenté le nombre du personnel enseignant.

Les couloirs devant les salles de cours sont le plus souvent occupés par les étudiants, discutant et bavardant en attendant la prochaine leçon. Les professeurs eux-mêmes ne se rencontrent que dans ces mêmes couloirs et allées, se saluant et échangeant quelques bribes de paroles.

Les Revues permettant aux professeurs de publier des articles et d’offrir en partage leurs problématiques théoriques, ne paraissent pratiquement plus, comme si elles étaient frappées d’une extinction soudaine ! Sans nier la réalité de la crise, celle-ci ne saurait expliquer pareille situation, car n’est-ce pas précisément, en temps de crise, que l’esprit doit renouer avec son lien le plus propre, en se hâtant de réveiller la lumière ?

La division subtilement gagne notre Université qui se laisse envahir par les courbures et les aspérités de la société, alors que c’est vers elle, en bonne logique, que les regards devraient s’orienter lorsque tout semble obscur et que l’on cherche une étincelle de lumière !

Les voyages d’études permettant aux enseignants, pendant les grandes vacances, de s’informer, de faire le point de leurs recherches et de nouer des contacts, à l’étranger, avec leurs collègues et des structures, se font de plus en plus rares.

Que pouvons-nous et devons-nous faire, afin de ne pas être comme le voyageur qui prend le train et s’endort pour ne se réveiller qu’au moment de la collision ?

3. ACTION CITOYENNE A LA TETE DE L’UFR : GERER, ADMINISTRER ET NEGOCIER

Le sage nous apprend que chaque travail effectué n’est qu’un coup de marteau de plus que nous portons dur du fer qu’un autre a forgé avant nous et avec lequel un autre encore, après nous, labourera la glèbe.

A) GERER

Gérer consistera à entretenir le patrimoine, à acquérir de nouveaux équipements et à créer de nouveaux espaces de convivialité.

A-1 Entretenir le patrimoine

Pour respirer largement et nous sentir chez nous, dans notre propre maison, ne convient-il pas de refaire la peinture (murs et boiseries), de remettre en état les sanitaires, les climatiseurs et de réaménager, si possible, les salles de cours avec une attention particulière aux portes, fenêtres et plafonds ? Comme pour certains amphithéâtres, des noms pourraient être affectés aux salles de cours. Le téléphone, après une étude de faisabilité, pourrait être rétabli.

A-2 Acquérir de nouveaux équipements

Tous les départements de notre UFR connaissent des problèmes d’équipement.

En histoire, il va falloir prévoir quelques bureaux supplémentaires, acquérir du matériel informatique aussi bien pour l’administration que pour la formation des étudiants, des climatiseurs, une photocopieuse, un lecteur de microfilms, etc.

En géographie, s’impose le besoin d’un équipement pour l’interprétation des photographies aériennes, l’élaboration des cartes topographiques, la qualité de finesse et de beauté des images photographiques.

En psychologie, les mêmes préoccupations concernant les bureaux et les climatiseurs se retrouvent

L’exigence de qualité à l’université 6

mai 18, 2006

technologies, les Africains pourront améliorer la qualité de l’enseignement supérieur.

5. Les résultats

Concernant les résultats, l’opportunité que peut offrir la mondialisation, c’est de permettre aux produits des différents systèmes universitaires d’être traités sur le même pied d’égalité. Des diplômes obtenus dans une université d’Afrique doivent être reconnus au même titre que ceux délivrés dans n’importe quelle université d’Europe. De la sorte, les étudiants formés dans un système d’enseignement supérieur du Sud devraient pouvoir intégrer sans trop de difficulté celui du Nord et vice-versa. C’est pourquoi, la mondialisation et les réformes qu’elle entraîne s’accompagnent ou devraient s’accompagner d’un certain nombre de conventions sur la reconnaissance des diplômes. Ainsi, au niveau de l’UNESCO, des conventions ont été élaborées par région à travers le monde : pour l’Amérique latine et les Caraïbes en juin 1975, les Etats arabes en 1978, l’Europe en 1979, l’Afrique en 1981 (Arusha), l’Asie et le Pacifique en 1983. En 1992, une réunion conjointe des cinq comités régionaux et d’un comité intergouvernemental a été organisé pour étudier la possibilité d’adopter une convention universelle sur la reconnaissance des études et des diplômes de l’enseignement supérieur. Mais il n’a pas été possible de trouver un consensus. Toutefois la volonté de trouver un instrument de portée internationale a abouti à l’adoption d’un instrument normatif, moins contraignant : la Recommandation internationale sur la reconnaissance des études et des titres de l’enseignement supérieur adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO à sa 27è session de novembre 1993.

conclusion

Comme processus global et multidimensionnel, la mondialisation a des répercussions plus ou moins profondes sur tous les domaines. Cet impact dans l’enseignement supérieur, donne lieu pour la qualité, à la fois à des défis et à des opportunités. La bonne qualité de l’éducation est celle qui permet à l’homme de satisfaire ses besoins matériels, moraux, spirituels, culturels, économiques, etc. C’est pourquoi, la question de l’exigence de qualité se pose en terme holistique et non parcellaire. L’éducation de qualité est donc celle qui repose sur les quatre piliers proposés par le rapport Delors, à savoir : apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à vivre ensemble, apprendre à être[1]. L’éducation vise d’abord à apprendre à comprendre le monde qui nous entoure en élargissant nos connaissances. Elle permet aussi de se doter de compétences nécessaires pour transformer et adapter notre environnement à nos besoins. Elle nous dispose à vivre ensemble avec les autres par la non violence et la coopération mutuelle. Enfin elle doit permettre l’épanouissement complet de l’homme, dans toute sa richesse et la complexité de ses engagements. Voyage intérieur qui ouvre l’individu au rapport à autrui en un mouvement dialectique de maturation, allant de la naissance à la fin de la vie, l’éducation de qualité est l’éducation pour tous tout au long de la vie.

 

 

 

 

 

 


[1] DELORS(Jacques) (présidé par.).- Rapport à l’UNESCO de la Commission internationale sur l’éducation pour le XXIè siècle, (Paris, éditions Unesco et éditions Odile Jacob, 1996).

L’exigence de qualité dans l’enseignement supérieur5

mai 18, 2006

§        une gestion plus efficiente des ressources humaines, des infrastructures, ainsi que de la population estudiantine et du corps enseignant.

Selon ses concepteurs cette réforme est une appropriation de la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat) en vigueur dans le système Nord-Américain et dans quelques pays d’Europe. Ce système propose à l’étudiant de se former progressivement en enquérant un ensemble de compétences adaptées à ses préférences disciplinaires et son projet professionnel. Il présente un cursus à trois diplômes (Licence, Master, et Doctorat) en tout au lieu d’une pléthore auparavant. Cependant, les avantages liés aux réformes doivent être suffisamment mesurés, des garanties bien prises afin d’éviter des désillusions. Il faut éviter que ce soit une simple transposition d’un phénomène importé. On n’aura rien résolu si les questions pédagogiques, d’insuffisance d’infrastructures, de planification et de climat social n’ont pas de réponses sérieuses.

2. Les apprenants

Comment assurer la qualité dans un système d’enseignement supérieur de masse, la plupart des universités ayant leur capacité d’accueil dépassée ? Face à la multiplication des effectifs, la recherche de la qualité peut passer par la diversification des programmes et des qualifications;  mais surtout par l’amélioration des conditions d’études, de recherche et de vie des étudiants qui constituent une partie essentielle des acteurs de l’enseignement supérieur. Des logements décents, un environnement assaini et propice aux études, des bibliothèques suffisamment fournies en ouvrages aux programmes, des moyens de subsistances correctes, des salles de classes et des amphithéâtres en nombre suffisant, un ratio d’encadrement raisonnable et efficient concourent à la qualité. Par ailleurs, en permettant la mobilité des étudiants, la mondialisation par la mise à leur disposition des techniques d’information et de communication permet un accès facile à de nombreuses sources de connaissances.

3. Les enseignants et les gestionnaires

De nombreux établissements d’enseignement supérieur, universités ou grandes écoles, jouissent de prestiges qu’ils doivent principalement à l’éminence professionnelle de leurs enseignants et chercheurs passés ou présents. C’est là un facteur important de l’autorité intellectuelle et morale du monde universitaire que la société doit reconnaître non seulement de façon symbolique et abstraite. Cela veut dire que l’exigence de qualité impose que soient bien traitées les conditions de vie et de travail des producteurs de connaissances que sont les enseignants. Toutes les innovations en faveur de la qualité nécessitent une approche nouvelle et motivante de la formation des enseignants pour les rendre aptes à les réaliser. Des stages de perfectionnement, des voyages d’études réguliers et la mise à disposition des conditions idoines de travail, notamment des bureaux équipés d’ordinateurs et d’Internet, le respect et la considération pour la fonction enseignante disposent les dispensateurs du savoir à donner le meilleur d’eux-mêmes. Plus fondamental, il est temps d’opérer une rupture radicale avec les politiques de rémunération au rabais du personnel enseignant, rémunération de misère qui les maintient dans un état d’indigence chronique. La qualité dans l’enseignement supérieur passe par la valorisation des revenus de ce corps d’élite de la société. Cette motivation doit s’étendre à tout l’ensemble de la communauté universitaire, y compris le personnel administratif et technique.

4. L’enseignement et la recherche

La qualité au niveau de l’enseignement et de la recherche nécessite, entre autres, la maîtrise des nouvelles technologies de l’information et de la communication. A travers elles, l’exigence de qualité se voit offrir une autre opportunité de s’établir dans l’enseignement supérieur. En effet, ces nouvelles techniques permettent de réaliser un véritable raccourci en matière de développement scientifique et technologique pour les Africains, encore en retard dans ce domaine. L’enseignement supérieur et la recherche peuvent tirer d’énormes profits de ces nouveaux supports pour l’accès aux savoir et savoir-faire. Il faut reconnaître que la maîtrise et l’exploitation de l’outil informatique permettent une amélioration qualitative des enseignements au moyen d’une pédagogie active.

Une formation de qualité est non seulement celle qui permet d’accumuler le plus grand nombre de connaissances, mais surtout celle qui conduit à l’acquisition des attitudes et comportements de nature à rendre possible chez l’apprenant une véritable intégration sociale. C’est pourquoi, l’éducation aux valeurs de démocratie, de paix, de respect des droits de l’homme, de la dignité de la personne humaine, de la cohésion et de la citoyenneté est aujourd’hui un facteur essentiel de la qualité. Les programmes d’enseignement et de recherche, en prenant en compte ces éléments, tant au plan théorique qu’au plan pratique amèneront progressivement à l’abandon des machettes et des kalachnikovs pour la voie du règlement pacifique des conflits. L’acceptation des différences comme pratique de la tolérance constitue également un facteur de la qualité.

Par ailleurs, même si la mondialisation tend à imposer des normes dites universelles, les systèmes d’enseignement supérieur, en tant que nationaux, appartiennent à des cultures différentes. L’éducation de l’homme s’enracine dans les traditions culturelles des communautés et des sociétés. Au lieu d’être une mise en uniforme, la mondialisation peut conduire à faire de la diversité culturelle une source d’enrichissement, à travers un véritable dialogue des cultures. En développant les recherches sur nos traditions, sur l’utilisation de nos langues dans l’acquisition des connaissances et des aptitudes, grâce aux nombreux moyens modernes qu’offrent les nouvelles

L’exigence de qualité dans l’enseignement supérieur4

mai 18, 2006

Un autre défi se trouve au niveau du mode de régulation de l’espace global de l’enseignement supérieur à mettre en place et à promouvoir. En effet, le savoir et la science sont dits universels. Mais les systèmes de transmission du savoir et de la science sont particuliers. Les systèmes universitaires, les modes d’organisation de vie universitaire sont régulés par des politiques et normes nationales : notamment pour le financement, l’accréditation des programmes, la prise en charge des enseignants et des étudiants. Les besoins pour nous sont immenses, mais les moyens très faibles. Quelle qualité attendre des acteurs dont les conditions de vie sont précarisées ?

La qualité portant sur le contenu des enseignements constitue un autre défi. L’universalité du savoir et de la science ne se comprend que lorsqu’ils s’inscrivent dans des systèmes culturels. Or les cultures sont diverses. Comment articuler les diverses cultures afin que chacune tout en allant à la rencontre de l’universel ne s’aliène pas, ne se perde pas. Or l’une des caractéristiques de la mondialisation est justement de transcender les souverainetés nationales, les cultures nationales. Le vieux Kant nous apprend que l’on ne peut atteindre l’universel que parce que l’on porte en soi l’universel. Quel universel de qualité pouvons-nous apporter au rendez-vous mondial ? Nous devons décider.

Un autre défi se présente à l’enseignement supérieur sous la forme de la commercialisation et de la forte privatisation dans le secteur de l’éducation. La faiblesse du pouvoir financier de l’Etat, le nombre croissant des bacheliers conduit à la prolifération des centres ou autres établissements d’enseignement supérieur, comme c’est le cas ici en Côte d’Ivoire où l’on compte pour l’année 2004-2005 : 6 universités privées contre 3 pour le public, 108 grandes écoles privées pour seulement 4 du public[1]. Comment et à qui sont accordées les autorisations d’ouverture des centres ? La recherche du profit l’emporte souvent sur l’exigence de qualité.

Dans le même contexte, on assiste à une délocalisation des universités du Nord vers le Sud. Des universités américaines, canadiennes, etc. installent des facultés chez nous. Quel contrôle de contenu et de pédagogie ? Si beaucoup d’établissements du secteur privé font preuve de sérieux et d’efficacité, certains ont encore du chemin à faire.

Comme, on peut le constater, en matière de qualité de l’éducation, nos universités et autres centres d’enseignement supérieur et de recherche sont confrontés à des contraintes qui, en ce temps de mondialisation, les rendent encore plus inefficaces. Réunis à Johannesburg, en Afrique du Sud, en Décembre 1999 pour préparer le Forum Mondial de Dakar sur l’EPT en Avril 2000, les ministres de l’éducation dans le rapport final ont été obligés de reconnaître cette réalité, à savoir qu’en Afrique « l’accès à l’éducation est limité, la qualité de l’enseignement reste médiocre et les programmes scolaires sont souvent éloignés des besoins des apprenants et impropres à contribuer au développement social, culturel et économique ». Comment dans ce contexte promouvoir la qualité ?

III. les opportunites

Les opportunités potentielles engendrées par la mondialisation en faveur de la qualité dans l’enseignement supérieur sont nombreuses et variées pour autant que celui-ci sache faire preuve d’esprit d’adaptation, d’inventivité et d’innovation. L’enseignement supérieur comprend l’université, la recherche et les services, et s’inscrit dans la société qui elle-même se soumet à un réseau de contraintes. Afin de relever les nombreux défis ou de les transformer en opportunités, l’exigence de qualité nécessite que soient considérés et améliorés les facteurs concernant le contexte, les apprenants, les enseignants et les gestionnaires, l’enseignement et la recherche, et enfin les résultats.

1. Le contexte

L’enseignement supérieur, notamment son noyau fondamental qu’est l’université est une totalité fonctionnelle. Elle regroupe une communauté d’enseignants, de gestionnaires et d’étudiants occupant un espace structuré. Elle a ses règles de fonctionnement et de régulation. Mais en même temps ce tout fonctionnel s’insère dans le tout de la société qui lui confie la charge à la fois pédagogique et éthique d’une intégration sociale. L’enseignement supérieur dans son aspect national représente des valeurs intellectuelles, scientifiques et morales, expressions d’un projet de société. En supprimant les frontières, la mondialisation bouleverse tout cet ensemble et exige une adaptation nécessaire. La qualité de l’enseignement supérieur dans un pays, ainsi que son évaluation et son suivi sont essentiels pour le progrès social et économique national. Ils sont également des facteurs déterminants pour la réputation de ce système d’enseignement supérieur au plan international.

C’est pourquoi, face à la concurrence engendrée par l’ouverture de plus en plus grande, les systèmes d’enseignement nationaux sont obligés d’imaginer de nouveaux types de coopération. Par exemple, la mise en réseaux des compétences leur permet de s’adapter aux nouvelles exigences du marché. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la création du Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO), regroupant environ 200 000 étudiants et 4 000 enseignants. Les avantages espérés sont :

§         de meilleurs performances des universités par une organisation plus rationnelle de l’activité pédagogique et de recherche,


[1] République de Côte d’Ivoire.- Annuaire Statistique de l’Enseignement Supérieur, Année 2004-2005, p. 11-33.

L’exigence de qualité dans l’enseignement supérieur3

mai 18, 2006

3. Conceptions critiques

Cette catégorie renferme des positions diversifiées mais qui ont pour point commun de mettre en crise les deux traditions précédentes. Des sociologues (Parsons, Durkheim) ayant perçu que la société est un système d’éléments interdépendants, en concluent que l’ordre et la stabilité sont maintenus par des valeurs partagées. Le rôle de l’éducation est de transmettre ces valeurs. S’inscrivant dans cette approche, les néo-marxistes (Bourdieu, Passeron) considèrent que l’éducation dans les sociétés capitalistes est le principal mécanisme de légitimation et de reproduction des structures et des inégalités sociales. Pour cette tendance, l’éducation de qualité est celle qui suscite le changement social, qui propose un programme d’enseignement et de méthodes pédagogiques encourageant l’analyse critique des relations sociales de pouvoir et des modes de production et de transmission des connaissances formelles, qui suscite une participation active des apprenants à la conception de leur propre expérience d’apprentissage.

4. Conceptions autochtones

Ces approches sont attribuées surtout aux ressortissants des pays anciennement colonisés d’Afrique ou d’Asie (J. Nyerere, M. Gandhi). Elles contestent les idées dominantes des pays du Nord concernant la qualité de l’éducation et réaffirment l’importance de la pertinence de l’éducation par rapport aux caractéristiques socioculturelles du pays et de l’apprenant. Elles se fondent sur les principes suivants :

§         les approches de qualité importées d’Europe et d’Amérique ne sont pas forcément pertinentes dans les situations sociales et économiques très différentes ;

§         assurer la pertinence implique que l’on conçoive localement le contenu des programmes d’enseignement, les pédagogies et l’évaluation ;

§         tous les apprenants ont accès à d’abondantes sources de savoirs antérieurs, accumulés à travers diverses expériences, dans lesquelles les éducateurs devraient puiser et qu’ils devraient enrichir ;

§         les apprenants doivent jouer un rôle dans la définition de leur propre programme d’enseignement ;

§         l’apprentissage doit s’étendre au-delà des limites de l’école au moyen d’apprentissage tout au long de la vie.

Il ressort de ces différentes approches que l’exigence de qualité dépend de tout un faisceau de facteurs dont l’amélioration constitue pour l’enseignement supérieur autant de défis que d’opportunités. Ce sont, entre autres, le contexte, les apprenants, les enseignants et les gestionnaires, l’enseignement et la recherche, et enfin les résultats.

II. LES DEFIS DE LA MONDIALISATION

En abolissant les frontières, en rendant possible et plus rapide le rapprochement des peuples de toutes les contrées, en contraignant pour ainsi dire notamment les pays d’Afrique à s’inscrire dans la dynamique globale de la planétarisation, non seulement des systèmes économiques, mais également ceux concernant l’enseignement supérieur de nos pays, la mondialisation renouvelle la vieille problématique du rapport dialectique entre la permanence et le changement, l’unité et la diversité, l’ouverture et le repli sur soi, le global et le local, le public et le privé, le rôle de l’Etat et celui du marché, l’universel et le particulier, etc… Les contraintes influençant négativement la qualité dans l’enseignement supérieur avec quelques spécificités selon les pays sont globalement connues : accroissement rapide de la population estudiantine, insuffisance et vétusté des infrastructures d’accueil, mauvaises conditions de vie et de travail du personnel, insuffisance des moyens consacrés à la recherche, conditions difficiles de travail des apprenants, environnement malsain, climat politique et économique délabré par des crises sociales répétées, voire par des guerres inciviles dans certains cas.

Parmi ces nombreux défis, on peut souligner l’écart entre la population estudiantine du Nord et celle du Sud : Même si au niveau de chaque pays du Sud, il se constate un accroissement rapide de la population estudiantine, l’écart entre celle-ci et celle du Nord reste très grand, en proportion. Gilles Breton, dans une analyse publiée dans Globalisation et Universités, Nouvel Espace, Nouveaux Acteurs, révèle « si l’on compte 1 diplomé au doctorat pour 5 000 habitants dans les pays de l’OCDE en 1997, on en retrouve 1 pour 70 000 au Brésil, 1 pour 140 000 au Chili et 1 pour 700 000 en Colombie.[1] » Nous n’avons pas pu avoir les chiffres plus récents des pays africains, mais on peut imaginer aisément le chemin qu’il nous faut encore parcourir.

La fuite des cerveaux des pays du Sud est souvent soulignée comme une contrainte ou un défi des temps nouveaux pour l’enseignement supérieur. Au regard des traitements de misère dans les pays comme les nôtres, les enseignants, les chercheurs de haut niveau s’expatrient. La plupart du temps ce sont les universités et autres centres de recherche des pays développés qui les accueillent, leur offrant toutes les commodités pour leurs conditions de vie et de travail. Ainsi, après le pillage des ressources naturelles des pays du Sud, en ce début du XXIè siècle, c’est le pillage de la matière grise et de l’expertise. Cela contribue aussi à la faiblesse de niveau et la dégradation de la qualité.


[1] BRETON(Gilles) et LAMBERT(Michel) (Sous la direction de).- Globalisation et Universités, Nouvel Espace, Nouveaux Acteurs, (Editions Unesco, 2003), p. 29.

L’exigence de qualité dans l’enseignement 2

mai 18, 2006
1.     LES FONDEMENTS DE L’exigence de qualite

L’amélioration du système éducatif et son adaptation à l’évolution du temps est un devoir fondamental que tous les planificateurs de la politique éducative ont en conscience. Dans nos pays, il n’est que de constater l’évolution progressive et diverse des méthodes mises en œuvre dans les systèmes éducatifs. Ce qui est constant, c’est la revendication par chacun à vouloir réaliser pour les enfants de son pays une éducation de qualité. De façon explicite la déclaration mondiale sur l’éducation pour tous (1990) et le Cadre d’action de Dakar (2000) considèrent la qualité comme la condition première de la réalisation de l’éducation pour tous. L’objectif 6 engage les Etats à « améliorer sous tous les aspects la qualité de l’éducation dans un souci d’excellence[1]… »

La recherche de la qualité est donc la chose la mieux partagée. Chaque système éducatif la revendique pour son propre compte. Mais qu’est-ce qui définit la qualité dans l’éducation ? Et comment la réaliser ? Il n’y a pas d’unanimité au niveau des réponses. Le débat à ce niveau reste largement ouvert et invite les uns et les autres à intervenir et à proposer.

Emmanuel Kant reconnaissait dans ses Réflexions sur l’Education ceci : « L’homme est la seule créature qui doive être éduquée. Par éducation on entend, en effet, les soins (l’alimentation, l’entretien), la discipline, et l’instruction avec la formation[2]. » Si l’objet principal de l’éducation est l’homme, de la conception que l’on peut en avoir dépendra la manière dont on voudra le modeler et lui donner forme. L’anthropologie détermine la politique éducative et partant la qualité de l’éducation. La qualité pour qui ? Pour quoi ?

Le Rapport mondial de suivi sur l’Education pour Tous 2005 accorde à cette question une place importante. Il donne des repères philosophiques, anthropologiques, sociologiques et historiques qui fondent les différentes approches de la qualité dans l’éducation. Afin que chacun puisse chercher lucidement la qualité qu’il veut donner à l’éducation, il convient de s’appuyer, selon ce rapport sur les traditions en matière d’éducation et les notions de qualité qui leur sont associées. Pour déterminer si une éducation est de qualité, faut-il mettre l’accent sur les résultats obtenus ? Ou sur le contenu de ce que l’on enseigne ? Ou sur quoi d’autre ? Les approches sont dites, humanistes, béhavioristes, critiques et autochtones.

1. Conception humaniste de la qualité de l’éducation

Cette conception est celle émanant des philosophes contractualistes de façon générale, et particulièrement de John Locke et de Jean-Jacques Rousseau qui ont une vision positive de la nature humaine comme essentiellement bonne. La liberté et l’égalité caractérisent chaque être humain et son comportement peut être autonome malgré les contraintes de l’hérédité et de l’environnement. la réalité de chaque personne est définie par elle-même. Les inégalités qui surviennent sont le produit des circonstances. Cela signifie que l’apprenant est au centre de la fabrication du sens. La qualité est par conséquent relative à sa personne. Dans une telle vision, la recherche de la qualité exclut le recours aux programmes standardisés, prescrits ou contrôlés de l’extérieur. L’apprenant doit pouvoir construire sa propre interprétation. Les programmes d’éducation doivent rester à l’écoute des situations et des besoins individuels des apprenants. Par ailleurs, le rôle de l’évaluation qui fait partie intégrante de l’apprentissage, est de donner aux apprenants des informations et des avis sur la qualité de leur apprentissage individuel. L’enseignant a pour rôle de faciliter l’apprentissage et non pas d’imposer des connaissances toutes faites.

2. Conception béhavioriste de la qualité (J.B. Watson)

Cette vision met l’accent sur le comportement de l’être humain tout au long de son évolution. A l’opposé de la tradition humaniste, elle est fondée sur la manipulation du comportement de l’apprenant par des stimuli spécifiques. Par cette tendance, l’apprenant n’est pas intrinsèquement motivé ou capable de construire au moyen des récompenses et de punitions. Evidemment, ici, la qualité dépend des programmes standardisés, définis et contrôlés de l’extérieur indépendamment de l’apprenant. L’évaluation est la mesure objective des comportements appris par rapport à des critères prédéfinis. L’enseignant dirige l’apprentissage en sa qualité d’expert qui contrôle les stimuli et les réponses.


[1] Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2005, p. 30.

[2] KANT (Emmanuel).- Réflexions sur l’éducation (Paris, Vrin 1993), p. 69.